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Critique du Film : Universal Soldier : Le Jour du jugement
Universal Soldier : Le Jour du jugement >

Critique du Film : Universal Soldier : Le Jour du jugement

Avis critique rédigé par Jonathan C. le dimanche 9 décembre 2012 à 1750

Programmés pour tuer

UniSol4 affiche

Après la petite claque de Universal Soldier: Regeneration, qui surprenait par ses combats brutaux, son atmosphère sombre et clinique, la virtuosité de sa mise en scène et la réappropriation sérieuse de la mythologie Universal Soldier et de ses protagonistes (Luc Deveraux et Andrew Scott y sont devenus des machines à tuer fatiguées ressorties du placard pour une mission-suicide), John Hyams, fis de Peter Hyams (qu'on ne présente plus), récidive avec un Universal Soldier complètement différent des précédents, d'une noirceur et d'une violence étonnantes auxquelles même les trailers ne nous avaient pas préparé. Comme dans le précédent opus, Universal Soldier 4 : Day of Reckoning s'ouvre sur un plan-séquence, pour une intro choc en caméra subjective qui évoque le home invasion movie et particulièrement l'espagnol Kidnappés. Mais on est alors plus proche du thriller aux airs de fantastique que du pur film d'action comme l'était Universal Soldier: Regeneration.

Écrit par John Hyams et Moshe Diamant (fidèle producteur des films de Van Damme), Universal Soldier 4 : Le Jour du jugement est au premier abord très difficile à resituer dans l'univers de la saga. On y retrouve la plupart des personnages de Universal Soldier: Regeneration, le même casting (même le fiston Van Varenberg revient faire coucou alors qu'il meurt dans le précédent volet), pourtant ça n'est pas vraiment une suite ni une préquelle. Le terme UniSol y est à peine évoqué, tandis que Jean-Claude Van Damme et Dolph Lundgren semblent tenir des rôles complètement différents qu'auparavant. Luc Deveraux (un Van Damme en transe et particulièrement inquiétant) y serait le gourou d'une sorte de milice séparatiste entrainée par Andrew Scott (Dolph Lundgren, en roue libre totale), secte d'UniSols planquée dans la forêt comme l'armée de Marlon Brando dans Apocalypse Now (d'ailleurs Van Damme s'est aussi rasé le crâne et peint le visage pour l'occasion). En marge du gouvernement qui les a autrefois créée, ces Universal Soldiers déchus préparent une nouvelle armée pour mener leur rébellion. C'est ce que découvre John (Scott Adkins) en enquêtant sur l'assassinat de sa famille par Luc Deveraux, tout en étant traqué par un UniSol tenace (Andrei « The Pitbull » Arlovski, déjà bad guy du précédent opus mais cette fois avec la barbe). Dans sa quête de vengeance, il découvrira aussi ce qu'il est, ce qu'il a été et ce qu'il est censé faire, bref : qu'il fait partie d'un mystérieux programme.

Scott Adkins et Krystof Van Varenberg

Très en phase avec son sujet (expériences, cobayes, contrôle de l'esprit et de la psyché...), John Hyams réalise un film très étrange et sauvage, un Universal Soldier sombre, psychologique et quasi-expérimental, renvoyant même parfois à la science-fiction ésotérique des années 70 mais aussi aux thrillers d'espionnage américains de cette même période (des films comme Marathon Man, A Cause d'un assassinat ou, plus loin dans le temps, le Un Crime dans la tête de John Frankenheimer), un cinéma qui avait déjà fortement influencé le Hyams père. L'esthétique fait d'ailleurs très années 70 (jusque dans les véhicules), et on est loin de l'imagerie high-tech et futuriste jusqu'ici propre à la saga. Universal Soldier 4 : Day of Reckoning s'affranchit des codes précédemment instaurés, établit une rupture totale, brûle son cahier des charges et pose de nouvelles bases sur ces cendres, bien qu'on y trouve quand même des UniSols (dont les vétérans Dolph Lundgren et Van Damme) qui se mettent sur la gueule, c'est la moindre des choses. L'atmosphère est lourde, les dialogues sont rares (Andrei Arlovski et Van Damme ont, à eux deux, même pas 3 répliques !) et le récit est lent, lancinant, traversé de flashbacks et d'éclairs de violence. Universal Soldier 4 : Le Jour du jugement dure deux heures, ce qui, pour un « DTV » d’action, est assez exceptionnel ; mais hormis quelques longueurs/langueurs, on se laisse tranquillement emporter dans ce déferlement de violence physique et psychologique qui attise sans cesse notre curiosité et va à l'encontre de toutes nos attentes vis-à-vis du produit vendu. Pendant les trois quarts du film, on ne sait absolument pas ou John Hyams veut nous mener, osant l'abscons, le mystère et la confusion, refusant le piège des longues explications (il n'y en aura jamais vraiment ici, puisque le réalisateur fait en sorte que le spectateur comprenne par lui-même). Même les scènes dialoguées semblent déphasées et irréelles (par exemple l'entretien sordide avec le patron défiguré, l'interrogatoire à l'hôpital ou la rencontre entre Scott Adkins et son double). Contre toute attente, le spectateur est plongé en plein film noir (l'atmosphère, l'enquête, les rencontres étranges, le rythme, les décors urbains...), sorte de Faucon Maltais ou de Grand Sommeil à la sauce Universal Soldier. Encore plus étonnant, cet Universal Soldier évoque les travaux de Gaspar Noé ou de David Lynch (traitement sensoriel, ambiance grondante, introspection planante, expérimentations narratives et formelles…), ou même le Total Recall de Paul Verhoeven. Loin des musiques électro banales des DTV d’action, la bande-son est ici discrète, entêtante, sourde et menaçante, composée au synthé comme dans Universal Soldier: Regeneration, sur lequel John Hyams citait les travaux sonores atmosphériques de John Carpenter, Cliff Martinez et Tangerine Dream avec l’intention de « revenir aux grandes BO de synthé des années 80 ».

Scott Adkins et Mariah Bonner

Si le cinéaste adopte deux points de vue (celui de Scott Adkins et celui d'Andrei Arlovski), le spectateur est dans la peau et la psyché du héros John/Scott Adkins (ce n'est pas pour rien que John Hyams utilise souvent la caméra subjective), complètement paumé, au point de se retrouver face à un double de lui-même (à la Van Damme). D'abord vague, l'intrigue se révèle en réalité complexe, puis précise et, avec du recul, finalement simple, même si toutes les réponses ne sont pas données. Entre enquête, quête identitaire et vigilante, le parcous du héros est parsemé d'épreuves et d'énigmes, une avancée finalement aussi classique que vidéoludique mais sans cesse bousculée avec violence, jusqu'aux effusions gores. John Hyams n'a pas peur des débordements et des excès. Il va même plus loin en confectionnant un Universal Soldier sale, extrêmement glauque et agressif, au point d'en faire une sorte de cauchemar live peuplé de monstres (cf. le directeur défiguré très cronenbergien ou les personnages délirants campés par Andrei Arlovski, Van Damme et Lundgren) et d'atrocités (femmes sauvagement exécutées dans leur plus simple appareil, fillette ou vieille tuées d'une balle dans la tête, corps déchiquetés par les lames et les balles, hurlements, visions macabres...). Tous les personnages sombrent inéluctablement (puisqu'ils sont conditionnés ainsi) dans une sauvagerie animale, allégorie homme/bête soulignée à plusieurs reprises (cf. le patron qui compare son chien à Scott Adkins ou les UniSols qui massacrent par réflexe l'un des leurs). Il y a là une folie inquiétante, une démence rare dans le film d'action de série B, virant ici à la boucherie sans concessions. Universal Soldier 4 : Day of Reckoning existe dans une version « normale » déjà bien gratinée, mais aussi dans une version unrated d’une incroyable barbarie qui supprime notamment les hors champs des mises à mort (par exemple dans la version « censurée » on ne voit pas la tête d’Andrei Arlovski exploser ni les impacts sur les prostituées abattues par ce même Arlovski dans la séquence du bordel).

Scott VS Dolph

Ce traitement, franchement audacieux dans un Universal Soldier (au point de ruiner les chances qu'avait le film de sortir en salles), n'empêche pas John Hyams de trousser des séquences d'action foudroyantes et intenses : le carnage dans le bordel ou un Andrei Arlovski habité trucide UniSols et putes (une séquence hardcore qui n'est pas sans évoquer le carnage dans le commissariat du premier Terminator) dans un summum de brutalité qu'on ne retrouvera que dans le final, l'affrontement à la hache dans l'appartement entre Scott Adkins et Andrei Arlovski (qui saccagent tout le décor, couvrent les murs de sang et s'automutilent), un gros morceau de bravoure central constitué d'une course-poursuite old school en voitures (mais celle au début de Universal Soldier: Regeneration était bien plus nerveuse et explosive) puis une énorme baston (d'autant plus jubilatoire que le héros y découvre sa puissance) entre Scott Adkins et Andrei Arlovski dans un magasin de sport (donc : plein d'armes potentielles à utiliser !), et enfin un climax tout simplement monstrueux ou un Scott Adkins enragé comme jamais dézingue à lui-seul tous les soldats de la milice dans la grotte, affronte Dolph Lundgren dans une armurerie (une séquence archi-jouissive et ultra-violente de laquelle le pauvre Dolph ressort en sale état) puis Jean-Claude Van Damme dans une chapelle (un combat lui aussi extrêmement brutal, quoique plus classique), le héros terminant sa course sanglante couvert de sang et d'entailles.

Outre sa violence outrancière, le final est porté par une belle idée qui porte elle-même le film : le héros décide de croire en ses souvenirs artificiels et de mener sa vengeance jusqu'au bout (car c'est aussi un vigilante) comme s'il les avait réellement vécus, comme s'il avait perdu une vraie famille. Universal Soldier : Day of Reckoning traite de la mémoire, de la conscience et des souvenirs (le film se clôture sur ça), qui se révèlent être les seuls et vrais composantes d'une identité ; le héros John, prototype du prénom anonyme, n'existe que par les souvenirs qu'on lui a fabriqué et qui deviennent vrais parce qu'il décide de les croire. Plus riche que ce à quoi on pouvait s'attendre, ce quatrième Universal Soldier fustige aussi l'idée et le système de l’endoctrinement, nourri par une Amérique rongée par la peur et la paranoïa post-11/09/2001. Il y a ici autant d’allusions aux sectes qu’à l’Armée ou au terrorisme. Le thème du mensonge (complot, manipulation, falsification, imposture...), très présent dans le cinéma américain post-Watergate des années 70, était déjà une composante importante du cinéma de Peter Hyams (des films comme La Nuit des Juges, Presidio ou Capricorn One étaient entièrement centrés autour de cette idée), et son fils semble se diriger dans cette continuité. La fin ironique achève de faire de Universal Soldier 4 un film bien plus intelligent, subversif et malin qu’il n’en a l’air.

Van Damme VS Adkins

Toujours tourné en steadycam et en Red comme le précédent volet, Universal Soldier 4 : Day of Reckoning impressionne de nouveau par sa mise en scène, à la fois planante et imparable, certaines séquences étant entièrement constituées de plans-séquences en stead (cf. le carnage final dans la grotte, qui évoque un beat them all en 3D). Pas un plan à jeter, l'ensemble est parfaitement découpé, superbement photographié (c'est très stylisé), et l'action est d'une formidable clarté. Malgré un abus de ralentis-accélérés pendant les combats (ce qui participe paradoxalement au trip sensoriel), ces derniers sont d'une redoutable efficacité, cadrés le plus souvent en plan large dans un Cinémascope efficacement exploité. On est loin du surdécoupage ou du montage à la serpe de nombreuses productions du même genre, ce que le réalisateur expliquait ainsi dans le commentaire audio de Universal Soldier: Regeneration : « J’ai toujours pensé que plus on peut relier le tireur et la victime, plus ça a de la force. Il n’y a rien que je déteste plus au cinéma que de voir un type sur un terrain de basket, le voir shooter en gros plan pour passer au gros plan du panier et voir le ballon entrer, c’est le genre de triche au montage que même les spectateurs remarquent. C’est mieux d’avoir le plan du type qui tire et marque dans le même plan ». Dans ce même souci d'authenticité à l'ancienne, il y a très peu de CGI et les cascades sentent le vrai (cf. la course-poursuite en voitures, toute droit sortie d'un polar des années 70).

Sur le tournage du précédent volet, John Hyams avait efficacement été conseillé par son père Peter Hyams, qui officiait au poste de chef opérateur. Pour Universal Soldier 4 : Day of Reckoning, John Hyams a embauché un jeune chef opérateur qui a travaillé sur Alpha Dog, Re-Kill, Saw, Profanations, Infectés ou Never Back Down 2: The Beatdown et qui, comme Peter Hyams sur le précédent opus, construit une image évoquant beaucoup le cinéma des années 70, les contrastes en plus. Dans les deux Universal Soldier de John Hyams, l'histoire passe plus par les images que par les dialogues. Très inspirée, la réalisation est avant tout sensorielle, illustrant une immersion/exploration mentale saisissante et envoutante (cf. l’avancée en steadycam sur le fleuve jusqu’au repaire des mercenaires, encore un gros clin d’œil à Apocalypse Now). John Hyams est décidément, à l'image d'un Isaac Florentine ou d'un Gareth Evans et pour son troisième film seulement (après Universal Soldier: Regeneration et Dragon Eyes), un petit maitre de l'action, mais il est aussi très doué pour magnifier ses action-stars dans des plans archi-iconographiques et pour poser une ambiance, même si son décor est cette fois moins impressionnant (disons plus commun) que la centrale abandonnée de Universal Soldier: Regeneration. Comme Isaac Florentine ou Gareth Evans, John Hyams parvient à assurer un maximum le spectacle avec un budget moindre (cet opus a même couté moins cher que le précédent, 12 millions contre 14), sans jamais tomber dans le cheap. Il faut préciser que le film a été tourné en 3D (c'est encore plus surprenant vu son budget) mais n'aura été projeté ainsi qu'une ou deux fois aux États-Unis, après quoi l'exploitation en 3D a complètement été abandonnée (en même temps que l'exploitation en salles), peut-être à cause de sa noirceur et sa violence, ou de passages stroboscopiques déstabilisants à déconseiller fortement aux épileptiques.

Dolph Andrew Scott

Les Universal Soldier de John Hyams sont définitivement plus sombres et plus psychologiques que les deux premiers opus de la saga, qui étaient plus cartoonesques et festifs. Ici, ça rigole pas. Mais le cinéaste y enchaine les affrontements homériques et « expendablesiens » grâce à un casting musclé (les retrouvailles entre Van Damme et Lundgren dans Universal Soldier: Regeneration étaient aussi brèves que dévastatrices), avec le crédo de « prendre de l’action crédible et réaliste pour l’appliquer à des êtres surhumains » (dixit John Hyams). Les rencontres entre Scott Adkins et Andrei Arlovski sont particulièrement impressionnantes (le combat dans le magasin de sport est anthologique !), le duel Scott Adkins/Dolph Lundgren marque par sa fulgurance et son humour trash (« That’s the spirit, soldier ! »), et le combat final entre Scott Adkins et Jean-Claude Van Damme est plus classique mais aussi intense. Quoique radicalement différent des précédents, ce quatrième opus officiel (les deux DTV avec Jeff Wincott sont à part) retrouve en partie le coté traque urbaine du film de Roland Emmerich, le héros et une nana (ici la toute menue Mariah Bonner, aperçue dans The Social Network) étant poursuivis par un UniSol proche du Terminator (cf. le carnage du bordel évoquant Terminator ou la poursuite en camion/shotgun à la Terminator 2) ici joué par Andrei « The Pitbull » Arlovski, puissant combattant de l’UFC qui campe de nouveau une sorte d’UniSol boogeyman particulièrement coriace, comme dans Universal Soldier: Regeneration (ça pourrait d'ailleurs tout aussi bien être le même personnage). Universal Soldier 4 est interprété par trois bad guys des Expendables ; en un sens, c'est un bon indicatif pour mesurer le degré de méchanceté et de "couilles-attitude" qui l'anime.

Dolph UniSol4

Depuis le début des années 2000, Jean-Claude Van Damme a cherché à se faire respecter en tant qu'acteur, à prouver ses capacités « d'acting », se tournant ainsi vers des rôles beaucoup plus sombres et plus complexes, notamment grâce à sa rencontre avec Ringo Lam qui a donné lieu aux très bons Risque Maximum, Réplicant et In Hell. Van Damme affirme cette volonté et cette nouvelle orientation dramatique avec des films comme Trafic Mortel, Jusqu'à la mort, JCVD, L'empreinte de la mort, Assassination Games, Six Bullets et les deux derniers Universal Soldier, qui en font une figure psychologique instable, ambiguë donc dangereuse. Ses rôles sont désormais hantés par la mort. Avec Universal Soldier 4, il a l'audace de transformer notre héros d'autrefois Luc Deveraux (qui s'était déjà bien assombri dans Universal Soldier: Regeneration) en un bad guy ignoble, inquiétant et impitoyable qui, dés sa première apparition, abat une femme et sa fille à bout portant ; le ton est donné, Van Damme incarne une ordure illuminée, qui n'est pas sans évoquer le serial-killer qu'il jouait dans Réplicant. Comme dans Universal Soldier: Regeneration, Jean-Claude Van Damme y parle peu, mais sa tronche burinée et cabossée, avec laquelle il joue à merveille depuis quelques années, le rend de plus en plus charismatique et magnétique, ici flippant comme jamais. Après Karaté Tiger, L'Arme Absolue, Réplicant, Expendables 2 et bientôt le Enemies Closer de son fidèle Peter Hyams, l'acteur belge confirme qu'il est très à l'aise dans les rôles de méchants, mais aussi qu'il a toujours été attiré par la science-fiction (Cyborg, Réplicant, Timecop, les Universal Soldier...). Saluons aussi son audace d'accepter un second rôle aussi peu reluisant, mais sacrément mémorable. Désormais lui aussi fidèle à Jean-Claude Van DammeJean-Claude était mon héros quand j’étais gosse »), John Hyams avait déjà confié à sa star fétiche un second rôle aussi furtif que marquant (et spirituel) dans Dragon Eyes, qui mettait également en vedette un autre illustre combattant du MMA, Cung Le.

Andrei Arlovski VS Scott Adkins

Ancien fighter de MMA devenu aujourd'hui l'une des action-stars les plus prometteuses du cinéma d'action américain, Scott Adkins est souvent resté dans l'ombre de Jean-Claude Van Damme, incarnant un adversaire coriace (Trafic Mortel), un collègue tueur à gage (Assassination Games) ou un homme de main (Expendables 2), rien qui ne lui permette de vraiment démontrer ses incroyables capacités physiques, à l'inverse des films dont il a tenu le premier rôle (Undisputed 3 ou Ninja). Mais cette fois, les rôles sont inversés : Scott Adkins campe le héros et Van Damme le méchant, les deux hommes s'affrontant pour la troisième fois (après Trafic Mortel et Assassination Games), ici dans un combat surréaliste, Adkins recouvert intégralement de sang et Van Damme le visage mystérieusement peinturé (ce qui permet par ailleurs de faciliter l’intervention de sa doublure). Quand à Dolph Lundgren, autre fidèle partenaire à l'écran de Jean-Claude Van Damme, il s'amuse encore une fois avec ce personnage d'UniSol bourrin et toujours aussi à l'Ouest, incarnant comme dans l'opus précédent plus une idée qu'un personnage. Son affrontement contre Scott Adkins dans l’armurerie est sans doute le passage le plus jubilatoire du film, comme l'était son duel contre Van Damme dans Universal Soldier: Regeneration.


Jean-Claude Van Damme, Dolph Lundgren et Andrei Arlovski sont complètement habités par le délire, touchant à l'interprétation mystique et hallucinée (Nic Cage aurait aimé), tandis que Scott Adkins livre la meilleure prestation dramatique de sa carrière (ce qui n'était tout de même pas bien dur) tout en assurant des chorégraphies toujours aussi impressionnantes, à la fois spectaculaires et d'un réalisme saisissant. Actioner de fou furieux, sauvage, viscéral et schizophrène, Universal Soldier 4 : Day of Reckoning est un film noir et thriller d'action/SF hors-normes, même dans le rayon pourtant varié du DTV. Au final, si l'on excepte les téléfilms officieux avec Jeff Wincott et le nanardesque Universal Soldier : Le combat absolu (à voir tout de même pour son duel Jean-Claude Van Damme VS Michael Jai White) qui avait pourtant eu le droit à une sortie en salles, la saga Universal Soldier a de la gueule, chacun des films ayant sa propre personnalité. Et cet Universal Soldier : Le Jour du jugement a un sacré caractère !

Scott Adkins

Dolph Lundgren

Van Damme

 

La conclusion de

Aujourd’hui, pour voir les bons films d’action, il faut de plus en plus se tourner vers le « DTV », terme devenu fourre-tout, vague et péjoratif. Pourtant, malgré le label DTV et le nom d’Universal Soldier, Universal Soldier 4 : Day of Reckoning est un vrai film de cinéma, un film noir psychologique déguisé en thriller d’action/SF, et vice-versa. Le plus que prometteur John Hyams, sur les traces de son père, s’affranchit des codes d’une saga décervelée mais fun qu’il avait déjà relancé/dynamité avec son très efficace Universal Soldier: Regeneration. Avec ce quatrième Universal Soldier, quelque part entre le cinéma d'auteur et l'actioner d'entertainment, il se démarque non seulement des autres opus, mais aussi des DTV d’action standards, convoquant à la fois les deux premiers Terminator, Apocalypse Now, la science-fiction ésotérique des années 70, le thriller d’espionnage américain des années 70, le film noir des années 40, Gaspar Noé, David Lynch, Cronenberg, etc. Le résultat, ambitieux, quasi-expérimental et libéré des contraintes d'une sortie en salles, est surprenant, atypique, impressionnant et viscéral, d'une terrible noirceur et complètement perché. Par rapport au produit vendu, c'est même osé et assez novateur. Cet uppercut aussi physique que psychique contient quelques morceaux de bravoure mettant à rude épreuve Scott Adkins, Jean-Claude Van Damme, Dolph Lundgren et Andrei Arlovski, tous plus iconisés que jamais, et marque aussi par son ambiance anxiogène, son rythme hypnotique, ses fulgurances, son ultra-violence, sa bestialité, son style aussi sobre que percutant, sa mise en scène imparable et inventive, l’audace de son traitement et de ses partis-pris. C'est une expérience unique et singulière, sorte de trip mystico-sensoriel bourrin, dérangeant, éprouvant mais jubilatoire, véritable électron libre au rayon DTV et dans le cinéma d'action. On en ressort sonné et avec une furieuse envie de le revoir.

Que faut-il en retenir ?

  • Une nouvelle orientation audacieuse et radicale
  • Des affrontements d'anthologie, puissants et intenses
  • Une esthétique inspirée, old school et stylisée
  • Un quatuor d'action-stars totalement imprégné

Que faut-il oublier ?

  • Quelques longueurs
  • Scott Adkins se rince trop souvent le visage au lavabo (je n'ai pas su quoi mettre d'autre dans cette rubrique)

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