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Critique du Roman : Cavalier blanc: Alice
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Critique du Roman : Cavalier blanc: Alice

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 25 novembre 2011 à 1608

Moi, Alice N., surdouée, et je vous em…..

Quelque chose en moi a changé. Une mutation imperceptible à l’oeil mais aussi palpable qu’un kyste sous l’épiderme. Le Cavalier en moi s’éveille et je le sens reprendre ses droits sur ma vie et ma psyché. Mon intelligence est encore plus fulgurante, les connexions se font à une vitesse étourdissante. je sais tout, autour de moi. Je capte le moindre son, analyse la plus petite inflexion de voix, le plus insignifiant regard.  Mon esprit domine toute matière ambiante. Je sens le Monde palpiter, respirer et se mouvoir. Rien n’échappe à mon regard carnassier. Tout passe par mon filtre neurologique...

Alice Naulin n’a jamais été une enfant comme les autres. A l’age de 8 ans, elle est entrée dans un magasin d’instruments de musique et a joué du violon pour la première fois de sa jeune vie... comme une virtuose. Deux ans plus tard, elle écrasait sans difficulté son père aux échecs, sans avoir eu à étudier la moindre combinaison. Aujourd’hui, à 17 ans, Alice est un être omniscient. Son cerveau enregistre les informations comme un ordinateur. Qui plus est, la jeune fille est capable de les analyser, les codifier, les interpréter et les restituer avec une facilité surnaturelle. Pourtant, malgré ses extraordinaires facultés, Alice continue d’aller au lycée comme tous ceux de son age. Et si l’intégration ne se fait pas au mieux, Alice, extrêmement rationnelle, consciente de sa supériorité, en fait son affaire. Tout se passe donc pour le mieux, jusqu’au jour où elle se découvre un étrange pouvoir et se voit sujette à des hallucinations...

Pour son premier roman, Eli Esseriam nous propose une histoire qui prend à contre-pied les tendances du moment; celles de Twilight et autres bluettes fantastiques pour midinettes... Tout en y puisant de nombreux éléments narratifs. Fort de ce choix, la romancière va tout d’abord instaurer une atmosphère naïve, extrêmement trompeuse sur la véritable essence de l’histoire qui, on le verra, est nettement moins neuneu que prévue (le lecteur n’en sera que plus surpris!). Ainsi, au premier regard, l’histoire d’Alice Naulin peut être considérée comme le portrait d’une sorte de mutante évoluant dans un univers lycéen stéréotypé déjà moult fois traité par la littérature, les sitcom et le cinéma. Adhérent au genre teenager, le roman nous invite à partager le quotidien des élèves de ce petit lycée, vu à travers le regard d'Alice (le style choisi par la romancière est la focalisation interne, avec une structure narrative très simple mais un vocabulaire élaboré qui destine l’ouvrage à un lectorat jeune adulte et adolescent). Dans cette vision modelée par la nature «freak» de l’adolescente, on découvre les différentes composantes d’un microcosme scolaire bien familier, avec ses codes, ses éléments perturbateurs, ses leaders, ses marginaux et ses martyrs. Eli Esseriam s’attarde sur les individus (élèves et professeurs), néglige les décors, faisant de la misanthrope Alice Naulin une sorte d’observatrice cynique des comportements humains. On se familiarise également avec la jeune fille, qui découvre ses nouveaux pouvoirs, personnage presque antipathique qui en use pour rendre son quotidien le plus lisse possible. On évolue très loin des héros rencontrés habituellement dans ce type de littérature. On aime ou on déteste.

Puis, sans que l’on en prenne vraiment conscience, Eli Esseriam nous entraîne dans une lente mais irrémédiable descente aux Enfers, avec un récit qui lève quelques questionnements intéressants, rarement rencontrés dans la littérature jeunesse, comme le droit au libre-arbitre, le principe de prédestination, le viol et ses traumas physiques et psychologiques... Le texte devient très dur au fur et à mesure qu’Alice perd non seulement ses repères adolescents mais aussi le contrôle des évènements, jusqu’à un passage extrêmement violent, presque excessif, qui entraîne une véritable cassure dans la psyché de cette femme-enfant qui ne trouve plus sa place nulle part. D’antipathique, le personnage devient presque sujet à compassion. Rarement lu dans de la littérature junior une métaphore aussi dure sur l’étape marquant le passage à l’age adulte. On peut donc saluer la démarche, qui change de l’esprit guimauve qui baigne souvent ce type de romans jeunesses, et qui fait que l’intrigue, simple mais bien ficelée, est apte à accrocher de nombreux lectorats, même adultes... si tant est que le lecteur de plus de 15 ans prenne avec une certaine indulgence les longs déballages des connaissances d’Alice, qui nous donnent parfois l’impression de lire un dictionnaire (l’adolescent, par contre, profitera de ces digressions pédagogiques pour enrichir sa culture générale).

Pour ce qui est des choses qui fâchent un peu, on peut noter que quelques petites interrogations, victimes de facilités scénaristiques, restent sans réponse, comme le fait qu’une fille surdouée comme Alice n’ait pas sauté une classe (ou deux) où, également envisageable, quelle ne soit pas dans un établissement spécialisé. On peut également reprocher à Eli Esseriam d’achever son ouvrage sur une situation trop feuilletonesque, sans nous donner le moindre indice sur ce que pourrait être cette Apocalypse annoncée. On peut également s’interroger sur le lectorat cible. Si Chevalier Blanc: Alice démarre en douceur, avec la présence de beaucoup d’humour (noir), il ne présente pas un personnage très séduisant, du moins si l’on se réfère aux critères adolescents. Ensuite, le roman devient vraiment très dur, suffisamment violent et perturbant pour le voir déconseillé au moins de 12 ans. S’il me fallait le comparer à une série télévisée, j’aurai tendance à citer Heroes, à la fois par la nature déchirée des personnages, mais aussi par l’atmosphère de thriller entretenue à partir de sa moitié. Enfin, certains lecteurs tiqueront sûrement sur le portait de Dieu dressé par l’auteur. Il apparaît froid, calculateur... Bref, j’espère sincèrement que le cycle Apocalypsis va trouver son public, parce qu’il le mérite (du moins à la lecture de ce premier tome), mais je reste persuadé que cela ne va pas être simple.

La conclusion de

Avec Cavalier Blanc: Alice, la romancière Eli Esseriam nous offre un récit jeunesse atypique et surprenant, se positionnant bien loin des bluettes fantastiques et de la bit-lit pour adolescentes. Prenant à rebrousse-poil toutes les tendances du moment, le récit se présente comme un véritable thriller psychologique horrifique narrant l’histoire d’une héroïne antipathique plongée dans un environnement cruel qui ne lui épargne aucune souffrance. Un roman accrocheur, qui donne sacrément envie de lire la suite.

Que faut-il en retenir ?

  • Ne prend pas son lectorat pour des cruches
  • Une intrigue accrocheuse, un humour qui fonctionne
  • Une approche intéressante du mythe héroïque
  • Un style bien coulé, agréable à lire

Que faut-il oublier ?

  • Un personnage central antipathique
  • Déconseillé aux plus jeunes
  • Quelques prises de positions osées
  • Un final frustrant

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