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Critique du Film d'animation : Mission : Noël
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Critique du Film d'animation : Mission : Noël

Avis critique rédigé par Jonathan C. le mardi 22 novembre 2011 à 1207

Le Drôle de Noël d'Aardman

Mission Noël

Avec les fêtes de fin d’année vienne leur lot de nouveaux films adaptés à ces circonstances festives, histoire d’avoir de quoi emmener les enfants au cinéma pendant les vacances, de faire perdurer l’esprit de Noël et de remplacer Super Noël et La Course au jouet parmi les inusables diffusions télévisuelles de cette période. Désormais, chaque année vous pourrez voir Mission : Noël à la télévision au mois de décembre entre Maman j’ai raté l’avion et La Grande Vadrouille. C’est peut-être aussi ce qu’avait en tête le studio Aardman lorsqu’il développe Mission : Noël, puisque ses Wallace & Gromit, le film et les courts métrages, passent tous les ans en période de Noël, tout comme Chicken Run. Annoncé dés 2007 sous le titre Operation Rudolph et confectionné en presque 3 ans (il y avait déjà une première bande-annonce un an avant la sortie du film), Mission : Noël (titre français stupide pour Arthur Christmas) est le premier film produit par Aardman pour Columbia Pictures et Sony Pictures Animation, délaissant alors les fidèles de Dreamworks. Les films d’animation sortis de chez Sony n’ont jamais vraiment brillé, entre les agréables Les Rebelles de la forêt (et sa suite en DTV) et Les Rois de la glisse, le très fun Tempête de boulettes géantes (auquel on peut penser devant Mission : Noël pour ses couleurs et son histoire très similaire) et surtout le formidable Monster House, sans oublier le médiocre Les schtroumpfs (et le court métrage The Smurfs : A Christmas Carol, qui sort également pour Noël 2011). Le studio Aardman part d’une énigme fantasmatique, question qu’on s’est tous posé quand on était gosse : mais comment le Père Noël fait-il pour apporter tous les cadeaux à tous les enfants du monde en une seule nuit ? Le finlandais Père Noël Origines, sorti la même année, élucidait également ce mystère mais d'une toute autre manière...

Père Noël Aardman

L’esprit de Noël, il est ici remit au goût du jour et de la technologie. Le traineau et ses rennes, tout ça c’est du passé, du matos d’autrefois. Désormais, mais personne n’est censé le savoir puisque c’est top secret et organisé dans une région cachée du Pole Nord (cf. l'amusante affiche avec la pancarte), « le Père Noël et ses lutins disposent de toute la technologie imaginable et de moyens illimités. Le film va enfin vous faire découvrir les coulisses de Noël », promet la réalisatrice et coscénariste Sarah Smith, toute droit sortie de la production télévisuelle américaine (notamment chez la BBC) et devenue directrice du développement des longs métrages chez Aardman puis directrice de la création (poste qu’elle occupe sur le film de Peter Lord et Jeff Newitt, Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout) alors qu’elle n’avait aucune expérience dans l’animation. Le coréalisateur vient combler cette dernière carence technique : Barry Cook est en effet un prestigieux transfuge de chez Disney qui avait réalisé le très bon Mulan et animé/supervisé des films comme Tron, La Belle et la Bête, La Petite Sirène et Aladdin. Les deux réalisateurs sont donc complémentaires, puisque Sarah Smith aborde ce film d'animation comme un film live, que Barry Cook se charge d’animer. Le scénariste Peter Baynham a lui-même fait office de coréalisateur lorsque Sarah Smith est tombée enceinte pendant la production.

C’est ainsi que, la nuit de Noël, des milliers de lutins suréquipés et surentrainés (et parmi eux le Père Noël lui-même, un peu perdu) partent à l’assaut de toutes les habitations, voyageant à bord d’un gigantesque vaisseau furtif high-tech digne d’un film d’invasion extra-terrestre (l'allusion SF est d'ailleurs flagrante sur l'une des affiches teaser américaines, cf. ci-dessus), abordant les villes et s’infiltrant dans les foyers en toute discrétion tel un commando dans un film d’espionnage. Leur mission : 2 milliards de cadeaux à livrer en une nuit sans se faire repérer. Grâce à des micro-caméras sur place et à de multiples écrans de transmission au QG du Père Noël, le fils ainé Steve Noël (Hugh Laurie) peut diriger les opérations et gérer les situations, comme il gère le quotidien des affaires. Commandant du vaisseau, Steve compte bien reprendre le flambeau de son père, ce dernier envisageant très prochainement la retraite. Le héros de l’aventure sera le maladroit Arthur (James McAvoy), le plus jeune fils du Père Noël et la brebis galeuse de la famille, de par son peu de sens pratique et de professionnalisme (« le genre de type rêveur que vous ne voulez voir presser aucun bouton, surtout lors d’une opération aussi sophistiquée que celle-ci », précise le scénariste Peter Baynham), ce qui aura causé des dégâts par le passé ; pourtant, s’il est relégué dans les petits boulots ingrats de maintenance, d’emballage des cadeaux et de réception des lettres de questions et d’offrandes au centre de tri, Arthur aime ce qu’il fait et est imprégné de l’âme de Noël. Lorsque le QG de Noël se rend compte qu’un enfant a été oublié (il n’a pas été livré et risque de se réveiller sans cadeaux au pied du sapin), c’est la catastrophe. Mais alors que la résignation s’installe chez les Noël, Arthur va tenter de sauver la situation et va pouvoir faire ses preuves.

Arthur et Steve

Malgré la technologie de pointe affichée au sein-même cet univers de Noël, Mission : Noël prône les traditions, incarnées par un héros conservateur (comme son grand-père, qui possède comme Arthur « un amour authentique, pur et profond pour Noël », dixit Bill Nighy qui double le vieil homme) qui défend le folklore de Noël et adopte les vieilles méthodes (il utilise le traineau et les cerfs, accomplit sa mission seul et la termine même à pieds, et son bureau est rempli d’objets liés à Noël de toute nationalité), face à une vision plus moderne, à la fois progressiste (les temps changent, les méthodes aussi, et tant pis pour les victimes du changement) et capitaliste (il faut faire du chiffre, générer des bénéfices…le centre de contrôle du vaisseau ressemble même à des bureaux de Wall Street), vision incarnée par le frère, mélange entre un banquier et un militaire, un ambitieux bourreau du travail, un « sous-Père Noël » subordonné,  persuadé qu’il mérite de reprendre le flambeau de son père. D’un coté celui qui pense Noël et qui l’aime profondément, de l’autre celui qui y travaille et qui y voit une carrière. Les univers des deux personnages sont d'ailleurs totalement opposé : celui de Steve est froid, sophistiqué et high-tech, alors que celui d'Arthur est chaleureux, bordélique et accueillant ; les ordinateurs d'un coté, les livres de l'autre, la combi militaire contre le pull over de laine. Mais Mission : Noël n’est pas pour autant un film réactionnaire : si l’héritage de Noël va évidemment au conservateur, il emmène avec lui une part du progrès, désormais indispensable pour mener à bien les projets. Comme le dit le chef décorateur Evgeni Tomov, tout droit sorti de nos Triplettes de Belleville (que les américains adorent), « la plus grande partie du film tourne autour du conflit entre ces deux mondes, et, bien entendu, à la fin l'histoire confirme qu'ils ne sont pas forcément inconciliables ». Le regard émerveillé de l'enfance reste intacte et pur, et c'est ce que les Noël doivent protéger à tout prix, par tous les moyens, que ce soit avec un traineau ou avec un vaisseau spatial. On pourrait également y voir une métaphore des avancées technologiques dans le film d’animation et du passage d’Aardman de la pâte à modeler aux images de synthèse. Mais au-delà de l’aspect technologique et social, Mission : Noël évoque la transmission des valeurs morales de génération en génération afin de conserver un esprit et des traditions, se rapprochant en cela du Pôle Express de Robert Zemeckis, sans la performance technique. On imagine d'ailleurs ce que le réalisateur du Drôle de Noël de Scrooge aurait fait de Mission : Noël...

Arthur en plein travail

Le scénario, le design des personnages et leur univers furent développés chez Aardman, l’animation créative chez Sony Pictures Animation et l’infographie et la technologique chez Sony Pictures Imageworks, un travail de collaboration compliqué (des artisans indépendants chez un gros studio comme Sony) qui ne nuit aucunement à la cohésion harmonieuse de l’ensemble, le studio de Sony n'étant que la technologie au service du studio Aardman. Ces derniers délaissent leur spécialité, à savoir la stop-motion, qu’ils avaient maladroitement tenté de simuler en images de synthèse dans leur virevoltant Souris City. Mission : Noël est ainsi leur second long-métrage en images de synthèse, et le premier en 3D. Vu l’ampleur du sujet (décors vastes et variés, nombreux personnages), la production a logiquement opté pour les images de synthèse. « On ne pouvait pas fabriquer un million de lutins en pâte à modeler ! », lance David Sproxton, cofondateur d’Aardman, dont l’argument était le même que sur Souris City. La crainte était donc de voir disparaitre la patte (et la pâte) Aardman sous les images de synthèse de chez Sony Pictures Animation, mais il n’en est rien. « Le design et l’animation du film étaient entièrement tournés vers le style Aardman, qui se caractérise principalement par une certaine simplicité dans la forme des dessins. Nous y avons simplement ajouté une pointe de réalisme », explique le designer Tim Watts. Le graphisme demeure cependant toujours trop lisse (il manque de la matière), même si les développeurs ont cherché à récréer numériquement des défauts autrefois liés à l’argile ou à la pâte à modeler afin de rendre les personnages moins parfaits et de se rapprocher du style graphique d’Aardman, à la fois stylisé et réaliste (puisque l’univers était créé avec de la matière et filmé avec une caméra ; ça restait donc un film en prise de vue réelle). Sans retrouver le charme ni la vie ni l'humour délirant du tandem Wallace/Gromit ou des poules de Chicken Run, les personnages de Mission : Noël, humains et lutins (et les vieux rennes), sont tout de même assez expressifs, évoluant dans des décors fourmillant de détails, de surprises et de couleurs chatoyantes (superbe lumière tamisée et chaleureuse dans les intérieurs), agréable sentiment renforcé par une 3D qui ne sert pas à grand-chose d’autre, pas même à faire décoller la réalisation.

Arthur et grand-père Noël

Avec son pitch ludique et son histoire loufoque écrite par le scénariste de Borat, Sarah Smith et Barry Cook imaginent de nombreuses idées cocasses et bien vues : Le vaisseau spatial (le S-1) qui se fond dans le ciel nocturne et étoilé duquel des milliers de lutins (fringués en tenue de combat avec un matériel d'espionnage high-tech) descendent, la dynastie des Pères Noël, la hiérarchie des lutins, les plans B en cas d’urgence (cf. lorsque la dernière fillette se réveille et manque de peu de découvrir le secret de Noël), les négociations de traité avec le Groenland, le grand-père qui conserve son vieux traineau dans son garage tel une voiture de collection, etc. Les réalisateurs normalisent ainsi un univers féérique et créer toute une mythologie autour de cette famille Noël, dont il manque tout de même la fille (qui ne pourrait de toute façon jamais être aussi sexy que Jenny McCarthy dans le piètre La Fille du Père Noël alias Santa Baby de Ron Underwood). On retrouve dans Mission : Noël un sens du détail et de la dérision typique du studio Aardman, ce qui apporte une vraie fraicheur et un grain de folie non négligeable à cet énième film de Noël. Certaines visions surréalistes sont jouissives à suivre (comme les opérations sophistiquées menées par l'équipe Noël), de l'introduction en forme de film d'action au final au timing serré. C’est plein de clins d’œil (on peut même apercevoir une affiche de Chop Socky Chooks ou voir passer un jouet du mouton Shaun de Rasé de près dans Wallace & Gromit), de gadgets rigolos (le gadgéto-lutin) et de surprises (comme d'entendre Laura Linney, Michael Palin, Robbie Coltrane, Dominic West, Eva Longoria, Joan Cusack et Andy Serkis dans des petits rôles voire des "caméos" vocaux), les décors sont bourrés de détails (cf. le bureau d’Arthur), et le film respire l’artisanal à la Aardman malgré sa confection numérique. La narration ne manque d’ailleurs pas d’énergie ni de tension (cf. le climax nerveux et minuté), au rythme d'une musique fougueuse (mais pas très créative) d'Harry Gregson-Williams (fidèle aux studios Aardman, après Chicken Run, Wallace et Gromit : le mystère du lapin-garou et Souris City, alors qu'il remplaçait ici un Michael Giacchino initialement prévu à ce poste) et d’une chronologie en forme de compte à rebours (l’heure et le lieu s’affichent régulièrement à l’écran, comme dans un film d’espionnage ou un actioner). On retrouve dans Mission : Noël les poursuites burlesques chères à Aardman (dont les films, y compris Souris City, prennent systématiquement la forme d'une traque/fuite/évasion), sans toutefois la virtuosité des morceaux de bravoure de Chicken Run, Wallace et Gromit : le mystère du lapin-garou, Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout ou même du célèbre Rasé de près de Wallace et Gromit. Sur tous les plans, le tandem Nick Park-Peter Lord demeure insurpassable.

Les propos du scénariste (et coréalisateur) Peter Baynham témoignent du travail méticuleux accompli en amont, de cette recherche de la petite bête, de cette quête d'une crédibilité de ce qui n'existe pas : « Expliquer le périple du Père Noël est une pure folie. Nous avons commencé par nous dire qu’il devait démarrer de la pointe sud de la Nouvelle-Zélande avant de zigzaguer autour du monde pour en faire le tour en 12 heures. Nous sommes rentrés dans des considérations de décalage horaire afin de savoir si le Père Noël devait voyager dans les zones géographiques éclairées avant de retourner dans la nuit. L’idée que les lutins auraient 18 secondes 14 centièmes pour passer d’une maison à l’autre est aussi basée sur un vrai calcul de notre composition ». La réalisatrice et coscénariste Sarah Smith (amie de longue date avec Baynham) en rajoute une couche : « Nous devions déterminer le nombre d’enfants présents sur Terre, le nombre de cadeaux et la durée du voyage. Nous avons aussi mesuré les distances qui séparent chacune des étapes d’Arthur et son grand-père. Nous en avons déduit la vitesse que le traineau et ses 8 rennes devaient atteindre pour revenir de leur tour du monde en un jour. Et s’ils perdaient un renne en route, à quelle vitesse iraient-ils ? ». Mission : Noël a beau se dérouler dans un monde totalement imaginaire, les auteurs et réalisateurs le fabriquent comme s’ils y croyaient vraiment, authentifiant ainsi complètement leur démarche pour ce divertissement honnête et appliqué dénué de cynisme et de vulgarité, malgré une faute de goût musicale dans le générique de fin (le Santa Claus Is Comin' To Town de Justin Bieber).

dans le traineau à l'ancienne

Gentiment irrévérencieux, Mission : Noël retrouve le goût du rocambolesque et l’humour british des studios Aardman (la famille Noël est d’ailleurs ici britannique), dans « un univers habilement détaillé, très verbal, très incisif et très malin » (Peter Lord). On y rit cependant pas autant que devant un film de Peter Lord ou/et Nick Park. Mais c’est l’émotion qui prime ici (la séquence finale ou les Noël observent la fillette ouvrir ses cadeaux est particulièrement touchante), par le biais de personnages attachants malgré leurs défauts et leur loufoquerie (l'un des superviseurs de l'animation résume bien les nobles intentions : « Nous voulions créer du sentiment, pas du sentimentalisme »), encore que le héros est banal de naïveté et de maladresse (on a l’impression de l’avoir déjà vu dans plein d’autres films). Il faut tout de même mettre en avant le personnage surprenant du Père Noël vu par Aardman (et doublé par Jim Broadbent) : un petit vieux pitoyable et has been complètement paumé et dépassé qui ne fait que suivre les tendances sans savoir ce qu’elles signifient ! Un Père Noël original pour un film qui tente de l’être et qui y arrive partiellement malgré le contexte pillé chaque année par l’industrie cinématographique et surtout télévisuelle (le nombre de téléfilms sur Noël dépasse l'entendement). C’est quand même autre chose que les pitreries de Tim Allen dans ses giga-méga-hyper-super Noël, que Leslie Nielsen en Père Noël dans Le Père Noël a disparu, que Frère Noël avec Paul Giamatti en Santa-Claus ou que l’Elfe de Jon Favreau.

Mission Noël

 

La conclusion de

« Le style Aardman découle avant tout d’un état d’esprit », dit Peter Lord, ici sans Nick Park. Se révélant compatible avec l’esprit de Noël, cet état d’esprit Aardman est bel et bien présent dans ce Mission : Noël certes commercial et opportuniste mais qui bénéficie cependant de l’application artisanale, du sens du détail et du clin d’œil, de l’humour anglais et du style simple mais réaliste typiques du studio, malgré le passage de la matière (pâte à modeler, argile) aux images de synthèse plus lisses, changement déjà amorcé dans Souris City, faux film de pâte à modeler. Course contre la montre convoquant le film d’espionnage et le film de science-fiction (et même le film de commando), Mission : Noël pourra également plaire aux adultes malgré son propos enfantin. Cette année, la magie de Noël a beau se révéler sophistiquée et high-tech, elle perdure grâce à Aardman, dont ce Mission : Noël pourra désormais passer à la télé tous les ans pour Noël. Malgré la qualité de ce spectacle coloré et fun, on est loin de la virtuosité, du charme et de l'humour décapant des chefs d'œuvres de Peter Lord et Nick Park...

Que faut-il en retenir ?

  • Des détails et clins d'oeil à la Aardman
  • Un univers bien vu, plein d'idées et foisonnant
  • Un Père Noël paumé inédit à l'écran
  • Du rythme, de la fraicheur et du tonus

Que faut-il oublier ?

  • Naïf et niais comme peut l'être un film de Noël
  • Un style un peu trop lisse pour du Aardman
  • Une réalisation qui manque de folie
  • Justin Bieber en générique de fin, était-ce nécessaire ?
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