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Critique du Film : Morituris - Legions of the Dead
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Critique du Film : Morituris - Legions of the Dead

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 10 avril 2013 à 2309

Tu aimes les films de gladiateurs?

Quand Morituris s’ouvre sur un défilé d’images d’archives aux tons sépia, l’on se dit «merde, je suis encore tombé sur un found footage à deux balles!».  Dans ce long prégénérique, on voit une famille se promener dans la campagne italienne et s’installer gentiment pour un pique-nique (bouteille de vin rosé, saucisson, nappe à carreaux, papa qui lit le quotidien local, et tout le tintouin). Un peu endormi par cette entame à la Tavernier du pauvre, notre instinct bisseux se voit électrisé quand l’un des adultes de la famille, un pervers en nette surcharge pondérale (cliché du gros libidineux à moustache), s’éloigne du groupe pour s’isoler avec une gamine à couettes. Soudain, alors que son comportement louche ne laisse plus aucun doute sur ses intentions, le pervers voit son approche interrompue par le tranchant d’un braquemard rouillé manipulé par un gladiateur poussiéreux. Par le biais d’une caméra subjective qui n’est pas sans évoquer les slasher des années 80, l’on apprend ensuite que le mystérieux tueur ne se pose pas comme un justicier équarrisseur de pédophiles puisqu’il massacre, sans distinction, toute la famille - sans toucher au saucisson, quel manque de goût!.. Fondu au noir et générique (un slide-show qui nous décrit une révolte des gladiateurs de Spartacus et leurs exactions sur la population romaine).

Quand le film reprend le cours de l’histoire, l’on est un peu soulagé de constater que Raffaele Picchio (un jeune réalisateur dont Morituris est le premier long métrage) revient à une méthode narrative traditionnelle... avant d’être refroidi par la vision d’une mise en place qui pue le cliché. La caméra se fixe en effet sur un quintet de jeunes gens (trois jeunes étudiants BCBG et deux chaudasses en voyage touristique) en route pour une rave party. Allusions graveleuses, sourires aguicheurs, pose pipi et partie de football improvisée... Bref, le script enchaine les poncifs des entames de film d’horreur pour ado. Puis, ces jeunes crétins chauds comme de la braise s’égarent dans les bois et décident de s’installer autour d’un feu de camp,  pour descendre des bières, fumer des joints et forniquer. Classique. En soupirant, l’on se dit alors que ces représentants d’une jeunesse décadente vont être traqués et massacrés par les gladiateurs présentés quelques minutes plus tôt. Que nenni! A la nuit tombée, le film prend brusquement une orientation inédite: celle du torture porn! Les personnages masculins dévoilent avec une extrême violence leur vraie nature et des horribles intentions, les mêmes qui animaient Alex DeLarge et ses droogies dans Orange mécanique.  Et l’on est alors ravi de constater que Raffaele Picchio nous a roulés dans la farine pendant près d’une demi-heure. Certains trouveront trop longue cette entourloupe, moi, je dis «bien joué!»

La suite est, bien entendu, plus convenue. Un torture porn reste un torture porn et Morituris de déroge pas à la règle. C’est rude et basique, et ça sent le déjà-vu. Le cinéaste a cependant le cran d’aller assez loin dans les plans trashs, les jeunes femmes naïves subissant mille maux devant une caméra souvent impudique. Les dialogues, très crus, choquants, tous comme les cadrages (gros plans sur les visages des jeunes psychopathes, aux sourires cruels et aux regards plein de vice) ajoutent un niveau d’efficacité à cette sensation de malaise accompagnant toujours (du moins quand le film est réussi) ce processus cathartique que d’aucun jugerait douteux. Un ressenti appuyé par les choix de réalisation de Raffaele Picchio qui, en évitant de faire dans la surenchère splatter façon Hostel, entretient un réalisme très efficace, assez proche de films comme La dernière maison sur la gauche ou Oeil pour Oeil- même si Morituris n’est pas un Rape and Revenge. Chaque coup de pied, de poing et de... bite encaissé par les pauvres filles n’en a que plus d’impact.

Et les gladiateurs là-dedans? me direz-vous. Eh bien, en fait, c’est eux qui vont mettre un terme au martyr des deux jeunes suppliciées. Mais avant d’intervenir, pendant une bonne demi-heure, ils ont l’amabilité de nous laisser satisfaire nos penchants voyeuristes et sadiques (eux, ils voient la vie en rouge. Quid ?). Enfin, dans le dernier tiers du film, profitant que l’une des filles ait réussi à échapper aux griffes de ses tortionnaires, ils décident de rejoindre la fête. Les personnages interprétés par Valentina D’Andrea et Désirée Giorgetti ne seront pas sauvés pour autant. Comme l’on a pu le découvrir dans le prégénérique (qui, en fait, n’a aucune autre fonction que nous fournir cette information), les morts-vivants ne font aucune distinction entre victimes et bourreaux. Pour eux, créature damnées pour leurs actes passées, sortes de résurgences antiques des templiers morts-vivants d’Amando de Ossorio, tout ce qui est vivant doit être sacrifié. De la manière la plus brutale possible. Et une femme nue et tuméfiée courant dans les bois convient tout à fait à leur ordinaire. Cette manière d’agir, mêlant slasher et survival, amènera durant la dernière heure quelques plans assez sympathiques comme, par exemple, une crucifixion à l’ambiance gothique tout à fait convaincante et un empalement assez saisissant. Par contre, pour ce qui est de ces tueurs implacables et froids (contrastant avec les psychopathes, surexcités), force est d’admettre qu’ils apparaissent comme des personnages de slasher assez communs, en version poussiéreuse. En fait, virez le masque de hockey de Jason et remplacez-le par un casque de rétiaire, et vous aurez une bonne image de ces créatures mortes vivantes.

Concernant la cohérence du récit, si, dans l’ensemble, le déroulement de l’intrigue suit une logique de trame, Morituris ne manque toutefois pas de séquences peu justifiées, voire gratuites (toute la partie qui matérialise les actes terribles du pote resté à la maison n’apporte strictement rien à l’intrigue). Heureusement, si Raffaele Picchio tombe parfois dans le piège du plan racoleur et de la digression, il a le mérite de le faire avec talent, avec le soutien d’un chef la photo en général assez inspiré (on regrette parfois une image trop sombre). Ainsi, le passage le plus réussi du métrage n’a rien à voir avec l’intrigue principale et consiste en une saisissante séquence de torture où un psychopathe nu et masqué introduit un rat dans le vagin d’une victime entravée avec, en toile de fond, un extrait e Des vierges pour le bourreau de Massimo Pupillo. Une imagerie erotico-horrifique qui renvoie à la grande époque du bis italien. Inutile, certes, mais visuellement réussi.

Pour l’aider à la bonne tenue des morts-vivants, Raffael Picchio s’est fait assisté par l’un des meilleurs spécialistes italiens du genre, Sergio Stivaletti. Et c’est vrai qu’ils ont belle allure, ces grands gaillards en couches culottes! Ainsi, même si leur intervention amène définitivement le métrage sur des sentiers plus balisés, leur design réussi, les bons effets de maquillages et la violence qui accompagnent leurs agissements nous empêchent de relâcher notre attention. Ce travail sobre (la production n’avait pas des millions d’euros à investir dans les FX), traditionnel (peu d’appel au numérique) et appliqué, ajouté au jeu extrême des comédiens (mention spéciale pour les deux actrices, très convaincantes), accouche de scènes vraiment fortes, comme lorsqu’un des gladiateurs immobilise, tel du bétail, une des femmes en clouant sa main contre un mur, avant de partir en quête de nouvelles proies. Impressionnant. 

La conclusion de

Morituris n’est pas le film d’horreur de l’année, ni même celui du mois. On retrouve trop, à travers les plans, des images déjà vues par ailleurs. De plus, en raison d’un budget étriqué, Raffaele Picchio a dû se contenter du minimum syndical et, bien évidemment, le film s’en ressent. Ainsi, par exemple, en place et lieu d’une légion de gladiateurs damnés, il ne peut nous offrir qu’un modeste quatuor de morts-vivants. Par contre, force est de dire que son scénario mêlant avec malice les genres, sa violence assumée, sa réalisation appliquée et l’implication des comédiens suffisent à rendre le métrage digne d’intérêt. Une (petite) bonne surprise.

Que faut-il en retenir ?

  • Un scénario malin
  • Un torture porn bien violent
  • Une réalisation parfois inspirée
  • Des comédiens impliqués

Que faut-il oublier ?

  • Un manque de moyens évident
  • Assemblage futé d’idées assez communes
  • Un récit qui s’égare un peu

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