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Critique du Film : Les Voyages de Gulliver
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Critique du Film : Les Voyages de Gulliver

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 22 mars 2011 à 1859

Quand Jack Black fait son numéro

Lemuel Gulliver se satisfait pleinement de son emploi au service courrier d'un grand journal new-yorkais. Ce sympathique trentenaire un brin fumiste et mythomane n'a en effet aucune ambition, préférant s'adonner aux joies de Guitar Hero durant ses heures de bureau. Son humble poste l'autorise également à se balader librement, et incognito (qui fait attention à un mec du service courrier?), au sein des différents services de l’entreprise. Des journées tranquilles, donc, avec toutefois un moment préféré : quand il  se rend dans le bureau de Darcy Silverman, une jolie journaliste dont il est secrètement épris. C'est d'ailleurs pour l'épater qu'il va s'inventer un talent rédactionnel, et se retrouver embarqué pour le triangle des Bermudes...

Grand classique de la littérature britannique, remarquable par le regard critique que l'auteur porte sur son époque (le début du 18ème siècle), Les voyages de Gulliver a déjà connu par le passé plusieurs adaptations cinématographiques et télévisuelles (la plupart, admettons-le, n'allant pas plus loin qu'une incomplète et puérile récupération des faits et négligeant l'esprit fondamental de l'oeuvre). Beaucoup de films, donc, et une importante galerie de comédiens aux profils aussi différents que Ted Danson, Richard Harris ou Kerwin Mathews (pour ne citer que les plus connus) qui fait qu'il est aujourd'hui impossible de dresser un portrait très précis du célèbre personnage. Par contre, avant que Jack Black ne se mêle à la partie, une chose était certaine: impossible d'imaginer ce héros globe-trotter en petit bonhomme grassouillet exubérant et fumiste. Enfin, pour autant l'on puisse qualifier, tant elle se démarque de l'oeuvre originelle, cette comédie d'adaptation du conte de Jonathan Swift.

En fait, Les Voyages de Gulliver est plus un gras condensé de cette sous culture pop cultivée par l'exubérant comédien qu'une vraie relecture d'un chef d'oeuvre de la littérature satyrique. Ecrit par Nicholas Stoller et Joe Stillman, deux scénaristes baignant dans un univers référentiel très eigthies (Joe Stillman a d'ailleurs participé aux scénarios des Shrek), le script des Voyages de Gulliverest un conglomérat de références cinématographiques et comics mises bout à bout sans grande réflexion, l'essentiel pour les deux hommes étant d'offrir à Jack Black le plus grand nombre de jouets narratifs avec lesquels il pourra amuser son public. Alors, oui, bien entendu, nerds et geeks de tout poil ne vont pas manquer de sourire à cette séquence où un Gulliver en short, antihéros mythomane, a mis en place une pièce théâtrale "biographique" dans laquelle des acteurs lilliputiens rejouent des passages "vécus" d'Avatar, de Star Wars ou Titanic. Même constat lorsque Jack Black, colosse au pays des minus, affronte un gigantesque robot au cours d'une séquence empruntée aux kaiju eiga. Il n'en faut pas plus pour s'attirer la sympathie de spectateurs élevés à ce lait culturel. Les plus jeunes, eux, apprécieront plus la régulière introduction d'un humour caca-prout, comme lorsque l'on aperçoit la raie des fesses de Gulliver ou quand celui-ci pisse sur le palais royal (et donc sur le roi!) pour éteindre un incendie. Enfin, cerise moisie sur le gâteau du mauvais goût, Jack Black revendique sa bedaine tel un symbole de « cool attitude », ne ratant jamais une occasion d'exhiber sa graisse à l'écran, probablement histoire de s'attirer la sympathie d'une audience en souffrance de surcharge pondérale.

 

En fait, force est de dire que, fort d'un bouillon référentiel qui ne refroidit jamais, Les Voyages de Gulliver aurait été une oeuvre bien sympathique si elle n'avait pas été plombée par la présence d'un acteur certes talentueux mais qui tire tant la couverture à lui qu'il en devient au mieux ennuyant, au pire agaçant. Seule la courte visite à Broddingnag, au déroulement purement cartoonesque, arrive à nous amuser par un humour de situation qui met le comédien dans une position de faiblesse, transformé en poupée et à la merci d'une petit fille. Sinon, construit pour la gloire d’un comédien manquant cruellement de renouvellement, le récit finit par tourner en un indigeste one-man-show. Le film va même jusqu'à introduire quelques passages chantés et dansés qui surgissent dans le métrage tel un cheveu dans la soupe, comme si Jack Black voulait nous rappeler qu'il se débrouille (plutôt bien d'ailleurs, mais là n'est pas le sujet) dans la pratique de ces arts.

Un peu coincé dans ce schéma, le cinéaste Rob Letterman joue le yes man en essayant, de temps à autre, de nous offrir quelques intéressants moments visuels. Il y parvient parfois, comme dans une séquence où Gulliver, tel Neptune surgissant des eaux, traîne une flotte de galère de Blefuscu comme quantité de jouets. On se rend compte à ce moment que le récit cache sous l'exubérance écoeurante de Jack Black, sinon un esprit épique, du moins un petit aspect aventureux qui aurait mérité meilleur sort. Un petit éclair d'espoir rapidement broyé par l'appétit gargantuesque d'une star narcissique et envahissante. Et que dire des figurations de comédiens talentueux comme Emily Blunt, Billy Connolly et Jason Segel, tristes faire-valoir d’une star qui ne veut rien partager.

 

La conclusion de

Construit essentiellement pour satisfaire la folie des grandeurs d’une star en excès de suffisance, Gulliver est un spectacle à sens unique qui ne plaira qu’aux fans de Jack Black. Certes, quelques fulgurances burlesques parviennent à nous arracher un sourire, mais la plupart du temps, l’on a affaire qu’un spectacle débile à la réalisation luxueuse.

Que faut-il en retenir ?

  • Quelques gags réussis
  • De nombreux clins d’œil et références
  • Une réalisation luxueuse

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario débile
  • Un agaçant one-man-show
  • Un humour bas du front

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