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Critique du film d'animation : Voyage vers la Lune [2020], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le mercredi 11 novembre 2020 à 09h00

De la Chine à la Lune

Critique de la version française

Après son entrée réussie dans le monde de l'animation via Klaus fin 2019, Netflix poursuit sa production de films ambitieux avec l'arrivée de Voyage vers la Lune à l'automne 2020.

Voyage vers la Lune est un projet produit par Netflix (via sa branche animation) qui souhaite enrichir son catalogue dans le domaine des films d'animation. Le géant du streaming collabore ici avec Pearl Studio (anciennement Oriental DreamWorks) basé en Chine qui souhaite créer des films mettant fortement en avant la culture chinoise. Une ambition que l'on a découvert grâce au sympathique Abominable sorti en 2019. La firme chinoise avant engagé en 2017 la regrettée Aubrey Wells (George de la Jungle, Sale Môme...) afin de développer une idée créée en interne brodant autour d'un mythe chinois. Après un an de développement, Netflix en acheta les droits et la réalisation fut confiée en 2018 au très expérimenté américain Glen Keane qui a travaillé sur un grand nombre des classiques Disney des années 1990 tout en ayant gagné l'oscar du meilleur court-métrage d'animation en 2017. L'homme est accompagné de John Kahrs (crédité en tant que co-réalisateur) ayant lui aussi gagné le même oscar en 2012 tout en ayant fait ses armes au sein des studios Pixar et Disney dans les années 2000-2010. L'association des deux hommes est logique puisqu'ils furent responsables de l'animation du très réussi Raiponce en 2010. Le gros de l'animation du Voyage vers la Lune est effectué par le studio canadien Sony Pictures Imageworks (Hôtel Transylvanie, Angry Birds...). Bref, deux réalisateurs américains en charge d'une coproduction internationale devant mettre en scène un drame familial fantastique imprégné de culture et mythologie chinoises qui vit finalement le jour en 2020.

Le film met en scène Fei Fei, jeune fille chinoise alors heureuse auprès de ses parents restaurateurs à emporter qui la comblent d'amour comme d'histoires issues de la mythologie locale. Malheureusement pour notre jeune héroïne, sa mère décède des suites d'une maladie incurable la laissant seule avec son père. Quatre ans après le drame, Fei Fei apprend que son père souhaite se remarier lui imposant ainsi une belle-mère dont elle ne veut pas comme un petit frère par alliance qu'elle trouve des plus agaçants... Le pire étant que le soir où elle apprend la nouvelle, sa famille tourne en ridicule la légende de l'immortelle Chang'e attendant le retour de son amour sur la Lune. Une légende que sa mère lui avait transmis avec conviction alors que son père ne semble plus y croire. Fei Fei se fait alors la promesse d'aller sur la Lune afin de prouver l'existence de Chang'e et faire comprendre à son père qu'il doit rester fidèle à la mémoire de sa mère. Quant bien même, l'héroïne est la meilleure élève de sa classe, construire une fusée va s'avérer compliqué afin de réaliser un voyage qui changera sa vie...

Malgré l'apport de la mythologie chinoise, comme de sa culture, l'intrigue du film reste finalement très classique. Seule l'histoire de Chang'e donne un peu de saveur à un scénario plutôt convenu qui s'étale efficacement sur notre écran histoire d'offrir un divertissement familial, souvent émouvant, qui fonctionne relativement bien. Le mythe de Chang'e et l'histoire de Fei Fei permettent d'aborder le thème du deuil par petites touches comme de l'adolescence puisque l'héroïne doit accepter d'aller de l'avant et de rentrer dans le monde tel qu'il est. Cela passera évidemment par son ressentiment face à la relation de son père, le fait de devoir gérer son frère mais aussi de mieux comprendre l'héritage de sa mère. Le voyage sur la Lune est évidemment une sorte de voyage intérieur et le personnage de Chang'e agit comme un miroir tant la belle déesse souffre de son deuil immortel. Ces thèmes sont plutôt bien présentés pour un jeune public qui pourra grandement apprécier un film bien rythmé et qui leur accroche la rétine. Pour les plus âgés, l'histoire paraît plus balisée avec des péripéties convenues, parfois forcées, comme un dénouement sans surprise.

Pour ce qui est de l'aspect fantastique du film, il faut quand même attendre le tiers du métrage pour y rentrer de plein pied. Et quand cela se produit, il le fait généreusement car il va falloir suspendre volontairement son incrédulité tant la logique reste à la porte. Cela n'est pas gênant tant ce voyage sur une cité lunaire au mille couleurs doit se comprendre comme le cheminement d'une adolescente coincée dans ses contes d'enfant. Cela ne veut néanmoins pas dire que tout est parfait, loin de là. Cette arrivée sur la Lune est déroutante à plus d'un titre notamment quand on rencontre l'immortelle Chang'e au comportement de diva trop actuel où que les péripéties se multiplient de manière artificielle afin que le film atteigne bien les 1h30. Quant au travail sur les personnages, il est plutôt correct en ce qui concerne Fei Fei et les autres êtres humains tout en étant inégal pour les animaux et autres créatures que l'on rencontre. Certains font un peu double-emplois tandis que d'autres sont plutôt attachants comme la lapine de Fei Fei ou son « frère ».

Finalement, ce qui résume mieux ce que l'on pense de ce film vient de sa direction artistique : globalement de la qualité mais quelques errements. La première demi-heure du film démontre un savoir-faire technique comme artistique très plaisant avec une approche légèrement cartoon des personnages et des animaux plutôt bien faits. La fusée de Fei Fei dispose d'un certain cachet tandis que les séquences dans l'espace sont plutôt belles. Et une fois que l'on arrive sur la Lune, tout part en freestyle complet... On a le droit à une explosion de couleurs, une sorte de Gloubi-boulga de créatures, de formes et d'architectures dont on peine à comprendre la cohérence. A vouloir trop faire original, l'ensemble manque de sens comme de consistance pour que l'on adhère. Le character design en prend aussi pour son grade quand se mélangent des gâteaux vivants portant des lunettes de soleil, un pangolin vert fluo ou des ersatz d'Angry Birds... Un sentiment de confusion qui accompagne aussi les chansons du film. Elles sont nombreuses pouvant faire basculer le métrage dans la case "film musical" avec des premières chansons assez classiques comme on peu en entendre dans La Reine des Neiges par exemple. Mais une nouvelle fois, dès que l'on arrive sur la Lune, on a le droit à de la pop/variété internationale insipide et une sorte de rap battle assez gênante... J'ai par ailleurs eu un peu de mal avec la profusion de chansons.

Heureusement que l'animation est de grande qualité. Sans atteindre évidemment l'excellente de Pixar ou des DreamWorks destinés au cinéma, ce Voyage vers la Lune reste très solide. Le métrage fait aussi le pari de la diversité avec différentes méthodes d'animation dont quelques séquences à la main très réussies. Le mélange des genres est digeste et l'on apprécie la qualité du travail effectué sur les éléments comme l'eau, la fourrure ainsi que les animations faciales. Même si la direction artistique part dans tous les sens, l'animation reste elle toujours fluide au diapason d'un rythme parfois effréné (une improbable partie de ping-pong en apesanteur notamment) tout en s'avérant crédible afin de faire exister les nombreuses créatures du film. Pour ce qui est de la mise en scène de Glen Keane, elle s'avère assez attendue pour un spécialiste de l'animation promu réalisateur : très propre et efficace étant surtout là pour s'adapter aux différents tons des séquences comme aux différentes méthodes d'animation. En même temps, vu l'éparpillement de la production sur plusieurs pays, on a plus le sentiment d'avoir un chef d’orchestre efface à la manœuvre plutôt qu'un artiste ayant une forte vision. Et cela n'est au final pas bien grave car l'intérêt du film est ailleurs.

La conclusion de à propos du Film d'animation : Voyage vers la Lune [2020]

Auteur Bastien L.
65

Voyage vers la Lune dispose de réelles qualités qui ne sont malheureusement jamais sublimées. Si le film fonctionne en tant que divertissement grâce à une histoire solide et une animation de qualité, il souffre d'un trop grand classicisme et d'une direction artistique qui manque cruellement de maîtrise. Le film s'avère néanmoins très efficace pour le jeune public.

On a aimé

  • Une histoire efficace imprégnée de culture chinoise
  • Le thème du deuil correctement abordé
  • Une animation de qualité
     

On a moins bien aimé

  • La direction artistique qui part dans tous les sens
  • Le personnage de Chang'e trop déroutant
  • Des péripéties trop forcées
     

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