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Critique du Film : Outlander
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Critique du Film : Outlander

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 7 février 2009 à 1418

Un alien chez les Vikings

Dans des gerbes de flammes étouffées par les eaux glaciales d’un lac norvégien, venu du fin fond d’on ne sait pas trop où, un vaisseau intersidéral s’écrase sur notre bonne vieille planète Terre, en une époque appelée communément les Ages Sombres (environ l’an 800). Après avoir enseveli son coéquipier défunt, Kainan, seul survivant de cette catastrophe (c’est du moins ce que l’on veut nous faire croire au début), se met en quête d’explorer les environs. Ses pas vont l’amener dans un village ravagé par le feu et déserté de sa population. Des énormes traces de griffes marquent les portes des habitations. Alors qu’il est en train d’analyser la situation, il est agressé et neutralisé par un grand guerrier monté à l’allure sauvage… Par Thor, c’est encore un viking !

En ce moment, le mythe viking, surtout au cinéma, est sacrément tendance. Depuis le célèbre treizième guerrier, de Beowulf à Pathfinder, en passant par des œuvres moins populaires comme Valhalla Rising, Wolfhound, l'ultime guerrier ou Le Sang des vikings, le nombre de films à tendance fantastique mettant en scène les exploits de ces hommes du Nord ne cesse d’augmenter avec, hélas, des résultats par toujours très convaincants.  Outlander colle ainsi parfaitement à cette mouvance thématique avec de la SF, du fantastique… et des gros barbares à nattes qui tapent avant de dialoguer.

Il faut savoir qu’Howard McCain, le réalisateur de ce film (désigné après le désistement de Renny Harlin), est un jeune artiste plein d’avenir, et plein d’ambition. Ainsi, du coté de l’écriture, il vient de signer trois scénarios, et pas des moindres, puisqu’il s’agit de ceux de Underworld 3, de Conan le barbare et d’Amazon (avec Scarlett Johansson dans le rôle titre). Par contre, en ce qui concerne la réalisation, l’expérience de McCain est assez ténue,  avec principalement la mise en forme de modestes téléfilms. Outlander est donc son premier gros challenge derrière la caméra… et cela se voit.

Cependant, au-delà de la technique (qui, comme on va le voir, est tout à fait convenable), le principal défaut d’Outlander est son script, vraiment daté. On sent vraiment que Howard McCain a pour principal objectif de redonner vie à ces séries B décomplexées des années 80, ces films d’action matinées de SF dans lesquels des gros bras pas très futés affrontaient pléiade de monstres et de bad guys à travers des scénarios à la crédibilité défaillante. En effet, Outlander, c’est un actionner vintage avec ces ridicules incohérences, ses explosions de testostérone et ses dialogues débiles. D’ailleurs, à ce sujet, l'on est fixé dés l’ouverture, avec un visiteur de l’espace qui se sépare inexplicablement de son armure pour se balader en t-shirt dans une contrée sauvage et inconnue.

Ainsi, dans Outlander, ce guerrier venu d’une autre galaxie, issu d’une civilisation très avancée, apprend à monter à cheval en cinq minutes, sait se servir une épée, parle parfaitement le norrois (avec l’aide d’une machine, il est vrai… comme c’est pratique), utilise le métal de son vaisseau pour forger des lames au lieu de le fouiller pour y trouver des armes plus puissantes (c’est un  vaisseau militaire). Bref, Kainan est très doué mais aussi très con.  Et cela transpire d’ailleurs de son regard vide de toute expression (Jim Caviezel, pour l’occasion, se transforme en un croisement de Jean-Claude Van Damme et Olivier Gruner ; sacré performance !). Un héros si crétin qu’il ne prend même pas la peine d’expliquer clairement la situation à de braves vikings et qu’il s’obstine à se taire ou s’exprimer par énigmes.

Heureusement, a coté des incohérences, l’atmosphère restituée est assez réussie. Cela tient à la fois des décors qui affichent un réel soucis de véracité historique (la maison commune, la salle des boucliers, Yggdrasill, les costumes, les casques à nasal sans cornes) que la très élégante photographie (en format 35mm) qui, sans aller chercher dans l’excellence de Wolfhound, l'ultime guerrier, donne des résultats très convaincants. Les angles de prises de vue et les cadrages sont bien pensés, le rythme bien soutenu, le montage précis, notamment dans les séquences martiales. Bref, du coté technique, le pari de Howard McCain de réussir à mettre un forme une série B bien bourrine et musclée est réussi.

Et le monstre là-dedans ? Là encore, je trouve que c’est une réussite. Réalisée en CGI, cette créature à l’intelligence primitive, qui évoque à la fois la manticore mythologique, l’alien de Ridley Scott et le monstre « psychique » de Planète Interdite est bien incrustée dans l’image et son animation est tout à fait correcte. Ce Morween est d’ailleurs l’élément le plus réussi dans le domaine des effets spéciaux, les plans consacrés à la vision de sa planète (conquise par le peuple de Kainan) étant un peu cheaps (malgré un budget de 47 millions de dollars et la présence aux manettes des studios Weta !). On peut aussi regretter l’absence totale de maquillages spéciaux traditionnels, remplacés par des gerbes de sang numériques absolument nulles.

Au niveau de l’interprétation, comme je le dis plus haut, James Caviezel fournit un jeu totalement atone, sans aucune inspiration. Absolument pas crédible, la séquence où il se présente pour la première fois, grimé en viking, est un grand moment de rigolade. En compagnie de son amour nordique, la belle Freya (sans blague ?), ils forment un couple sans aucun intérêt et d’une banalité absolue, tant Sophia Myles assure la concurrence dans le domaine de la médiocrité. On se rattrapera donc avec les vieux briscards, John Hurt et Ron Perlman, tous les deux assez convaincants ; l’un en réplique norvégienne de Gandalf et l’autre dans la peau de Gunnar (encore très original, n’est-ce pas ?), un roi rival à la force bestiale. Quand à Jack Huston, sans présenter l’archétype parfait du fougueux guerrier nordique, il s’en sort pas trop mal dans le rôle de Wulric, le principal « rival amoureux » de Kainan.

 

La conclusion de

Sorti aux USA dans un réseau de salles très réduit en début de cette année 2009, avec seulement 3 millions de dollars de recette, Outlander est au final un sacré bide. Chez nous, il va directement atterrir dans les bacs de vente DVD, en principe à partir du 1er avril. Est-ce que le produit mérite un tel sort funeste ? Je dirai oui, car cette série B sans réelle consistance, hormis une action bien menée et un monstre plutôt réussi, n’est finalement guère supérieure à tous ces petits films direct-to-DVD sans prétention qui font la joie de nos soirées télévisuelles. Seul hic, le film de Howard McCain a quand même coûté la bagatelle de 47 millions de dollars. Soit plus de deux fois le budget de Wolfhound, film autrement supérieur…

Que faut-il en retenir ?

  • Un actionner bien bourrin et décomplexé
  • Techniquement correct
  • Décors, costumes
  • Le Morween, original et bien réalisé

Que faut-il oublier ?

  • Scénario bourré d’incohérences
  • James Caviezel, franchement mauvais
  • Le sang numérique, y’en a marre !
  • Quelques plans spéciaux un peu cheaps.

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