"Les citrouilles vont mourir de trouille"
D’après une histoire et des personnages inventés par
Tim Burton, quand il bossait encore pour Disney,
L’étrange Noël de Monsieur Jack est un conte d’animation des plus magnifiques. Oui magnifique !! Réalisé par
Henry Selick (lui aussi animateur chez Disney et qui réalisera plus tard "
James et la pêche géante" produit par
Burton), en 1994, ce film d’animation est un véritable bijou qu’on ne se lasse jamais de regarder et d’entendre ; car il bénéficie d’être également une comédie musicale orchestrée par la somptueuse musique de
Danny Elfman. De plus comme l’a dit si bien
Tim Burton : «
C'est un film que j'ai toujours eu envie de faire. Mieux : c'est un film que j'ai toujours eu envie de voir». Et là on a envie de lui répondre avec un grand sourire : «
Nous aussi Tim, nous aussi !». Par ailleurs le début de
L’étrange Noël de Monsieur Jack nous prévient directement : il va tenter de nous expliquer l’origine de ces fêtes si populaires que sont Halloween, Noël ou bien d’autres, à travers une multitude de personnages aussi abracadabrants les uns que les autres et avec une poésie des plus extraordinaires.
Donc j’ai l’honneur de vous présentez
Jack Skellington (
Danny Elfman), grand épouvantail et roi des citrouilles d’
Halloween-Ville. Après la célébration d’un Halloween de plus, Jack se sent terriblement mélancolique. Suivit de son fantomatique chien
Zéro, et cela tout en étant épié par la belle recousue
Sally (
Catherine O'HARA) amoureuse de ce dernier,
Jack va bientôt marcher plus que de raison. Et se retrouver dans une étrange clairière où sont exposées différentes portes taillées dans des arbres. L’une d’entre elles est ornée d’un sapin et c’est dans celle-ci que
Jack, bien malgré lui, sera happé. Que va-t-il découvrir derrière cette mystérieuse porte ? Eh bien ! Tout simplement le pays du Père-Noël avec ses multitudes de couleurs éclatantes, ses enfants sages et éternellement sous la neige. Mais laissons s’exprimer
Jack :
"Que vois-je ? Que vois-je ?
Du rouge du bleu du vert.
Que vois-je ? Des flocons blancs dans l'air
Que vois-je ? Je suis sûrement malade réveille toi Jack ce n'est qu'un rêve une chimère.
Que vois-je ?
Que vois-je ? Que vois-je ? Je n'en crois pas mes yeux.
Que vois-je ? Ces enfants sont heureux.
Que vois-je ? Dans tous les coins ces créatures ont le fou rire bonjour sourire adieu soupir.
Mais qu'est-ce que c'est que ce délire je déménage
Que vois-je ?"
Cela suffit
Jack !!…Donc c’est après cette vision des plus alléchantes, que Jack n’aura de cesse de désirer, lui aussi, comprendre et fêter Noël. Puis aidé par toute la population d’
Halloween-Ville, il essayera de remplacer «
Le Perce-Oreilles », comme il nomme lui-même le
Père-Noël, pendant toute une soirée.
Toutefois je ne suis pas là pour tout vous raconter ; sans-quoi je risquerais de m’attirer les foudres de
Jack. Oui ! Puisque après avoir visionné
L’étrange Noël de Monsieur Jack, on est toujours dans le film. Et on chante à tue tête :
"Voici Halloween, Voici Halloween
Les citrouilles vont mourir de trouille
C'est ça Halloween, tout le monde a mauvaise mine.
C'est normal, c'est pour terroriser les fripouilles.
Minuit sonne, c'est l'heure du crime
Bienvenue à Halloween."
Voilà que cela recommence. Cela suffit !! Hum ! Je reprends mes esprits. Ainsi c’est un film d’animation qui ne s’oublie pas de sitôt. Mais aussi il n’y pas que les inventives et rigolotes chansons pour nous faire aimer ce dernier, il y a également des décors d’une noirceur toute délicieuse, des personnages oh combien inoubliables, comme le terrifiant
Oogie- Boogie, les malicieux
Am,
Stram et
Gram, la douce
Sally aux connaissances magique, l’ignoble
Docteur Finkelstein son inventeur et tout ce que
Halloween-Ville comporte de monstres délirants à la touche
Burtonienne. On reconnaît bien sa touche personnelle dans l’élaboration des personnages et de tous leurs petits détails, des pieds à la tête, comme les rayures blanche et noire ou les serpents. C’est génial !! De même qu'on retrouve d’innombrables clins d’œil aux monstres du cinéma des années 30, des vampires au savant fou en passant par l’extra-terrestre cyclope et en finissant par un homme poisson.
Tout ce savant mélange de décors, de personnages inoubliables et de chansons rigolotes sont rehaussé par une histoire enchanteresse. Imaginez-vous réveiller par un Jack déguisé en Perce-oreilles qui descendrait vous offrir des cadeaux plus que terrifiants par le biais de votre cheminée. Drôlement rigolo !! C’est là aussi que réside le pouvoir de séduction de ce film d’animation. La réunion de deux fêtes totalement opposées l’une à l’autre. L’une se nomme
Halloween et se déroule dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre où des enfants déguisés en monstres ou en fantômes viennent réclamer à corps et à cris des friandises à toutes portes qui sait s’ouvrir. Là point d’enfants sages, c’est eux qui réclament leur du et ne sont même pas obligés de se brosser les dents avant de dormir. Cependant
Halloween n’est pas tout à fait d’origine américaine, car connue sous le nom de
Samain, elle était là pour fêter le nouvel an Gaulois, il y a plus de 25 siècles. Mais revenons à nos moutons ou plutôt à nos sapins ; puisque dans
l’étrange Noël de Monsieur Jack, voici que s’oppose à
Halloween, la fête de
Noël qui est célébrée le 25 décembre et où les enfants se doivent d'être sages toute une année entière pour ne pas être privés de cadeaux par le
Père-Noël. Donc là point d’enfants qui réclament, mais plutôt des petits sages qui se brossent les dents bien gentiment.
Ce qui rend aussi ce film d’animation culte, c’est sa réalisation technique - qui pour cette époque était des plus révolutionnaires - et, également, son essence rarissime qui la hausse à la hauteur d'un
Dark Crystal de l’éminent
Jim Henson. Bien que la technique du stop-motion ai été utilisé ; la plupart des plans ont été réalisé en mouvement ce qui est un vrai challenge orchestré avec savoir faire et passion par une équipe du tonnerre. D'ailleurs
Tim Burton sait s’entourer de gens compétents et s’en fait, au fil des années, des compagnons de travail. Car l’on peut retrouver dans cette équipe mise à disposition de
Jack :
Danny Elfman, compositeur attitré des films de
Burton, de même que
Caroline Thompson, scénariste qui avait déjà œuvré avec
Burton pour
Edward Aux Mains d’Argent, ou
Michael Macdowell, qui figurait également au côté de
Burton pour
Beetlejuice. Donc que du beau monde déjà imbibé (mais pas soul) par le talent et l’imagination bien spécifique de
Tim Burton.