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La relique maudite >

Critique du Téléfilm : La relique maudite

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 28 mars 2012 à 23:58

Démons en bois

A Jérusalem, en un lieu secret, des croisés mettent à jour un reliquaire contenant un vieux morceau de bois vermoulu qu’ils identifient au premier coup d’œil (il faut dire que du bois qui saigne, c’est assez rare) comme étant une pièce de la croix ayant porté le Christ. Ils décident d’amener discrètement cette relique à Rome, afin de la présenter au pape et c’est sir Gregory, un chevalier anglais, qui se voit confier cette importance mission. Le voilà donc parti, en compagnie de quelques fidèles compagnons, pour un long et périlleux voyage qui va le mener de la Cité Sainte à... euh... bah, j’en sais rien, en fait...

Dés son entame, le voyage se présente mal. Sir Gregory et ses amis commencent par traverser un étrange paysage numérisé baigné d’une lumière orange, pour embarquer ensuite sur une caravelle de cartoon (deux bons siècles avant son invention) et naviguer sur une mer de jeu vidéo vintage. Et c’est à ce moment que le démon (sorte de mix en le Balrog du Seigneur des Anneaux et le Darkness de Legend) se décide à intervenir, en déclenchant une tempête si pathétiquement molle que la plupart des marins jugent bon de se balancer eux-mêmes par dessus bord (histoire de rapidement toucher leur cachet de figurant et passer à autre chose). Privés de l’appui d’un personnel compétent, les croisés (plus habiles, vous vous en doutez, à trousser la gueuse et dégommer du turc qu’à diriger un navire de pixels) ne parviennent pas à barrer correctement le navire, qui s’échoue comme une vieille bouse sur les rivages d’une contrée inconnue, un lieu si étrange que l’on s’attend presque à voir débouler Donkey Kong ou Sonic le hérisson sur la plage, les bras chargés de colliers de fleurs.

Réduite à finir le reste du voyage à pieds, la petite compagnie s’enfonce dans un bosquet de tamaris. Ces braves chevaliers, accompagnés d’un moine, sont alors attirés par des bruits de lutte. Au milieu d’une clairière, une chariotte est attaquée par des brigands. N’écoutant que leur courage, les guerriers du Christ se jettent dans cette inextricable mêlée de dix figurants pour se rendre compte que trois turcs combattent au coté des pèlerins. S’en suit alors une baston aussi rapide que confuse qui s’achève par l’annihilation des brigands. Sir Gregory remercie les turcs (c’est un homme de paix), aperçoit une jolie blonde parmi les pèlerins, une belle brune parmi les turcs, et propose de former une grande caravane d’amitié. C’est beau, non? Mais c’est compter sans le démon qui va gâcher la fête en faisant pleuvoir sur eux des corbeaux en plastique et des rochers en mousse, éventrant (hors cadre) les sentinelles imprudentes pour les suspendre comme des trophées à un arbre et soufflant des tourbillons de criquets cannibales sur les fermiers qui leur ont offerts l’hospitalité.

Sacrément balaise le démon, n’est-ce pas? On en arrive même à se demander pourquoi il ne se débarrasse tout simplement pas d’eux en les écrasant comme des mouches ou en les transformant en misérables vermisseaux. Probablement qu’il apprécie de jouer au chat et à la souris. Après tout, le démon a le droit d’être sadique. Ensuite, vous allez me demander: mais pourquoi cette créature infernale harcèle-t-elle ces dix péquins affublés d’attributs guerriers mal ajustés (La panoplie du petit croisé, livrée avec sa VERITABLE épée en plastique, 12€ chez Toys ‘R’ Us!)? Le semblant de réponse, délivré par un abbé de peu de foi qui va se transformer en goule (suivi par tous les pensionnaires de son monastère), est aussi simple que stupide. La relique est bien un morceau de la croix qui a porté le Christ durant son supplice. Pour l’abbé, formé au CIS de St Jean d’Acre, c’est une certitude. Puis, si vous vous intéressez un tant soit peu aux récits bibliques, vous savez surement qu’à été inscrit sur cette croix, dans le but de se moquer du messie, l’épitaphe INRI, autrement roi des juifs. Et c’est cette inscription, écrite ici en lettre de fer (des clous) qui est maudite! Incroyable, non? Et sacrément maudite, d’ailleurs, comme le prouve la transformation du chevalier sir Robert en démon tentaculaire, tout simplement parce qu’il s’est blessé en la tripotant. Les moines se transforment aussi en goules, mais, là, je n’ai pas pigé pourquoi…  ni comment. Bon, je me suis consolé en voyant un moine marcher au plafond sans que sa bure ne soit soumise le moins du monde aux contraintes de la gravité.

Au final, dans une cour de ferme transformée pour l’occasion en plateau de cinéma (représentant la place centrale d’une ville), sir Gregory et la jolie Rebecca vont se retrouver, seuls, face au démon, qui a pris la peine d’exterminer la population – épargnant ainsi à la production des dépenses excessives en défraiement de figuration. Toujours déterminée à récupérer la relique maudite (je n’ai toujours pas compris les raisons de cette insistance), la créature infernale, crachant feu et foudre, s’attaque au couple qui n’a pour se défendre qu’un vulgaire scorpion et trois lances forgées par Rebecca qui – quelle chance ! - est une fille de forgeron (la forge représentait tout pour son père, mais il se retrouva ruiné et Rebecca dû, pour subvenir à ses besoins, épouser un homme qu’elle n’aimait pas, blablabla…) . Vous pensez qu’ils n’ont aucune chance ? Cela serait sous-estimer le sens de la débrouillardise des représentants de la couronne d’Angleterre…

Réalisée par Lorenzo Sena (jamais entendu parler !), La relique maudite est une production Syfy qui met en vedette les britanniques James Frain et Clemency Burton-Hill. Si le premier est à l’aise en personnage réfléchi (Thomas Cromwell dans Les Tudors) ou en psychopathe (Chess dans The Cape, Mott dans True Blood), il apparait comme fade et mollasson en héros médiéval, et il frôle même le ridicule quand il porte son casque à nasal, qui est bien trop grand pour lui. La deuxième est une virtuose de musique classique qui s’essaie depuis quelques années à la comédie. On l’avait déjà vu dans un rôle assez similaire, en Melora, dans le désopilant La puissance suprême. Dans cet ultime volet de la série Donjons & Dragons, son jeu atone collait parfaitement à la nanardise de l’ensemble. Elle ne fait guère mieux ici. Question physique, on lui préférera même l’actrice serbe Marija Kazan, ancien model découvert dans Le Rite, navet de Mikael Håfström où elle donnait la réplique à Anthony Hopkins.

30

Avec son interprétation insipide, ses décors à peine supérieurs à ceux que l’on peut voir dans un épisode de Xena, son scénario simpliste, sa réalisation policée et ses effets numériques réalisés à moindre cout dans un obscur studio bulgare, La relique maudite est un spectacle laborieux apte à ne divertir que les plus indulgents des amateurs de nanars, qui s’amuseront du look ridicule de James Brain et d’un démon finalement pas trop mal foutu.

Critique de publiée le 28 mars 2012.

Que faut-il en retenir ?

  • James Frain, ridicule dans sa panoplie de pacotille
  • Quelques passages amusants
  • Un démon pas trop mal réalisé

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario simpliste
  • Une réalisation trop sage
  • Des FX perfectibles
  • Une interprétation insipide

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