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Critique du Film : La Stratégie Ender
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Critique du Film : La Stratégie Ender

Avis critique rédigé par Richard B. le dimanche 3 novembre 2013 à 1909

Enfant prodige ?

 

Dans un futur non défini, l'espèce humaine a mené une guerre désespérée – mais victorieuse - contre les Doryphores. Consciente que l'ennemi pourrait bien revenir mieux préparé et plus nombreux, l'humanité décide de prendre les devants, tout d'abord en faisant l'acquisition de nouvelles technologies, ensuite en préparant une nouvelle génération de combattants. Dans ce but, une académie militaire est créée, pour préparer des enfants à devenir des officiers émérites. Parmi eux, Elder. Dès son plus jeune âge, doté d'une intelligence et d'une maturité hors du commun, il a montré des facultés exceptionnelles. Et le colonel Hyrum Graff voit en ce jeune garçon un potentiel qui pourrait bien mener les humains vers la victoire.

Avant d'être un film, la Stratégie Ender (titre original : Ender's Game) est un roman de science-fiction signé par l'écrivain américain Orson Scott Card. Publié en 1985, l’ouvrage a remporté un grand succès public et glané quelques récompenses comme les prix Nebula et Hugo. Il est donc étonnant de ne pas avoir vu paraître une adaptation plus tôt, même si l’on sait que le sujet intéresse depuis une quinzaine d'années la productrice Lynn Hendee (The tempest). Il faut dire que le roman, bien que destiné avant toute chose à des adolescents, ne développe pas une histoire d'amour fleur bleue et prude – comme les romans de Stephenie Meyer - ou une action prédominante. Si, de plus, on ajoute à ces faits que le message d'Orson Scott Card est plutôt pacifiste, voire pour certain ouvert à une propagande religieuse (ce dernier étant membre de « l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours »), le transposer à la sauce "Hollywood" a dû poser problème à quelques scénaristes.

La stratégie Ender

Bien que le projet reste à la base une commande et que le réalisateur sud-africain Gavin Hood ne fut pas impliqué dès le départ, il s'est lui même charger de transposer le roman d' Orson Scott Card et apparaît donc comme le seul maître à bord du fait que lui seul se trouve crédité à l'écriture du scénario (à l'opposé de Wolverine sur lequel il occupait juste le poste de réalisateur). Une position idéale pour conserver un certain pouvoir. Pour autant Hood semble s'être autocensuré. Bien que conservant des passages quasiment identiques au roman et tentant d’en garder l'esprit, le contexte religieux s'est vu retiré et le contexte politique grandement amoindri. De plus, alors que le roman se déroulait sur six ans, Hood a décidé de transformer le jeune Wiggin en un véritable génie dans la mesure où, ici, toute l’intrigue se déroule sur une seule année. Du coup, de jeune prodige, le héros de l'aventure devient presque une sorte de super héros intellectuel. Si l’on peut comprendre que Gavin Hood ait eu envie de rendre le film plus accessible et plus commercial, on regrette quelque peu ce choix sur la durée de cette période - même s'il faut reconnaître qu'Asa Butterfield (fabuleux dans Hugo Cabret) arrive à rendre son personnage globalement crédible bien qu’il soit plus âgé que le héros du roman. D'ailleurs, il aurait été intéressant qu’Hood en profite pour approfondir un peu plus cette idée d'envoyer des enfants à la guerre plutôt que des adultes, sujet qu'il n’évoquera que partiellement au détour d'une phrase ou deux. Les fans seront aussi déçus de voir à quel point le frère d'Ender se trouve mis en retrait. Son côté diabolique n'est en fait introduit qu'à travers une séquence située en début de film. Bon, malgré toutes ces critiques, force est de dire que Gavin Hood a certainement accompli sa mission, du moins assez pour que les personnes non initiées au roman prennent un certain plaisir et que quelques fans indulgents arrivent à apprécier et trouver quelques aspects de ce qu'ils ont aimé dans le livre - comme tout le questionnement autour de la guerre et sur l'incompréhension d'une culture à une autre.

La stratégie Ender

Si la mise en image de Gavin Hood est correcte, il sera facile aussi de lui reprocher de se conduire en « homme de commande » trop soucieux de plaire aux financiers du film. En effet, lorsqu'on regarde la Stratégie Ender, on se rend compte qu’il manque complètement d'âme. Tout est carré ; la lumière, le choix des plans, les coupes… On ne trouve réellement aucun parti pris dans la mise en scène, n'importe qui d'autre aurait pu signer le film. Cela se ressent d'autant plus que l'on y trouve des séquences qui auraient pu être assez fortes visuellement, comme les confrontations en apesanteurs, et qu’elles ne tiennent pas la comparaison face à, par exemple, un film comme Gravity. Ces séquences apparaissent comme assez pauvres, sans idées nouvelles et l’on ne peut qu'être d’autant plus déçu que Digital Domain (société d'effets spéciaux créés à l'origine par le trio James Cameron, Stuart Gordon et Scott Ross) se devait d'être particulièrement impliqué puisque occupant aussi un poste de coproduction. La déception ressentie par la vision des effets spéciaux est appuyée par la présence de décors particulièrement vides et fades, comme si tout le budget était parti dans sa grosse moitié vers les têtes d'affiches du film. Attention cependant, il ne faut pas interpréter ces propos de manière trop négative, tout est assez bien fait pour que la partie divertissement soit bien assurée, mais le support pouvait permettre tellement plus d'audace, et ce minimalisme déçoit forcément.

Coté interprétation, si on regrette qu’Harrison Ford et Ben Kingsley mettent moins de conviction que les gamins qui semblent bien plus s'amuser que les deux stars, en toute honnêteté, la stratégie d'Ender fonctionne assez bien pour, qu'une fois arrivé au bout, le spectateur veuille découvrir la suite. En effet, la conclusion, bien que partiellement différente de celle du roman, se montre assez peu conventionnelle (il fallait bien garder l'âme principale du roman) pour nous laisser sur une impression positive… et nous donner envie de voir la suite.

La conclusion de

La Stratégie Ender est un spectacle familial bien calibré, possédant quelques idées intéressantes, et capable de plaire à des spectateurs cherchant un divertissement bien rôdé, mais qui devrait aussi décevoir ceux qui attendaient plus de ce projet.

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