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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Gonger 2, le maudit
Gonger 2, le maudit >

Critique du Film (Direct to Vidéo) : Gonger 2, le maudit

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 10 février 2011 à 1805

Gonger 2 ou le remède contre l'insomnie

Sorti en Allemagne en 2009, Gonger, la malédiction est un petit film d'horreur gothique à base de spectre revanchard qui connut dans les video-clubs une honorable carrière internationale. Il n'en fallait pas plus pour que leurs initiateurs se lancent dans la production d'une séquelle, une tache d'autant plus aisée que le film original s'achevait sur une fin ouverte, riche en questionnements. Que pourrait-il bien arriver à Philipp et Helma, le couple de héros, après avoir découvert que le jeune Eric les avait roulés dans la farine? 

C'est répondre à cette question que s'attache à faire ici le réalisateur Philipp Osthus, avec un récit qui reprend quelques temps après le dénouement du premier volet. Après un tour du monde ésotEric, Phillip revient à Altbrunnstedt, bien décidé à mettre définitivement hors d'état de nuire le démoniaque Eric Hansen, cette entité avec laquelle il est désormais étroitement lié. Durant son absence, les morts étranges ont continuées et il se voit accueilli comme un pestiféré par la communauté d'Altbrunnstedt. Seuls quelques adolescents, qui vivent la même mésaventure que l'ancien groupe d'amis de Phillip, osent lui adresser la parole, principalement pour lui demander de l'aide. Et voilà Phillip de retour dans la grande maison familiale, accompagné de teenagers et d'un étudiant en parapsychologie qui déballe tout un matériel digne des Ghostbusters...

Souvenez-vous, le premier opus de Gonger noyait dans une ambiance gothique (assez réussie) des éléments narratifs récupérés à la fois aux griffes de la nuit, à Destination Finale et aux yurei eiga (style The Grudge). On y découvrait des jeunes gens victimes de rêves prémonitoires  dans lesquels ils voyaient l'un de leurs meilleurs amis mourir dans d'affreuses circonstances. Une mort qui se produisait, sinon simultanément, du moins quelques instants plus tard, sans que le rêveur ne puisse intervenir. L'instigateur de ses exécutions pouvant apparaitre comme de tristes accidents était le fantôme d'un adolescent noyé qui, par pure vengeance, exécutait les descendants des responsables de sa mort (oui, un peu comme Fog). C'est du moins ce que l'on croit durant une bonne partie du métrage avant qu'un twist ne vienne chambouler tout notre raisonnement et fasse du film de Christian Theede une œuvre finalement assez futée, à défaut de trépidante.

Pour cette suite, Philipp Osthus ne change rien, ou presque, au principe. La principale différence est que le secret d'Eric étant dévoilé, le mystère entourant l'histoire honteuse de la petite communauté portuaire d'Altbrunnstedt n'existe plus, il a donc fallu trouver une solution pour remplir le script. On oublie donc l'élément investigation qui faisait la force du précédent métrage pour mettre en place une intrigue évoquant Poltergeist, Prince des Ténèbres ou La Maison du Diable. Reste que certains aspects du Gonger ne peuvent être supprimés, comme ces rêves prémonitoires, qui deviennent finalement des éléments assez encombrants - et inutiles. Philipp Osthus résout le problème par la promiscuité des personnages. Etant donné que tous sont réunis dans la même demeure, ils peuvent intervenir très rapidement quand l'un d'entre eux se retrouve en danger: il suffit que le rêveur se rue dans la pièce à coté pour empêcher son ami de se faire tuer. L'inconvénient est que cette méthode (en plus de rendre presque ridicule un spectre qui foire tous ses meurtres) laisse apparaitre au grand jour toute l'incohérence de la chose - sachez, en effet, qu'il n'y a aucune logique dans l'attribution des rôles rêveur / victime. 

Pour ce qui est de l'ambiance, le cinéaste continue dans l'entretien d'une atmosphère gothique. Pas difficile à mettre en place étant donné que le film se déroule essentiellement dans un vieux manoir. Par la même occasion, Philipp Osthus insiste dans son entreprise à construire un véritable film de maison hantée. L'on a donc droit à tous les clichés faisant le "charme" du genre; Eric apparait soudainement dans le champ ou dans le reflet d'un miroir;  plans subjectifs floutés et saccadés pour représenter le regard du démon; les pensionnaires de la maison font fi des règles de sécurité les plus évidentes et prennent un malin plaisir à s'isoler, le personnage assigné à la garde s'endort systématiquement devant ses moniteurs de contrôle, etc. Il n'y a pas à dire, Osthus a appris par cœur les préceptes du manuel "Ghost Stories pour les Nuls".  La preuve: toute histoire de fantôme doit contenir une part de mystère, celle là ne doit pas faire exception, quand bien le précédent volet aurait tout déballé. Le scénario propose donc une nouvelle énigme, via la disparition d'une boite à musique et la découverte d'une pièce secrète dans les sous-sols de la maison. Un mystère qui, une fois dévoilé (par l'intermédiaire de vulgaires flashbacks d'une subtilité toute teutonne), entrainera un twist... prenant totalement à contre-pied la révélation du premier film. Ouch, il fallait oser.

A coté de cela, Gonger 2 présente les mêmes défauts structurels que le précédent, à savoir un Eric Hansen (donc la posture et le look évoquent toujours autant le Damien de La malédiction) qui, pour éliminer ses cibles, n'arrive pas à choisir entre utiliser l'environnement (façon Destination Finale) ou carrément pratiquer la bonne vieille méthode forte en se jetant sur elles (style Poltergeist). Souvent fantôme varie, et bien fol qui s'y fie, commenterait ce bon vieux François 1er. Une absence de modus operandi apte à laisser les meilleurs experts en matière criminelle, comme Sherlock Holmes ou Gil Grisom, bien songeurs. On pense aussi à l'étonnant comportement d'une foule de villageois qui, se croyant probablement revenue au 19ème siècle, se rend, armée de fourches et brandissant des torches, au domaine Hansen pour nous y rejouer une énième version du lynchage de Frankenstein. Bizarre, vous avez dit bizarre? Comme c'est bizarre... Enfin, force est de signaler que, durant une bonne heure, il se passe quasiment rien dans ce film. On doit se contenter d'écouter les propos atones d'un Philipp dépressif (qui veut se tuer rituellement mais qui ne le fait pas), les blagues à deux balles d'ados qui ne savent pas pourquoi ils sont là (véridique!) et les explications pseudo-scientifiques d'un allumé qui, gamin, a trop maté SOS Fantômes.  La dernière demi-heure, qui voit Eric s'énerver un peu, est meilleure. Ce n'était pas très difficile.

La conclusion de

Si Gonger, premier du nom, ne cassait pas trois pattes à un canard, il n'en était pas pour autant complètement inintéressant. Ici, même si Osthus tend à entretenir la même atmosphère gothique, il échoue à éveiller notre intérêt, principalement en raison d'une intrigue bourrée d'incohérences et de clichés et où il ne se passe rien. Ce n'est pas la dernière demi-heure, un peu plus mouvementée, qui va rendre l'ensemble plus digeste avec un plan final, ridicule et prévisible, qui résume à lui seul tout le niveau du film.

Que faut-il en retenir ?

  • Une bonne photographie
  • Réalisation sans génie mais appliquée

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario bancal
  • Un récit vraiment peu intéressant
  • Un twist forcé
  • Des personnages sans intérêt
  • Aussi trépidant qu’un épisode de Derrick

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