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Blind Alley >

Critique du Film : Blind Alley

Avis critique rédigé par Jonathan C. le mercredi 14 novembre 2012 à 23:59

Laundry Day

Blind Alley affiche

A l'occasion de la seconde édition du Paris International Fantastic Film Festival dés le 16 novembre prochain, retour sur un des films de la sélection 2011. Un an après sa projection au Gaumont Opéra, l'espagnol Blind Alley n'est toujours pas sorti, que ce soit en France ou ailleurs.

Rosa (Ana de Armas), femme de ménage qui se prépare à passer un casting dans l'espoir de devenir une vraie actrice, fait l'erreur d'entrer, la nuit tombée, dans un lavomatic sombre au fond d'une impasse sordide. Quelle mauvaise idée ! Lorsque fait irruption un individu patibulaire qui pourrait être le cousin de Ben Willis dans les Souviens-toi... l'été dernier, un jeune homme (Jeff Gum) vient au secours de la demoiselle en détresse. Mais la nuit de cauchemar ne fait que commencer.

Ana de Armas

ci dessus : la belle et innocente Ana de Armas

ci dessous : la même, une heure plus tard

Blind Alley sexy

Le scénario de Blind Alley devait au départ être celui d'un épisode des Masters of Horror réalisé par Guillermo Del Toro. Après le désistement de ce dernier, le scénariste de L'Echine du Diable et de Agnosia reprend le pitch et en fait finalement son premier film en tant que réalisateur (après s'être fait la main à la télévision), sous la bienveillance des producteurs de Insensibles, des Yeux de Julia ou de Intruders ; il n'a pas grand-chose à ajouter pour transformer un téléfilm de 50 minutes en un long-métrage de 75 petites minutes (génériques compris). Mais Blind Alley souffre justement de 20 minutes en trop, et on croirait qu'il dure bien plus longtemps que ses 1h15. Si la machine tourne à vide pendant ce laps de temps (il ne s'y passe pas grand-chose) et ne rassure pas dans ses premières minutes (ennuyeuses et laides), Blind Alley va crescendo et ne manque pas d'intérêt pour qui sait le prendre pour ce qu'il est.

Presque 1h15 dans un lavomatic et dans sa petite ruelle, c'est le postulat de Blind Alley (en VO El Callejon, soit : "l'impasse"), qui se pose ouvertement en pastiche de giallo. Le surprenant générique de début, délicieusement kitsch, est très clair sur les intentions esthétiques du film : c’est un délire pop, charmant, rétro, rigolard, délicieusement pulp et seventies, citant notamment Dario Argento ou Mario Bava mais aussi Jess Franco et Brian De Palma (surtout Pulsions et Soeurs de Sang). Le style est baroque, bariolé, saturé et débullé, contenu dans une photo soignée de Javier Salmones (le chef opérateur de Jeu de rôles, Souvenirs mortels, L'Enfer des loups, L'Exorcisme ou Rottweiler). C'est foutraque, mais à quoi bon chercher une logique là-dedans plutôt que de se laisser porter par un récit qui ne manque pas de surprises, changeant notamment brusquement et radicalement de registre dans son dernier acte (ça vire au film de vampires, évoquant du True Blood et Les Prédateurs de Tony Scott !), qui justifie le « délire » et nous vaut une fabuleuse séquence gore/craspec à l’ancienne (le vampire qui fond).

Blind Alley

Les éclairages stylisés et clignotants (proches de ce qui se faisait dans le cinéma d’épouvante transalpin des années 70), les compositions picturales iconographiques (on dirait une BD, particulièrement du E.C Comics) et baroques, la dominance du rouge et du bleu (c'est presque de la bichromie), la bande-son appuyée très référentielle, les réactions outrancières des personnages (on pourra pester à loisir sur l'héroïne), les clins d'œil complices, les interprétations excessives (mention au bad guy), les révélations surréalistes (et parfois prévisibles, cf. la dernière scène), les fausses pistes amusantes (l’entrée du type inquiétant qui semble tout droit sorti d’un slasher, la discussion romantique avec le jeune homme, l’aide de la mystérieuse femme en noir et les déductions absurdes qui suivent…), le jeu hitchcockien sur les points de vue et les apparences (personne n’est ce qu’il devrait être), les flashbacks kitsch, les effets de style (cf. l’utilisation bien sentie du split-screen, qui évoque forcément et fortement du Brian De Palma), l’unique décor très scénographique, un sens du détail macabre, les nombreux plans axés sur la formidable plastique de l’actrice principale (la cubaine Ana de Armas, et tous les moyens sont bons pour déchirer sa tenue) : tout participe à la cohésion d’un trip atmosphérique entre pastiche et déclaration d’amour au(x) genre(s).

Blind Alley

En plus d'Ana de Armas (star en Espagne mais encore inconnue chez nous), superbe screamgirl sans cesse en train de prendre la pose pour le plus grand plaisir des yeux, l'autre bombe Leonor Varela (Cléopâtre dans le téléfilm éponyme de 1999 et la vampire alliée de Blade II auquel son rôle dans Blind Alley fait écho, elle fut inoubliablement hot dans Hell Ride quand elle allume Larry Bishop, et remarquée aussi dans Le Tailleur de Panama, Pas si grave, Tais-toi et Goal II la consécration) vient renchérir la dimension sexy et l'ambiance fiévreuse avec un rôle savoureux.

Si le ton est totalement désinvolte (à l’inverse du français Amer, de l'italien La Solitude des nombres premiers ou de l'allemand Masks), la tension s’installe sitôt que l’héroïne entre dans cette laverie glauque, tout le film se situant dans une ruelle sordide complètement déserte. Mais pour avoir peur, faut aller voir ailleurs, car Blind Alley est plus proche de la farce et du clin d’œil référentiel...Blind Alley est plus inventif dans la forme (très séduisante) que dans le fond, et il faut attendre le final pour que ça bouge et que ça saigne. Ca reste très limité (et d’ailleurs très court) puisque n’étant qu’un pur exercice de style, à ne pas prendre au premier degré malgré sa relative efficacité. Les amateurs de giallo, d'ambiance pulp, de trip grindhouse, de pastiche pop et de décolletés vertigineux peuvent s'y risquer.

Blind Alley poster

 

65

Pour qui saura prendre au degré adéquat ce pastiche de giallo, Blind Alley est un exercice de style délicieusement pulp qui, malgré ses 75 petites minutes, prend tout son temps et tourne certes un peu en rond (il ne s’y passe pas grand-chose mais l’ambiance fait le boulot) avant de partir en vrille dans une dernière partie délirante. Pour les autres, ceux qui le prendront au premier degré, ils auront le droit de trouver ça ennuyeux et ridicule. L’esprit grindhouse et les outrances graphiques n’empêchent pas le film s’être visuellement très appliqué, aussi bien pour sa superbe photo que pour l‘affolante Ana de Armas, qui mériterait à elle seule le détour. Pour son premier long métrage en tant que réalisateur, le scénariste Antonio Trashorras trousse un essai aussi limité que réjouissant, hélas bien parti pour sombrer dans l'oubli.

Critique de publiée le 14 novembre 2012.

Que faut-il en retenir ?

  • Une atmosphère pulp
  • Un ton désinvolte et décalé
  • Une esthétique référentielle très appliquée
  • La plastique de l'actrice

Que faut-il oublier ?

  • Un exercice de style limité
  • Ca traine en longueur
  • Aucune rigueur dans l'écriture

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