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Critique du Film : UFO
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Critique du Film : UFO

Avis critique rédigé par Jonathan C. le samedi 17 mai 2014 à 2009

U.F.O. avec Van Damme : et si ce n'était pas si nul ?

Réalisé en 2012 et sorti en 2014 chez nous, cet Alien Uprising retitré U.F.O. pour la France est loin d'être le nanar pour lequel il passe (faut dire qu'il est vendu comme tel, comme une production de chez The Asylum), sans pour autant être un bon film. Il s'agit en réalité d'une petite production indépendante anglaise. Pitch basique mais résultat atypique : alors qu'ils baisent, qu'ils boivent, qu'ils se défoncent et qu'ils s'engueulent dans un bled paumé en Angleterre, une bande de potes voit leur soirée contrariée par une invasion extraterrestre. Le courant est coupé, les gens sont désintégrés et des astronefs aliens flottent au-dessus de la ville autour d'un vaisseau-mère à la Independence Day. Sans téléphone et sans Jean-Claude Van Damme (pour l'instant), nos jeunes gens vont devoir se frayer un chemin dans ce chaos pour se mettre en sécurité, tandis qu'en plus des aliens, des factions de survivants se sont créées et s'affrontent.

Autant dire que ça part mal et qu’on se demande dès les premières secondes dans/devant quoi on est tombé : après une intro très marquée DTV avec ses flashforwards confus, le générique de début défile sur des jeunes qui dansent en boite de nuit au son électro et dans un montage clipesque voire stroboscopique, et le titre « UFO » s’affiche sur des bimbos qui se dandinent, l’occasion également de voir Bianca Bree remuer son joli popotin. S’ensuit des scènes de vie pas très intéressantes (à un plan boobs près) entre la bande de jeunes que l’on va suivre tout au long du récit. Est-ce bien censé être un film d’invasion extraterrestre ? Mais ça continue (pas très bien non plus, mais ça commence à intriguer) comme un La Guerre des Mondes version bis (disons même un Skyline bis, c'est dire) ou comme un Super 8 british fauché, et on se retrouve finalement devant un film inclassable qui va de la chronique sociale au survival méchant à l'anglaise en passant par le nanar SF aux effets spéciaux miteux, le film de potes à la cool, le thriller conspirationiste et le film de baston rentre-dedans, avec en prime : un twist surprenant, un duel inédit entre Jean-Claude Van Damme et sa (très jolie) fille Bianca Bree, une excellente baston bien brutale (et totalement gratuite) entre le fils de Pierce Brosnan et un soldat (le balèze Joey Ansah), des dialogues étonnement bien écrits (ça rend les relations amicales entre les personnages assez justes), des personnages stéréotypés mais attachants (y compris les deux soldats qui débarquent en cours de route) et une mise en scène plutôt inspirée qui part parfois en vrille mais qui ne manque pas de punch. Du coup, on se laisse porter par le récit et par cette histoire intrigante dont on se demande bien ou elle mène, jusqu'à ses rebondissements délirants dans la dernière partie (l'intervention improbable de Van Damme, l'explication insensée du code biblique, les révélations autour du personnage de Bianca Bree…) et sa fin WTF assez couillue.

Il s'agit moins d'un film sur une invasion extraterrestre que d'un film sur la réaction de gens ordinaires face à une invasion extraterrestre. Il n'y a d'ailleurs pas ici la multiplicité des points de vue inhérente aux gros films-catastrophe à la Roland Emmerich, pas de scènes avec un président, des ministres ou des scientifiques, pas de destruction massive (de toutes façons il n'y avait pas le budget pour ça), pas de plans sur les citoyens en panique aux quatre coins du globe, etc. On ne sait pas ce qu'il se passe dans le reste du monde. On reste uniquement centré sur cette petite ville et le point de vue adopté est, du début à la fin, celui des personnages principaux, qui reçoivent les informations et perçoivent les faits en même temps que le spectateur. Ils se réveillent d'ailleurs de façon tout-à-fait normale, un beau matin, avant de se rendre compte petit à petit que quelque chose cloche et qu'il n'y a plus d'électricité ni de réseau (ces scènes sont d'ailleurs très crédibles), ce qui rend l'aventure assez intéressante : les héros doivent s'en sortir sans technologie - pas de téléphones ni d'ordinateurs – et c'est justement à cause de cette coupure que le chaos et la panique s'installent peu à peu, tandis que les aliens n'ont plus grand-chose à faire pour éliminer la population (qui s'autodétruit, puisque les gens finissent par se massacrer entre eux). Le réalisateur a voulu confronter le spectateur à cette question : « Qu’est-ce que vous feriez dans cette situation ? ». Il s'agit ici de survivre avec les moyens du bord et l'instinct (et certes quelques invraisemblances de script), d'improviser. Le côté SF (l'invasion extraterrestre) est certes raté et cheap, mais l'à-côté (étude de mœurs et récit d'anticipation) de cette invasion extraterrestre est plutôt bien vu.

Certaines séquences sont montées n'importe comment par un monteur sous acide (la scène de sexe avec en parallèle le pote qui vomit : what ??) et en deviennent incompréhensibles, mais au moins il y a un certain style, bariolé (beaucoup de plans débullés), à la fois clipé et reportage, qui retranscrit plutôt bien l'impression de chaos grotesque. L'esthétique est tantôt hystérique (caméra portée, montage cut...) tantôt posée (steadycam, plans-séquences...), souvent agrémentée d'effets de style plus ou moins convaincants (les ralentis pendant la baston contre le flic sont classes mais ne servent à rien). A vrai dire, la mise en scène ne manque pas d'idées, le format est en 2.35, il y a un certain travail sur la lumière et quelques séquences ont de la gueule (mention au plan-séquence steadycam du supermarché). La réalisation, très inspirée à la fois par le cinéma british contestataire « caméra au poing » des années 70 et par le vidéoclip des années 90 - mélange détonnant qui fait la particularité du film - parvient même à insuffler des poussées d'adrénaline et une tension nerveuse le temps de quelques scènes efficaces et parfois bien brutales (la baston à la Paul Greengrass entre Sean Brosnan et Joey Ansah, la tentative de viol puis l’empoignade sauvage dans la cuisine, la tension en crescendo façon The Thing autour de Van Damme et de Bianca Bree…). Le jeune cinéaste n'hésite pas à abuser de lens flare, et on ne s'étonnera pas d'apprendre, de lui-même, que ses principales influences esthétiques pour confectionner U.F.O. sont les Super 8 et Star Trek de J.J. Abrams.

Il y a donc ici une certaine ambition formelle qu'il faut souligner et que le réalisateur Dominic Burns souligne d'ailleurs lui-même : « Nous avions pour habitude sur ce projet qu’à chaque fois que quelqu’un nous disait qu’on ne pouvait pas ou ne devait pas faire quelque chose, nous pensions « D’accord, rajoutons-le dans le film ». Il y a 10 minutes de plan-séquence en steadycam au milieu du film, qui se passent pendant une émeute dans un supermarché avec environ 150 figurants – 10 minutes sans couper, tout est fait en direct et c’est juste le chaos. Nous pensions « Il vaut mieux finir de justesse et être ambitieux plutôt que jouer la sécurité et être ennuyeux » ». Dominic Burns va même un peu trop loin en affirmant : « Nous avons deux scènes de combat dans le film qui rivalisent avec celles de n’importe quel blockbuster. », même s'il est vrai que ces deux scènes sont assez efficaces, mais on reste très loin d'un Jason Bourne.

Jean-Claude Van Damme contre sa fille Bianca Bree : ça vaut le détour !

Et d'un autre côté, le film verse dans le nanar SF façon The Asylum dès qu'il affiche ses CGI foirés (à l'exception des quelques plans de la ville ombragée par le vaisseau alien), la bande-son dub/electro composée par un certain Si Begg (un DJ assez réputé en Angleterre) est totalement à côté de la plaque (ce qui créée un décalage absurde entre ce qu'il se passe à l'écran et ce qu'on entend) à l’exception du thème principal à l’ancienne et de quelques autres morceaux qui posent une certaine tension, les premières minutes font peur à voir, ça a du mal à se lancer (on en vient rapidement à se demander si on s'est pas trompé de film) et le récit est truffé de flashbacks aussi dégueulasses qu'inutiles, histoire notamment de caser quelques secondes de Jean-Claude Van Damme en plus et d'expliquer au spectateur ce qu'il avait déjà compris depuis un moment. L'idéal aurait été de ne jamais montrer les aliens et leurs vaisseaux, de tout suggérer, de zapper les flashbacks, car c'est justement dans la suggestion que U.F.O. fonctionne le mieux, lorsqu'on entraperçoit à peine l'apocalypse autour (certaines scènes de panique sont très réussies). En revanche, l’aspect survival fonctionne plutôt bien et on aura des surprises au petit jeu des survivants.
En dépit de son esthétique alternative et de son mélange des genres, cet Alien Uprising reste très bis (voire Z) dans l'esprit, avec des scènes entièrement pompées sur La Guerre des Mondes (par exemple les attaques des aliens, la scène ou nos héros se cachent dans la maison pour éviter les scanners extraterrestres…les aliens eux-mêmes semblent être des copies cheap de ceux du film de Spielberg), ses vieux clichés éculés (halàlà, le clodo illuminé), son climax aussi nanardesque que trépidant, son affiche US pompant sans raison celle de Hancock et des CGI qui mettent en avant le caractère fauché de cette production indépendante de 2 500 000 dollars, même si certains plans à effets spéciaux font illusion.

Vue dans Trafic Mortel, The Eagle Path, Assassination Games, Six Bullets et Welcome to the Jungle, la belle Bianca Bree alias Bianca Van Varenberg s'en sort bien en héroïne mystérieuse, femme d’action et femme fatale sans jamais avoir l'air d'une bimbo cruche (c'est plutôt Maya Grant qui assure cette fonction ici), mais on attend encore de la voir dans un film sans son père au générique. Quand on lui demande comment c'est de travailler avec son JCVD de père, elle répond : « On n’arrête pas de me poser cette question et je dis à tout le monde que c’est comme travailler avec son père dans un bureau. Mon père a été dans cette industrie pendant longtemps et j’apprends de lui et on se voit, il m’a aidé à revoir certaines scènes, et il retourne dans son bureau et je retourne dans le mien. C’est juste comme travailler avec quelqu’un d’autre. »

La sexy Bianca Bree sous ses deux facettes. On voudrait en voir plus...

Croisé dans la comédie horrifique When Evil Calls (avec Sean Pertwee et Dominique Pinon), dans le film de courses Snake and Mongoose (avec Noah Wyle, John Heard et Tim Blake Nelson), dans le totalement méconnu Have Dreams Will Travel (avec pourtant Lara Flynn Boyle, Matthew Modine, Dylan McDermott, Heather Graham et Val Kilmer) et dans la mini-série Génération Kill (avec Alexander Skarsgård), Sean Brosnan (James Bond a appelé son fils Sean, comme Connery : sympa !) a une tête à claque (il ressemble plus à Stephen Dorff qu'à Pierce Brosnan) et aime afficher sa musculature mais n'est pas mauvais non plus. Les autres acteurs, quasiment tous anglais, sont très convaincants, dont les acolytes Simon Phillips (qui jouait déjà dans les précédents films du même réalisateur) et le réalisateur Dominic Burns lui-même. Dans son tout premier rôle, la blonde Maya Grant fait sensation et n'hésite pas à sortir les boobs pour marquer les esprits. Même les petits rôles font illusion et rendent cette population crédible. Les personnages sonnent d'ailleurs assez juste et ne sombrent pas dans la caricature.

Maya Grant est la bimbo blonde de service. Vous pouvez mieux l'admirer en cliquant ICI

Dans ce bon casting, on peut même dégoter quelques gueules connues, comme celle de Sean Pertwee (le héros de Dog Soldiers, vu aussi dans Equilibrium, Event Horizon, le vaisseau de l'au-delà, Soldier, Le 51ème état, Sept jours à vivre et Doomsday) ou celle du vétéran Julian Glover (Les Monstres de l'espace, Terreur sur le Britannic, L'Empire contre-attaque, Rien que pour vos yeux, Le quatrième protocole, Troie, Mirrors, Scoop, etc.) en vieux fou prophétique aux airs de Michael Caine (Glover ayant joué plusieurs fois auprès de Caine, on se demande s'il n'essaie pas de l'imiter, cf. image ci-dessus). Tueur coriace affrontant Matt Damon dans l'une des scènes les plus marquantes de La Vengeance dans la peau, remarqué aussi dans Blanche Neige et le chasseur, Attack The Block et Hooligans 3 (avec Scott Adkins), mais surtout connu pour avoir réalisé le court métrage Streetfighter : Legacy qui avait fait le buzz sur le net (il y incarnait Akuma), l'excellent Joey Ansah témoigne de nouveau de son charisme et de sa force le temps d'une scène mémorable (son rôle est bref mais assez important par la suite), on regrette d'ailleurs qu'il n'y ait pas d'affrontement entre lui et Jean-Claude Van Damme. Le réalisateur est d'ailleurs assez fier de cet affrontement étonnement long et violent entre Joey Ansah et Sean Brosnan : « Nous avons Joey Ansah dans le film, qui se bat contre Matt Damon dans le troisième Bourne pour l’un des meilleurs combats qui aient jamais été porté à l’écran, et il pense que celui-ci est encore meilleur, ce qui est un sacré compliment. ». Il faut avouer que les quelques bastons du film sont très convaincantes, entre sauvagerie réaliste et chorégraphie spectaculaire réglées par Joey Ansah lui-même.

L'excellente baston entre Sean Brosnan et Joey Ansah

Quand à Jean-Claude Van Damme, justement, il a accepté de participer amicalement au tournage uniquement pour rendre service à sa fille, qui tient pour la première fois un premier rôle. Il n'apparait ainsi que 10 minutes, l'air un peu perdu, éteint, et pour le coup très sobre, afin de fournir quelques explications aux jeunes héros. L'occasion de voir Jean-Claude affronter sa fille dans une séquence de baston absurde mais bien badass, de le voir user du shotgun ou balancer un double-kick sauté/retourné de son cru (et ça, ça n’a pas de prix) puis de voir Jean-Claude littéralement désintégré dans la scène la plus WTF du film (pauvre JCVD). On peut regretter que Van Damme retombe dans des choix de carrière un peu hasardeux après avoir enchainé quelques bons films dans lequel il jouait les méchants Universal Soldier : Le Jour du jugement et Expendables 2). Son The Eagle Path prend la poussière dans un tiroir, il s'est entiché d'un médiocre tâcheron de DTV (le réalisateur de Assassination Games, Six Bullets et bientôt Pound of Flesh), fait brièvement le guignol dans le nanar comique français Beur sur la ville ou dans la comédie russe Rzhevskiy protiv Napoleona, joue les mentors de second plan dans le sous-estimé Dragon Eyes, est en totale roue libre dans le pas terrible mais pas honteux Enemies Closer de son vieil ami Peter Hyams, s'amuse comme un gosse dans l'amusant mais mineur Welcome to the Jungle et fait exploser les compteurs de YouTube avec sa publicité déjà culte pour Volvo Trucks (un coup de génie, tout simplement), mais on ne l'a pas revu en tête d'affiche d'un film au cinéma depuis JCVD (mine de rien c'était il y a déjà 6 ans) et ce n'est pas sa participation anecdotique dans cet U.F.O. qui va rassurer ses fans sur ce point, même si ce fut un plaisir pour Dominic Burns d'avoir Van Damme dans son film : « Working with Jean-Claude Van Damme in U.F.O. was a wonderful experience. He’s a great actor and bloody talented. whenever you get someone you’ve grown up admiring you it’s wonderful and amazing. »

Jean-Claude avec un shotgun, ça ne se refuse pas

On ne sait pas trop ou le réalisateur-scénariste-producteur Dominic Burns veut aller ni vraiment d’où il vient : ex employé au Virgin Radio anglais, acteur dans des productions confidentielles et réalisateur de la comédie british How to Stop Being a Loser (avec Gemma Atkinson, Richard E. Grant et Colin Salmon) et du thriller horrifique Airborne (avec Gemma Atkinson again, Julian Glover again et...Mark Hamill !), l'insaisissable Dominic Burns aime se diversifier (« I’m going to try a few different genres, a few different things, to find my creative voice ») et trousse ici un étrange film de science-fiction qui a le cul entre deux (voire trois ou quatre) chaises et qui va d’une représentation beauf de la jeunesse anglaise à une vision très noire de la nature humaine (cf. le jeune homme qui tente de violer son amie en guise de scène finale). Mais cette hésitation et ces incessantes ruptures de ton et de style rendent le film original et intéressant, aussi bien dans le fond que dans la forme. Dominic Burns s'en explique un peu : « Je pense qu’U.F.O. n’est pas un film qui se prend trop au sérieux, il y a quelques scènes vraiment sombres dedans, mais en même temps il y a des scènes d’humour noir aussi. Je n’aime pas vraiment les films catalogués, j’aime le fait qu’on puisse sortir d’U.F.O. une bande annonce qui le fasse presque ressembler à une comédie et une autre qui le fasse ressembler à un film d’horreur, c’est un mélange. »

Tout est donc un peu foutraque et bancal, et il y a autant de partis-pris intéressants que de grosses maladresses, baisses de rythme et autres fautes de goût. U.F.O. ne mérite pas sa très mauvaise réputation, à l'inverse de nombreux nanars insipides et oubliables sans aucune inspiration ni style. Ambitieux, Dominic Burns a voulu trop en faire avec un petit budget et son film pêche par excès de générosité (d'où les scènes à CGI cheap, des séquences tape-à-l'oeil ringardes...), ce qui vaudra toujours mieux qu'un blockbuster radin malgré ses 150 millions de dollars de budget.

Très sincère dans sa démarche et dans ses intentions, Dominic Burns confirme sa volonté de brouiller les pistes, de mélanger les genres, d'expérimenter et de s'améliorer : « J’adore vraiment les moments d’action/suspense. Surtout maintenant, après U.F.O. je me sens très à l’aise pour tourner ça – Je sens que j’ai beaucoup appris de tout ça, et je sais que ça fait cliché, mais j’ai toujours l’impression d’apprendre et de pouvoir m’améliorer et ça c’est très important. Mais je me sens aussi assez à l’aise avec l’humour noir, les moments comiques sombres. » U.F.O. est justement un mélange bizarre entre suspense et humour noir, et c'est ce qui fait sa particularité. Dans U.F.O., une scène (jubilatoire) de défouraillage en vue subjective sur le Nowhere to run de Martha and the Vandellas côtoie une scène violente, intense et très noire dans une cuisine, une agréable séquence d’humour entre potes (mimer Footloose) précède une pure scène d’épouvante (la fille et l’alien jouant à cache-cache dans une maison plongée dans l’obscurité). C’est surprenant et ça change. Côté surprise, on peut même entendre un cri Wilhelm.

Ce qui fait aussi la différence avec un DTV lambda, c'est qu'il s'agit d'une production anglaise et non américaine. Ça se voit (le décor d'une petite bourgade anglaise, une esthétique mi-hype mi-réaliste teintée de grisaille…) et ça s'entend (ils ont tous un fort accent anglais, à part les Van Damme père et fille). Ce cachet british, flagrant également dans les touches d'humour grinçantes, dans cette vision assez noire de l'Homme (même le gentil sidekick devient un enfoiré), dans son mélange sexe/drogues/alcool qu'on ne trouverait pas chez Roland Emmerich et dans le traitement esthétique et narratif non conventionnel (avec même une touche de punk), donne à cet U.F.O. une certaine identité, en tout cas une vraie originalité. Ici, ça part tellement dans tous les sens que ça en devient fun.

Jean-Claude est là...et Jean-Claude est plus là !

Pour finir dans la bonne humeur et vous donner définitivement envie de découvrir (ou de fuir) U.F.O., voilà un aperçu des formidables (ton ironique) effets spéciaux du film, avec ses batailles dans le ciel, ses explosions spectaculaires et ses aliens belliqueux (blague à part, quelques plans ont de la gueule) :

Le trailer officiel était déjà assez intriguant :

Critique de Jonathan C. ; propos extraits de www.heyuguys.co.uk et www.flickeringmyth.com, traduits par Alice P.

La conclusion de

Beaucoup d'humour, des idées, des fulgurances stylistiques, un bon esprit, des surprises, du suspense, une certaine ambition formelle, un mélange de genres original : pourquoi tant de haine envers ce petit film certes bourré de défauts mais débordant de générosité et de passion du cinéma ? Film hybride, partiellement raté mais sympathique dans ses intentions de s'éloigner un peu des sentiers battus tout en surfant sur les tendances de ces dernières années (films de genre anglais indépendant + blockbuster SF hollywoodiens avec invasion d'aliens, un peu comme le plus réussi Attack The Block), U.F.O. aka Alien Uprising est une amusante curiosité à éventuellement découvrir mais à ne surtout pas considérer comme « un Van Damme ». C'est tellement invendable que le film a (logiquement) été vendu n'importe comment et se paye (logiquement) un gros bide et de vilaines critiques.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation énergique et inventive
  • Quelques bastons efficaces et violentes
  • Bianca Bree et Jean-Claude Van Damme
  • Pas mal d'idées et une fin osée
  • Un mélange de genres et de tons original

Que faut-il oublier ?

  • Des CGI cheap qui donnent un côté nanar
  • La bande-son dub/electro inappropriée
  • Pas assez de Jean-Claude
  • Une narration confuse

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