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Jack et la mécanique du cœur >

Critique du Film d'animation : Jack et la mécanique du cœur

Avis critique rédigé par Richard B. le mercredi 1 janvier 2014 à 10:14

L'amour un moteur éternel à l’existence ?

Jack et la mécanique du cœur image

La Mécanique du cœur est tout d'abord un roman de Mathias Malzieu paru chez Flammarion en 2007, rapidement suivi d’un album du groupe Dionysos (qui se trouve être le groupe de l'auteur) chez les Disques Barclay.  Resté plus de vingt semaines dans la liste des livres les plus vendus en France, Luc Besson en a acquis les droits dans le but d’en tirer un film d'animation – sortie dans les salles prévue pour 2010.

C'est donc avec plus trois ans de retard que Jack nous dévoile ce qu'il a dans son cœur.

L'histoire débute à Édimbourg en 1874, le « jour le plus froid du monde ». Jack naît avec un cœur gelé. En lui greffant une horloge sur le cœur, le docteur Madeleine réussit à le sauver. Abandonné par sa mère, Jack est alors adopté par son sauveur. Hors de danger, Jack ne peut cependant survivre qu'à quelques conditions. Tout d'abord, il faut remonter son horloge chaque jour et surtout il est nécessaire qu'il évite tout forme d'émotion forte telle que la colère ou surtout, les sentiments amoureux.

Jack et la mécanique du cœur image

Bien que tout le monde aime à tirer à boulets rouges sur Luc Besson et tout ce qui se rattache à ses projets, il est peut-être temps d'émettre un autre son, du moins être un peu plus nuancé. Car, quoiqu’on en dise, Besson a un très bon sens du business et fait même parfois preuve d’ambition. Par exemple, sa Cité du Cinéma, au-delà des multiples critiques à son encontre, est l'une de ses initiatives qu’il est bon de soutenir. De plus, ces productions ont le mérite d’attirer du monde dans les salles - cela même si la qualité scénaristique n'est pas toujours au rendez-vous. Fidèle à ses principes, Luc Besson n'a pas lésiné en achetant les droits de La mécanique du cœur et, ainsi, permit à deux novices dans le domaine du long métrage de réaliser le film d'animation français le plus ambitieux vu à ce jour.

Rares sont les auteurs, encore plus français, à avoir réussi à décliner personnellement leurs oeuvres sur différents médias. Mathias Malzieu, après avoir donné vie par l'écrit et la musique à son oeuvre, prolonge son histoire au cinéma par le biais de l'animation par image de synthèse mais avec une impression de procédé fait à la stop-motion, à l'exemple de productions comme L'étrange noël de Monsieur Jack, Coraline ou encore Wallace et Gromit. Pour la réalisation de ce projet, il s’est fait aider de Stéphane Berla, réalisateur issu de la publicité et du clip, qui réalisa déjà "Neige" et  « Tais-toi mon cœur » pour le groupe de Mathias Malzieu (Dionysos). Il y a donc une certaine logique à cette alliance, même si on s'étonne qu'Europa Corp ait laissé les deux réalisateurs s'exprimer sur un premier long-métrage aussi coûteux. Reste que la confiance a payé, car, en effet et sans tergiverser, Stéphane Berla et Mathias Malzieu signent indéniablement le film d'animation français le plus ambitieux jamais tourné, mais surtout doté d’un traitement presque singulier, même si l’on peut y identifier quelques univers.

Jack et la mécanique du cœur image

À la vision de Jack et la mécanique du cœur on pense, tout d'abord et forcément, à l'univers de Georges Méliès. D'ailleurs sa présence parmi la galerie des personnages principaux ne peut pas être vu comme une simple coïncidence. Puis il y a une certaine familiarité avec des auteurs comme Tim Burton, Henry Selick ou encore Michel Gondry. Reste que la conception, la façon de mélanger ces univers, la narration en elle-même donnent l'impression de découvrir une oeuvre quasi unique, au ton aussi poétique qu'étonnamment sombre. Il est même troublant de voir que Jack et la mécanique du cœur n'est pas, à première vue, destiné au public le plus jeune. Le rythme, l'ambiance froide, le côté volontairement mélancolique, sont des aspects qui pourraient en effet être mal perçus par les plus jeunes. Sur ce point, il y a un véritable risque de la part de la production à se couper de cette audience. Reste que c'est justement par cet aspect que ce dernier nous séduit et nous touche. S'il y a eu compromis, ceux-ci n'apparaissent pas à l'écran et on a réellement l'impression de voir un film à la mécanique artistique complexe, une narration pas toujours facile d'accès, où rien que les chansons elles-mêmes apparaissent comme étant assez loin des créneaux de la variété traditionnelle.

Alors certes, on pourra reprocher à l'auteur Mathias Malzieu de se laisser aller à la facilité, en plaçant quelques idées politiques un peu rudimentaires autour des sans-papiers, en offrant une image très caricaturale de la police (même si ces deux aspects apparaissent dans une trame secondaire, voir tertiaire). On pourra aussi regretter que le personnage de Méliès apparaisse détaché de son célèbre studio de cinéma, d'autant que Mathias Malzieu ne semble pas se soucier de l'exactitude des dates ou des évènements réellement vécus par ce dernier. Tous ces détails de moindre importance sont compensés par la sensation de voir quelque chose de sophistiqué qui ne recherche jamais la crédibilité du concret, mais plutôt une manière de conter avec originalité un hymne à l'amour. Au final, pour beaucoup de spectateurs, Jack et la mécanique du cœur pourrait être à l'animation ce qu'Edward aux mains d'argent est au film "live".  A noter que tout le mérite n'est pas à attribuer à  Malzieu. On aurait bien tort d'oublier Stéphane Berla qui n'est certainement pas pour rien dans la réussite du projet – une position que l’on peut confirmer sans faute si l’on se penche un tant soit peu sur ses travaux précédents. Visuellement, le produit a "de la gueule" et  n'a rien à envier aux dernières productions du genre, même celles venant de chez l'oncle Sam.

85

Si l'amour a été raconté de bien des façons, avec Jack et la mécanique du cœur, Mathias Malzieu et Stéphane Berla parviennent à nous en offrir une nouvelle vision, à la fois par le traitement, mais aussi par l’usage de la symbolique. Le spectateur est parfois déstabilisé par certain choix, il est accroché par la beauté des images, et ne se trouve pas devant un spectacle conventionnel mais une production à risque riche d'un véritable sens de la poésie. Peut-être le meilleur film d'animation de 2014… et l'année n'est pourtant même pas commencée !

Critique de publiée le 1er janvier 2014.

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