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Critique de la Série Télé : Person of interest
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Critique de la Série Télé : Person of interest

Avis critique rédigé par Andre C. le vendredi 11 mars 2016 à 1808

saison 3 : la Machine et ses apôtres

Il y a des séries qui s'écroulent une fois passé l'effet de surprise des premières épisodes et il y en a d'autres qui parviennent à se renouveler au fil des saisons. Assurément, Person of Interest fait partie de la seconde catégorie. Arrivée à sa 3e cuvée, on aurait pu se demander si la série de Jonathan Nolan n'allait pas tourner en rond avec sa propre mythologie. Cette saison 2013/2014 a ainsi quelque chose de décisif concernant l'ampleur de l'univers mis en place. Toute l'année, les scénaristes ont eu pour tâche de répondre à cette question : comment parvenir à transcender un concept déjà passionnant ?

Précédemment, les deux showrunners, Jonathan Nolan et Gregg Plageman, se sont évertués à poser les bases de leur postulat en se focalisant sur des personnages charismatiques et attachants. C'est sans doute là leur plus grande réussite : avoir rendu limpide une mythologie aux ramifications de plus en plus complexes avec un traitement old school (leur point de départ est tout de même basique) et un écrin post-modern, qui est l'image de marque du studio Bad Robots. À ce titre, la première cuvée paraît bien faible en raison de l'absence de plusieurs thématiques qui sont, depuis, inhérentes à l'identîté même du show.

Elle paraît donc bien loin l'époque où Person of Interest pouvait être présentée comme une sorte d'adaptation officieuse de Ennemi d'état de Tony Scott. Bien sûr, notre série conserve un bon nombre de gimmicks de ce long-métrage, mais les thématiques vont tellement plus loin et, surtout, font dorénavant basculer la nature de la série : les rouages sont toujours ceux du polar et du thriller (un régal pour tout amateur de conspiration et autres théories du complot) avec ce cadre urbain, mais la mythologie assume de plus en plus ses allures de récit de science-fiction avec ce super-ordinateur devenu une entité indépendante.

En effet, c'est là où l'on ressent toute la dimension prise par Person of Interest d'une année sur l'autre. Auparavant, ce super-ordinateur, que l'on dénomme la Machine, était considéré simplement comme un outil très sophistiqué, juste bon à fournir les numéros et attribuer les missions au duo Reese et Finch. Or, l'an passé, de nombreuses révélations ont été faites sur sa nature, ce qui a permis aux auteurs d'aborder la thématique de l'intelligence artificelle. Désormais, la Machine est une entité dont les intentions nécessitent d'être décodées par les protagonistes (elle entretient même une relation toute particulière avec Root, interprêtée par Amy Acker), rendant le propos de la série non seulement fascinant mais aussi pertinent : non content d'être une excellente série d'aventure, Person of Interest serait-il une mise en abyme frontale du genre super-héroïque avec nos personnages remettant en question leur propre nature et morale, face à une Machine, équivalant à un Dieu omniscient ?

Et il y aurait beaucoup à redire sur cette mythologie qui a l'audace de mêler une bonne dose de mysticisme dans le contexte d'un thriller. Déjà, nous pouvons noter que l'on trouve pêle-mêle des élements comme une entité omnipotente que l'on peut donc comparer à un Dieu (les difficultés à comprendre les intentions de la Machine renvoyant aux « voies impénétrables du Seigneur »), Root rappelle une Jeanne D'Arc contemporaine (elle est la seule à « entendre » littéralement la Machine), les groupuscules (membres du gouvernement ou autres) qui tentent de contrôler la Machine sont similaires à des extrémistes religieuses déformant la parole des saintes écritures pour leur propre compte, etc. Il est même surprenant que Nolan et Plageman parviennent à insuffler une petite pincée d'humour devant la gravité de la situation, ou, en tout cas, à assumer des contrastes et un léger esprit décalé qui n'entachent en rien l'impact des situations.

Au contraire, ce second degré est pour beaucoup dans le sentiment de maturité acquise par la série. Il ne faut pas oublier que, si les personnages restent dans l'ombre, ils vivent aussi dans un univers contemporain et restent en permanence aux contacts avec toutes les couches populaires de la société. Ils ont intérêt pour mieux se fondre dans la masse. De cette manière, le défi des auteurs est donc de parvenir constamment à ramener les personnages d'un contexte à l'autre : le plus souvent à travers les dialogues (d'ailleurs, dans la bouche du patibulaire Reese, les répliques les plus banales deviennent de vraies punchlines), mais plus subtilement dans le contraste entre les personnages haut en couleur et les milieux issus du quotidien. L'humour, ici, ne dénature en aucun cas le propos du show, bien au contraire, il le met en valeur.

Le seul bémol que l'on pourrait noter concerne la galerie de personnages tellement conséquente que l'on peut finir par s'y perdre. D'un côté, cela permet de redynamiser le maincast avec de nouvelles recrues (Sarah Sashi est excellente en Shaw, une sorte de pendant féminine de Reese), mais d'un autre, nous voyons la liste des menaces s'allonger d'épisodes en épisodes sans que les motivations de chacun soient toujours claires. Cela permet, évidemment, de toujours entretenir une part de mystère (c'est tout de même une série Bad Robots), mais il faut reconnaîre que l'on frôle le cliché à maintes reprises, sans compter que quelques revirements et autres rebondissements peuvent être vus comme de simples incohérences.

La conclusion de

Une saison de haute volée où la série confirme son statut de show le plus captivant du moment. On peut être hermétique à la manière de faire (dans l'écriture et la production design, c'est du Bad Robots pur jus), mais il faut reconnaître l'efficacité de la méthode. Plusieurs ficelles commencent à devenir flagrante, mais l'ensemble fonctionne toujours à 200%.
 

Que faut-il en retenir ?

  • Une mythologie qui prend de plus en plus d'ampleur ;
  • Un maincast qui s'étoffe ;
  • Un humour bien maîtrisé

Que faut-il oublier ?

  • Trop de badguys ;
  • Des ficelles scénaristiques qui commencent à se voir

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