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Critique de Judge Dredd : Dredd [2013]

Ecrit par Richard B. le mercredi 19 septembre 2012 à 07:12

Dredd revient et il n’est pas content !

Dans une Amérique post-apocalyptique, le maintien de l’ordre sous la responsabilité des « Juges », une corporation qui regroupe les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires. Le Juge Dredd est l’un des juges de Mega-City One, le plus emblématique. Il est à la fois le meilleur d'entre eux, le plus inflexible. Ignorant toute notion de compromis, il est aussi le plus dur en terme de sentences. Cette fois, il va être confronté à une nouvelle forme de drogue, créée par une certaine "Ma-Ma" Madrigal : la Slo-Mo.

Mega City One

Bien que le tournage (qui s’est déroulé au Cap, en Afrique du Sud) de Dredd ait commencé en novembre 2010 et se soit terminé en mars 2011, le film se dévoile seulement en cette fin d'année 2012. Résultat des courses, il va devoir subir de front la comparaison, non pas avec son aîné datant de 1995, mais avec The Raid qui possède un certain nombre de similitudes dans son scénario (écrit ici par Alex Garland à qui on doit Sunshine ou encore Auprès de moi toujours). En gros, il s’agit donc pour des hommes de loi de pénétrer dans une citadelle hautement protégée et située au cœur d’un quartier pauvre et d’arrêter le plus dangereux des trafiquants de la ville. Pourtant, à y regarder de près, Alex Garland a dû surtout s’inspirer des quinze premières minutes du film avec Stallone, quand ce dernier, aidé du juge Hershey et d’une jeune recrue, investissait un immeuble en pleine guerre des quartiers et utilisait avec fun son flingue hautement sophistiqué. En son temps, cette introduction avait reçu des avis plus que favorables et beaucoup de personnes avaient regretté que le film n’ait pas continué sur cette lancée. Parmi les autres critiques dirigées vers le film de Danny Cannon, beaucoup n’avaient pas accepté que Dredd retire son casque et que toutes les scènes de violence aient été retirées du montage. Alex Garland a certainement pensé la même chose, et son scénario est construit comme une réponse à ses reproches, tout en récupérant les éléments qui avaient été appréciés par les fans. Pour autant, il y a de fortes chances que le public d’aujourd’hui vienne à surtout le comparer – à tort - au film de Gareth Evans. Un élément qui risque de desservir quelque peu ce Dredd, Pete Travis (Angles d'attaque) n'ayant pas la rage, la maîtrise du cadrage et l’imagination de Gareth Evans pour filmer l'action, même si certaines fusillades de Dredd sont loin d'être ridicules.

Dredd dans Mega City One

Pete Travis a cependant un bel avantage, et pas le moindre, qui lui permet de rendre son film aussi jouissif que The Raid (bien oui, j’ose le dire) : il profite d'un climax et d’une trame passionnante, à savoir, une Amérique post-apocalyptique, avec d'un côté une Terre maudite et de l'autre Mega-City One, ville dominée par le crime et le fascisme. Puis, il y a surtout le personnage ultra charismatique du juge Dredd (personnage qui influença beaucoup le Robocop de Paul Verhoeven). Beaucoup plus fidèle à l'œuvre de John Wagner que le film de Cannon, désormais Dredd se montre impitoyable, froid, brutal. L’hémoglobine fuse de toute part et, pour l’amateur de films d’action, il est difficile de ne pas prendre son pied, surtout que cette fois-ci, Dredd n’est pas accompagné d’un sidekick (souvenez-vous de l’horripilant Rob Schneider) pour amuser la galerie. Dans cette nouvelle version, exit le Juge Hershey pour accompagner Dredd dans ses aventures (joué à l’époque par la ravissante Diane Lane) et bonjour au Juge Psi Anderson (cela pourrait d'ailleurs annoncer la potentielle présence du juge Death dans une éventuelle suite). L’idée d’intégré Anderson est d’ailleurs une très bonne chose, tout d’abord elle aide Dredd par ses dons de prémonition et de télépathie, ensuite elle n’est pas là pour être la potiche de service, mais un élément prédominant de l’intrigue. Un personnage au tempérament certainement plus modéré que notre héros et permettant d’amener des éléments complémentaires sur l’environnement (l’existence des mutants, et le désarroi d’une certaine classe de la population). Puis, pour une fois il ne sera pas question d’amourette à deux francs.

Dredd

En terme d’action, le film peut par contre se montrer, du moins pour certain, quelque peu répétitif, ce dernier ne bénéficiant d'aucuns « mano a mano », mais essentiellement des fusillades (on peut juste apprécier une course poursuite en introduction qui a pour fonction d’instaurer le personnage et ce qu’il représente). Reste qu’en termes de fusillade, et en considérant le budget plutôt modeste de l’entreprise (45 000 000$), le film est généreux avec une séquence pyrotechnique assez impressionnante dans laquelle ça tire sans faire trop dans les détails et où les dommages collatéraux sont nombreux. Puis, même si l’action se concentre surtout dans la citadelle, la mise en place permet au spectateur de profiter pleinement de l’environnement de Mega-City One à travers quelques plans aux rendus assez sympathiques.

Quant à la question si Karl Urban (Riddick, Star Trek, Le Seigneur des anneaux) est-il un Dredd crédible ? Oui, l’acteur campe parfaitement le juge, même s’il faut avouer que l’ami Sylvester Stallone (Sly pour les intimes) était, et reste, en termes de voix et de physique le meilleur profil. Mais Urban à l’avantage d’avoir peut-être un égo moins prononcé, ce qui lui permet de ne jamais dévoiler son visage et tout de même de mettre beaucoup de conviction à tirer la gueule et proclamer ses jugements. Toujours du côté du casting, on évoquera aussi la présence de Lena Headey (Cersei Lannister dans la série Game of Thrones, Sarah Connor dans la série Terminator ou encore la reine Cargo dans 300) en grande méchante de service. La charmante actrice s’est quelque peu amochée pour le rôle et porte plus ou moins des cicatrices qui n’effacent pour autant en rien son charme indéniable. L’actrice semble s’amuser à jouer les femmes fortes (elle aurait sa place dans un Expendables au féminin) et se montre impitoyable en affaire et aime à faire dépecer ceux qui oseraient la contrarier (un petit côté Predator ?).

Ma Ma

Côté semi-déception on évoquera la musique composée par Paul Leonard-Morgan. Des sonorités électro, certes correspondant assez bien aux images et à l’ambiance du film, mais perdant le côté épique de l’orchestrale. La préférence va à coups sûrs à Alan Silvestri qui avait signé en 1995 un thème particulièrement épique - même si à l’origine Jerry Goldsmith avait créé un thème encore meilleur qu’on pouvait vaguement entendre dans la bande-annonce. Avec sa musique électro, Paul Leonard-Morgan donne l’impression d’un travail sans âme et assez commercial, au final assez représentatif de l’époque que nous traversons.

Dredd n’est cependant pas si commercial que ça (même s’il le reste). Production à la base indépendante, le film s’inscrit dans une violence qui ne caresse pas trop dans le sens du poil et assume réellement son statut premier degré (même si quelques ralentis maladroits donnent à une ou deux reprises des occasions de sourire), on aurait peut-être aimé un ou deux passages où on aurait pu découvrir pleinement le côté fasciste de cette loi que représente Dredd, qui reste ici très dissimulé (même si évoqué très discrètement à travers une ou deux répliques).

à retenir

  • L'univers de Dredd respecté.
  • Un film badass.
  • La loi fait un très bon retour.

à oublier

  • L'action moins impressionnante que dans The Raid.
  • Quelques ralentis ridicules.

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