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Critique du Film : Discopath

Avis critique rédigé par Jonathan C. le lundi 16 mars 2015 à 14:56

Staying alive

Un jeune homme malentendant et timide se transforme en serial-killer incontrôlable lorsqu'il entend du disco. Avec un titre et un pitch pareil, on pouvait s'attendre à un film d'horreur plus délirant, plus bis et plus fou, surtout en provenance du Canada. Mais le jeune réalisateur québécois Renaud Gauthier (acteur, réalisateur et producteur de la mini-série Inspecteur Bronco) préfère tenter l'exercice de style référentiel et rendre hommage à tout un pan du cinéma de genre des années 70 et 80 (l'histoire se situe d'ailleurs à la fin des seventies), avec une esthétique d'époque (on se croirait devant une vieille VHS sortie d'une étagère poussiéreuse), un récit volontairement décousu (comme les dialogues), des personnages très stéréotypés (voire presque des caricatures) et une mise en scène évoquant fortement celle d'un Dario Argento ou d'un Brian De Palma (toutes proportions gardées), à coups de lents panoramiques et de split-screen. Renaud Gauthier donne à son film une bonne tenue visuelle (en 2.35), surtout pour un low-budget, et a la bonne idée de ne pas trop en montrer, ce qui lui permet de ne pas sombrer dans le cheap. La reconstitution des seventies et des eighties est ainsi aussi minimaliste que crédible. Certains effets sont même très réussis (le meurtre en pleine boite de nuit pendant les stroboscopes, ou la surimpression disco sur le tueur dans l'avion pendant son flashback traumatique), bien que la lumière soit parfois trop terne, quoique reproduisant fidèlement les tons cinématographiques de l'époque.

Ainsi Discopath ne verse pas dans le gore ni dans l'humour trash ou potache, même s'il contient quelques meurtres gratinés et rigolards (par exemple la pauvre fille entaillées par des 33 tours sur le Stop ou Encore de Plastic Bertrand !), des séquences assez décalées (le flashback traumatique avec le père électrocuté) et un second degré indispensable (il pourrait difficilement en être autrement avec une telle idée, et surtout quand ça parle québecois). Il ne s'agit pas ici d'une parodie ni d'une comédie. Le film de Renaud Gauthier se pose plutôt autant comme un slasher old school et vintage que comme un portrait de psychopathe dans la lignée d'un Maniac ou d'un Henry portrait d'un serial-killer. Sur ce point, c'est assez réussi, le personnage de Duane Lewis étant aussi sordide qu'hallucinée, parfaitement campé par Jérémie Earp-Lavergne. Les séquences ou il perd les pédales et cède à ses pulsions sont les plus réussies du film, dont le récit s'attarde autant sur ses méfaits (d'abord à New-York puis à Montréal) que sur l'enquête des flics pour le retrouver.

Hélas, au lieu d'aller crescendo, Discopath finit par s’essouffler (la course-poursuite finale est trop mollassone et le dénouement tombe à plat, c’est le cas de le dire) et devient même trop bavard, notamment avec les flics (dont un Nicolas Cage du pauvre) et la directrice de l’école (qui sort tout droit d'un Dario Argento), alors que la première partie brillait justement par son économie de dialogue, son intrigue mystérieuse et son atmosphère diffuse étrange (Montréal est une ville décidément parfaite pour les films fantastiques, cf. les premiers films de David Cronenberg ou plus récemment le Enemy de Denis Villeneuve). On termine heureusement sur une note positive avec le générique de fin disco complètement décalé.

Mais entre ses jolies nanas (mention à Katherine Cleland), sa mise en scène appliquée (même si très influencée), sa dose de violence fun (décapitations, électrocution, égorgements, étranglements, défenestration, tortures, séquestration…) et sa bande-son électrique partagée entre des plages d'ambiance à la John Carpenter ou Tangerine Dream et des morceaux de disco (dont Flight 76 de Walter Murphy qui tourne en boucle pendant tout le film et devient presque un thème hitchcockien, I'm Your Boogie Man de KC And The Sunshine Band, I was made for loving you de Kiss, Stop ou Encore de Plastic Bertrand, Desire de Roni Griffith ou Discobol de Robert Charlebois !), Discopath ne manque pas de charme ni d'intérêt.

65

Avec un titre et un pitch pareil, on pouvait attendre de cette production canadienne un pur délire grindhouse en roue libre, mais le réalisateur Renaud Gauthier en fait plutôt un étrange thriller évoquant le cinéma de Dario Argento et de Brian De Palma dans les années 70 ainsi que des films de serial-killers psychologiques comme Maniac. On croirait vraiment que Discopath sort d'un vieux tiroir dans lequel il aurait été enfermé pendant 30 ans. Le jeune cinéaste québécois rend ainsi hommage à tout un pan du cinéma de genre des années 70 et 80, mais sans pour autant négliger sa mise en scène (aussi soignée que référentielle) ni traiter son histoire par-dessus la jambe, même s'il tape forcément parfois dans l'humour méchant et le gore rigolard et qu'il respecte un minimum les ingrédients du cinéma d'exploitation (meurtres sanglants, tortures, belles nanas...), le tout sur une bande-son composée de célèbres tubes disco. C'est d'ailleurs ce qui fait la particularité de Discopath, par exemple un meurtre sur du Plastic Bertrand ou Flight 76 de Walter Murphy en guise de leitmotiv. Mélanger du serial-killer et du Robert Charlebois, fallait y penser. Dommage que le film va decrescendo, jusqu'à un dénouement aussi mou que déçevant.

Critique de publiée le 16 mars 2015.

Que faut-il en retenir ?

  • -La bande-son disco
  • -L'esthétique old school
  • -Mise en scène appliquée
  • -Des passages bien fun

Que faut-il oublier ?

  • -Un dernier tiers déçevant
  • -Manque un peu de folie
  • -Des dialogues assez mous

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