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Abattoir 5 >

Critique du Film : Abattoir 5

Avis critique rédigé par Richard B. le dimanche 26 juin 2011 à 13:06

Le parcours d'une vie intense à travers le temps.

Billy Pilgrim à la capacité de vivre son existence à travers le temps. En train d’écrire un livre dans son bureau, il peut se retrouver irrémédiablement en pleine seconde guerre mondiale ou encore être enfermé dans un dôme de verre de la planète Tralfamadore.

George Roy Hill (L'Arnaque, Butch Cassidy et le Kid), réalisateur à succès – au talent reconnu - des années 70, signe avec Abattoir 5 sa seule véritable intrusion dans le domaine de la science-fiction - bien qu'il est évident que le réalisateur s’intéresse avant tout à nous offrir une métaphore sur la l’existence humaine. La légende raconte d'ailleurs que le réalisateur considère son adaptation d' « Abattoir 5 ou la Croisade des enfants » de Kurt Vonnegut Jr comme son film le plus personnel.

Image Abattoir 5 - 1

Découvrir ce film 40 ans après sa sortie amène à penser que ce dernier a fortement influencé (à moins que cela soit le roman) Darren Aronofsky pour la création de son The Fountain, non pas que les deux films soient identiques, mais ils partagent des symboliques graphiques et quelques thématiques communes. En outre, si le film de George Roy Hill conserve son intelligence et sa force durant les séquences de guerre, on notera que quelques éléments comme les rapports avec le domaine de la science-fiction (les décors peuvent paraître kitch) ou les rapports entre l'homme et la femme s'inscrivent bien dans cette période et pourraient paraître dépassés, voir ringards, pour un jeune spectateur d'aujourd'hui. Pour apprécier pleinement cette œuvre, de toute évidence profonde et intelligemment montée et filmée, il est impératif de se remettre dans le contexte de l'époque où sa création.

Abattoir 5 est immanquablement une vitrine de l'Amérique des années 40-70, dans ce qu'elle représente de plus beau, mais aussi de plus pitoyable. La vie de famille se voit décrite ici aux premiers abords comme quelque chose d'unique dans une vie, mais aussi, comme quelque chose de tout aussi superficiel à l'image de cette séquence où le personnage de Billy Pilgrim offre une voiture à sa femme qui lui promet en retour de faire des efforts pour mincir. Une promesse faite dès le départ de leur rencontre et qui semble plus due au mal-être de la femme elle-même qu'un désir émanant de son mari. Abattoir 5 est une histoire d'amitié, mais aussi de haine, ainsi Billy Pilgrim découvrira dans une seule période (la guerre), le meilleur de l'homme à travers une grande amitié qu'il lie avec un certain Edward Derby (Eugene Roche) et le pire, via la promesse d'un compatriote et frère d'armes de le tuer (Paul Lazaro) ou en étant prisonnier des nazis. On remarquera aussi que la plupart des personnages se montrent égoïstes, hormis justement celui avec qui Billy Pilgrim lie son amitié. Le film de George Roy Hill étant sorti en 1972, il possède aussi un aspect assez antimilitariste, propre à cette période. Mais L'oeuvre du réalisateur ne plonge pas, là encore, dans une négation totale, mais plutôt dans un portrait en demi-teinte.

Image Abattoir 5 - 2

Le film se distingue particulièrement par deux choix du réalisateur. Il y a, en premier lieu, la décision de George Roy Hill de demander au compositeur Glenn Gould d'utiliser le Concerto pour clavier en fa mineur de Bach de manière régulièrement répétée. Cela confère au film une ambiance bien particulière. Si, au premier abord, l'on peut trouver cette manoeuvre itérative, il en émane pourtant une forme de dérision et de beauté bâtie autour d'un parcours d'une vie. En second lieu, on remarquera la décision d'un montage direct entremêlant radicalement les époques sans en prévenir le spectateur par des astuces de transition. Cette idée révolutionnaire pour un film de cette époque peut encore déstabiliser certains aujourd'hui, d'autant que le rythme, malgré le montage génial de Dede Allen, reste assez lent afin que les personnages prennent le dessus sur la technique employée.

Abattoir 5 doit aussi beaucoup à l'acteur Michael Sacks dont la carrière s’est arrêtée assez soudainement au milieu des années 80. Pourtant, Michael Sacks avait joué dans des films aussi importants que Amityville (le premier) ou Sugarland Express (de Steven Spielberg). Certes, l'acteur est très loin de bénéficier d'un physique de jeune premier, mais il a l’aptitude à pouvoir être un « monsieur tout le monde », ce qui rend ses personnages profondément humains. Les peurs, les doutes, les moments de bonheur de Billy Pilgrim se retrouvent à travers l'acteur et paraissent justement crédibles parce qu'il n'a pas cette allure de star invulnérable.

70

Abattoir 5 est à la fois un film passionnant, mais aussi daté. Très ancré dans les oeuvres artistiques des années 70, il se pose comme une vitrine sur le mal-être et les questionnements propres à cette époque. Le montage, le rythme assez lent pourrait aussi déstabiliser certains. Pourtant, il reste que l'oeuvre se montre puissante, intelligente et très attachante.

Critique de publiée le 26 juin 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Le montage de Dede Allen,
  • l'ambiance atypique du film,
  • un casting solide,
  • une oeuvre intelligente.

Que faut-il oublier ?

  • Un film qui peut paraître daté,
  • un rythme qui peut sembler assez lent.

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