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Critique du Film : Butcher 2
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Critique du Film : Butcher 2

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 5 mars 2011 à 1145

Une hache un peu émoussée

Rappelez-vous, il y a 5 ans, dans Butcher - La légende de Victor Crowley, une petite expédition touristique menée dans le bayou avait eu le malheur de croiser la hache d'un bogeyman dénommé Victor Crowley, sorte de colosse équarisseur et enragé, au faciès monstrueux. La rencontre fut aussi sanglante qu’effroyable,  et seule la jeune Marybeth eut la chance d'en sortir en un seul morceau - même si la fin ouverte laissait planer quelques doutes sur le destin de la survivante. On se souvient aussi que bien qu'exploitant une trame fortement ancrée dans le genre, cette petite série B, réalisée par Adam Green et distribuée de manière assez confidentielle fut une excellente surprise et elle reste encore aujourd'hui un spectacle très agréable que tout amateur de gore se doit d'avoir vu. Poussé par un buzz très favorable, le film connut d'ailleurs une bonne (et méritée!) petite carrière en DVD.

 

Hatchet 2 reprend là où le précédent opus s'était achevé. On retrouve donc Marybeth, meurtrie et traumatisée, qui, après avoir été tirée des eaux du bayou, est recueillie par un pêcheur du coin. Un réconfort qui ne va hélas pas durer bien longtemps. En effet, quand le pécheur apprend que la jeune femme présente un lien de parenté avec l'un des responsables de l'état actuel de Victor Crowley, il l'éconduit sous la menace de son fusil. Un acte de prudence, certes, mais bien trop tardif pour empêcher le bogeyman de lui rendre visite er de faire des chapelets sanglants de ses intestins. De retour en ville (elle parvient à échapper à Crowley sans que l'on ne sache trop comment), Marybeth rend visite au révérend Zombie, le boutiquier organisateur de l'excursion, un brin charlatan, qui lui raconte la véritable et dramatique histoire de Victor Crowley. Bien qu'épouvantable, le récit ne décourage pas la jeune rescapée, qui décide de retourner dans le bayou afin de faire la peau à ce mort-vivant difforme, responsable de la mort de ses compagnons. Quand à Zombie, qui voit là une bonne occasion de détruire la créature et rouvrir la région au tourisme, il prend pour option de l'accompagner en levant une petite équipe de gars du coin.

 

Si je comprends la démarche d'Adam Green d'exploiter jusqu'au trognon ce fruit bien juteux qu'est la licence Hatchet (le cinéma d'exploitation reste avant tout un business), j'ai un peu de mal à piger la méthode qu'il emploie ici. Si Hatchet fonctionnait bien, c'est parce qu'il mettait en avant, de manière totalement décomplexée, une narration bas du front, un humour débile et potache, une vulgarité assumée (avec festival de nichons en prime) et des effets gore tirant vers le Grand-Guignol, le tout réuni via un traitement narratif énergique et cartoonesque, poussant dans leurs extrêmes tous les clichés propres au slasher. Mené tambour battant, Hatchet arrivait à imposer un véritable rythme et générait une bienvenue atmosphère ludique qui dédramatisait la violence graphique du métrage. Ici, dans cette séquelle, après une entame assez prometteuse, le cinéaste nous ramène en ville pour nous infliger un récit en flash-back si lent et si grossièrement construit qu'il en devient indigeste. En effet, au lieu de nous faire découvrir le passé de Victor Crowley via des petites touches, il préfère nous balancer tout d'un bloc à la figure. Le but était peut-être de mettre en avant le personnage du révérend Zombie (interprété par Tony Todd, une star du film de genre US) puisque c'est lui qui se voit confier le rôle de conteur, mais force est d'admettre que l'on se surprend par moment à s'ennuyer lors de cet exposé qui tire vraiment en longueur. A ce moment, entre deux bâillements, l'on en vient à se demander: mais où est donc passé l'esprit fun du premier film?

 

En fait, cette "déconne attitude", cet ambiance "slasher des eighties" qui fait la force du premier film, elle apparait quand même (ouf!) au bout d'une demi-heure. Tout d'abord par petites touches, avec la réunion des membres de l'expédition dans la boutique du révérend Zombie, par l'intermédiaire de dialogues absolument crétins (une surréaliste histoire de cookies), pour ensuite passer la vitesse supérieure, quand cette bande d'abrutis, improvisée chasseurs de bogeyman, tombe nez à nez avec leur gibier... qui n'attend que ça pour s'éclater (et leur éclater la tronche). A partir de ce moment, le temps de quelques séquences, l'on a le plaisir malsain de retrouver l'efficace comique graveleux et craspec d'Adam Green, avec des plans aussi dégueulasses que drôles, comme lorsqu'une bimbo prise en levrette ne se rend pas compte que son amant a été décapité en plein coït et s'étonne - à grands renforts de petits cris - de son changement de rythme (dû a des secousses nerveuses post-mortem). Le film retrouve alors l'esprit du premier volet mais, malheureusement, cela n'atteint jamais les mêmes sommets foutraques qu'Hatchet, hormis lors de quelques fulgurances.

 

Il faut bien dire, qu'en plus de souffrir d'une intrigue qui met une plombe à aller dans le vif du sujet, le film exploite une galerie de personnages qui ne tient pas la comparaison avec les touristes d'Hatchet. A aucun moment, cette bande de rednecks n'arrivent à remplacer l'hétéroclite et désopilante équipe qui faisait la force comique du premier film. Même Tony Todd, pourtant charismatique, ne parvient pas à nous faire oublier que le premier opus bénéficiait des présences de Robert Englund et Richard Riehle, au meilleur de leur forme. Par ailleurs, l'on sent pertinemment qu'Adam Green, conscient du capital séduction du révérend Zombie, a construit son intrigue autour du personnage, le faisant passer du statut de caméo à celui rôle majeur de manière un peu trop grossière, sans lui donner plus de relief. Ce personnage, au profil trop légèrement dessiné, n'a tout simplement pas l'envergure pour endosser une telle responsabilité. Même constat concernant Marybeth (la screamqueen Danielle Harris) qui, mêlée aux autres touristes, passait assez bien l'épreuve du premier film et qui, ici, se retrouve projetée au devant de la scène sans en avoir les capacités structurelles (on a du mal à accepter les raisons qui la pousse à retourner dans le bayou) et encore moins le charisme.

 

On se consolera de cette perte d'efficacité narrative en constatant que, heureusement, Adam Green n'a pas mis de l'eau dans son vin en ce qui concerne le registre du gore, du moins passée la première demi-heure. L'aspect "splatter" est ici aussi appuyé que dans le premier film et Victor Crowley n'a rien a envier, dans l'art du massacre, à ses modèles Jason Vorhees ou Michael Myers. Hatchet 2 a pour atout de bénéficier à nouveau du soutien technique de John Carl Buechler (qui interprète à nouveau un rôle dans le film) même si, cette fois-ci, il n'a pas directement participé à la conception des prothèses et des maquillages, qui sont aussi réussis que ceux du premier film. Pour ce qui est du rendu, on se réjouit donc une nouvelle fois qu'Adam Green ait opté pour des effets traditionnels, limitant l'usage du numérique au strict nécessaire, tout comme l'on apprécie à nouveau de revoir l'impressionnant Kane Hodder dans le rôle de Victor Crowley. Bref, durant les deux tiers du film, l'amateur de gore et de cinéma bis aux fragrances eighties, se voit présenter à lui une sorte d'agréable hommage à la saga des Vendredi 13et aux slashers vintage en général. Dommage que le traitement est perdu une grande partie de l'esprit fun tant apprécié dans le premier opus. 

La conclusion de

Je dois l'avouer, je suis un petit peu déçu par cette séquelle. En essayant de construire une véritable histoire autour du personnage de Victor Crowley, Adam Green s'est enlisé dans un flux narratif manquant de punch et d'esprit fun. Passée la première demi-heure, très poussive, le métrage retrouve un petit peu une efficacité potache et une ambiance vintage, mais sans toutefois renouer totalement avec l’esprit du premier film. Hatchet 2 n'est cependant pas mauvais, principalement grâce à son traitement graphique, toujours aussi violent et décomplexé, appuyé par de bons effets spéciaux.

Que faut-il en retenir ?

  • Une ambiance vintage réussi
  • De bons maquillages
  • La violence graphique
  • Victor Crowley, bien impressionnant

Que faut-il oublier ?

  • Un genre usé
  • Moins fun que le premier opus
  • Moins de nichons, plus de blabla
  • Une mise en route laborieuse
  • Des personnages peu charismatiques

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