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Snowpiercer, Le Transperceneige >

Critique du Film : Snowpiercer, Le Transperceneige

Avis critique rédigé par Richard B. le vendredi 13 septembre 2013 à 07:31

Un film qui ne laisse pas de glace !

17 ans après l’échec d’une expérience visant à lutter contre le réchauffement climatique, le monde se trouve plongé dans une nouvelle ère glaciaire. Les seuls survivants de la planète sont les habitants du Transperceneige, un train qui voyage autour de la terre, propulsé par un moteur à mouvement perpétuel. À l'intérieur de ce dernier bastion de la civilisation existe un système de castes où les plus démunies se situent dans les derniers wagons, alors qu'une classe de privilégiés se trouve en tête. Mais quand l'homme est désespéré et qu'il pense ne plus rien avoir à perdre, nul n’est à l’abri d'une révolte.

Après la traque d'un monstre humain (un tueur en série) dans le fabuleux thriller Memories of Murder et la confrontation avec un monstre, dans le sens concret du terme, dans The host, en passant par le duel psychologique tordu entre une mère et son fils dans Mother, Bong Joon-Ho se consacre cette fois-ci à mettre en place l’affrontement entre un nouveau groupe d'individus et un monstre mécanique. Cela fait déjà un moment que le réalisateur coréen envisageait ce projet d'adaptation ; cette longue attente a fini par prendre fin et en valait la peine puisque Bong Joon-Ho met la main sur un budget confortable avoisinant les 40 millions de dollars. Et pour mener à bien cet ambitieux projet, il s'offre même un casting international.

La bande-dessinée écrite par Jacques Lob et illustrée par Jean-Marc Rochette en 1982, puis reprise par le scénariste Benjamin Legrand à partir de 1999, possédait à l'origine quelques similitudes assez éloquentes avec les romans de Georges-Jean Arnaud, La Compagnie des Glaces. Ainsi entre la bande-dessinée du Transperceneige et les romans de Arnaud (constitués de 98 épisodes commencés en 1980), on retrouve un univers tournant autour d'une ère glaciaire, avec un aspect « ferroviaire » - un train dans un cas, une compagnie de l'autre - et un peuple vivant sous le régime d'une dictature. N'ayant pas lu les œuvres concernées je n'irai pas plus loin dans les comparaisons, mais cela demeure troublant. Par conséquent, le Snowpiercer de Bong Joon-Ho peut donner l'impression de s'inspirer aussi de cette série de romans (il faut bien une compagnie ferroviaire pour entretenir le chemin de fer, non ?). Reste que sur le fond cette œuvre cinématographique colle à son réalisateur (cela même s'il s'est associé pour mener à bien ce projet à Park Chan-Wook, ici producteur) : on retrouve un mélange de ton oscillant entre drame et humour et un portrait de petites gens en proie avec un système social apparaissant comme ridicule et fragile. En fait, Bong Joon-Ho semble beau mélanger les genres, la patte, le style et certaines thématiques demeurent. Et c'est justement ce qui constitue la force principale du cinéaste. Certes le "bestiaire" avec certains personnages complètement farfelus n'est pas sans évoquer un esprit « Terry Gilliam » (John Hurt qui incarne un personnage nommé Gilliam : clin d'œil ?), mais, au final, la patte de celui qui a signé le fabuleux Memories of Murder s’impose vraiment sur toute la durée du métrage.

Remarquablement mis en image par Bong Joon-Ho et son directeur de la photographie Kyung-Pyo Hong (Frères de sang, 3 histoires de l'au-delà), le film captive notre attention durant deux heures. Il nous fait gravir via un train la hiérarchie d'un microcosme social, explorer cette société sous son aspect le plus primitif, et remplit ses wagons de métaphores - même si, structurellement, on peut s'interroger sur le côté pratique de la construction du Train. En fait, soyons honnêtes, il n'y en a pas, le Train en question étant au final plus une symbolique qu'autre chose. Mais peu importe, puisque l'art aussi de Bong Joon-Ho est d'apporter aussi assez de rebondissements et de semer suffisamment de graines pour que le spectateur regarde là ou il le souhaite et, surtout, nous invite à réflexion dans certains endroits précis du film. Et si le fond sur la prédétermination sociale pourrait être perçu comme assez semblable à Elysium de Neill Blomkamp (sorti lui aussi il y a peu), on ne joue pas dans la même catégorie. On touche avec Snowpiercer la science-fiction de haut niveau, rappelant les grandes œuvres du genre (surtout celles des années 70) tout en profitant d'un esthétisme moderne. Bref, c'est habile, c'est subtil, on est face au travail d’un vrai conteur d'histoire qui sait ce qu'il veut. On se retrouve devant un mixe parfait entre film indépendant et blockbuster. D’un côté, il y a assez de rebondissements et de séquences spectaculaires pour captiver le public, de l'autre cet esprit créatif, audacieux, déboussolant, rappellera que l'on est devant une production qui ne caresse pas pour autant dans le sens du poil.

Le casting fait lui aussi dans le registre de l'exceptionnel. En premier lieu ; un Chris Evans complètement méconnaissable et aux antipodes de son image du Captain America ; aminci, barbu, sale, l'acteur se révèle particulièrement subtil dans son jeu avec, il faut le dire, la chance de profiter d'un personnage plutôt bien écrit. À ses côtés Jamie Bell (Billy Elliot, Tintin), Octavia Spencer (Jusqu'en enfer), Kang-Ho Song (un habitué du réalisateur) et John Hurt (1984) ne déméritent pas, même si c'est bien Tilda Swinton (We Need to Talk About Kevin) qui marquera les esprits par la démesure et la froideur de son personnage fourbe et décalé. Il y a juste peut-être un petit regret autour du personnage de Yona interprété par Ko Ah-seong (The Host) qui occupe une grande place dans l'intrigue et qui pourtant n'est pas particulièrement développé et n'évolue que très peu par rapport à sa situation de départ.

Côté sonore, on évoquera le travail de Marco Beltrami, qui après une traversée du désert en terme de création, retrouve l'inspiration et accompagne le film d'un thème plutôt accrocheur et qui colle à merveille aux images de Bong Joon-Ho.

85

Snowpiercer, Le Transperceneige, est donc indéniablement une pièce maitresse de la SF, une réussite à ajouter dans la filmographie de Bong Joon-Ho. Alors, certes, certains choix pourront déplaire - le film ne caresse pas toujours dans le sens du poil. Il n'empêche que voir un film de science-fiction post-apo faisant preuve d’autant d'ambition, de maîtrise et, de plus, qui ne prend pas le spectateur pour un idiot, ça ne se boude pas. Au contraire, on se précipite pour le voir, alors go, go, go !!

Critique de publiée le 13 septembre 2013.

Que faut-il en retenir ?

  • L'ambiance du film.
  • Les acteurs.
  •  

Que faut-il oublier ?

  • Certains choix de réalisation pourront déplaire.

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