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Critique du film : The Green Hornet [2011], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 14 janvier 2011 à 13h05

Un frelon qui ne manque pas piquant...

Le Frelon Vert est avant tout connu en France pour être la série télévisée qui a permis de faire connaître au grand public Bruce Lee. Ainsi, malgré un succès public très mitigé au cours de sa première diffusion (la série n'aura durée qu'une saison), elle a depuis petit à petit été auréolée d'une réputation culte. Pourtant, à la base, le Frelon Vert n'était pas, comme ses collègues, tiré d'une série de comics papier ; issu d'une émission radiophonique, il était l'objet d'un programme où ses aventures étaient racontées aux auditeurs via un principe feuilletonesque. Autant dire qu'à l'international, le super-héros ne fait figure que d'outsider vis à vis de ses concurrents directs, Batman et Iron Man, avec qui il partage pourtant de nombreux points communs. Cependant, le genre des films de super-héros étant actuellement en vogue, son adaptation cinématographique a été envisagée de manière équivalente à celle des blockbusters traditionnels, c'est à dire avec un budget conséquent.

Il faut toutefois avouer que sur le papier, la qualité du film semblait plus que conditionnelle : produit par Neal Moritz, qui n'a pas un palmarès de producteur vraiment remarquable, écrite par Seth Rogen, acteur comique américain bien lourd qui peine à faire sourire le public français, réalisé par Michel Gondry, dont le style arty semblait antinomique celui des blockbusters hollywoodiens, l'adaptation cinématographique du Frelon Vert avait tout du long-métrage bien bancal. Pourtant, au final, le film s'avère étonnamment qualitatif, mouchant haut la mains les médiocres productions actuelles basées sur des héros bien plus populaire, au rang desquelles on peut citer Iron Man 2 ou X-Men Origins : Wolverine. De toute façon, avec une telle équipe, The Green Hornet ne pouvait être que tout l'un ou tout l'autre, un film vraiment réussi ou une bouse ignoble. Au final, c'est la première option qui s'impose après la vision du long-métrage, tant mieux...

Le Frelon Vert, c'est Britt Reed, gosse de riche insupportable (oui, comme Tony Stark) traumatisé par la mort prématurée de son père (oui, comme Bruce Wayne). Accompagné par un ancien domestique de son père, Kato (alias Kato), les deux compères vont décider de devenir des super-héros, et de faire régner la justice sur la ville en se faisant passer pour des méchants. Débile n'est-il pas ? Effectivement, et c'est là toute la force du film que  de ne pas se prendre au sérieux, et d'accepter les limites du genre pour imposer aux spectateurs des personnages résolument immatures (à l'image du très réussi Kick-Ass l'année dernière) ; de manière assez intelligente, Michel Gondry et Seth Rogen ne tentent pas l'instrospection psychologique (à la Batman) ou le remord salvateur (à la Iron Man), mais assument la psychologie de pacotille liée au genre, et proposent des personnages d'ado attardés en guise de héros. Et cela fonctionne du tonnerre !

Cela marche d'autant mieux que ces personnages ne sont pas laissés en retrait, et sont tout de même un minimum travaillés pour réussir à être attachant aux yeux des spectateurs. Ainsi, entre le Frelon Vert et Kato, un véritable équilibre est créé, et ce malgré le gros déséquilibre au niveau de leurs compétences respectives (le premier est un looser, le second sait tout faire) : les deux personnages sont traités comme des ados attardés, aussi immatures l'un que l'autre, et dont les agissements sont avant tout motivés par un besoin d'adrenaline et de reconnaissance. La question est posée pendant le film, et on aurait, au final, bien du mal à y répondre : entre le Frelon vert et Kato, on ne sait pas qui est le sidekick de qui, et ce tant les deux personnages sont sur la même longueur d'ondes. Le tout est de plus solidifié par des dialogues bien écrits, rendant les diverses joutes verbales à la fois drôle et particulièrement réjouissantes.

A l'écran, les acteurs s'amusent donc comme des petits fous, et ça se voit. Dans le rôle principal, Seth Rogen s'éclate à livrer un rôle de bouffon narcissique, et son duo avec Jay Chou est particulièrement savoureux, car très équilibré. Entre les deux acteurs, il y a une petite alchimie qui passe à l'écran, et qui rend leur relation encore plus réjouissante pour le spectateur. Les rôles plus secondaires ne sont pas non plus en reste : Cameron Diaz cachetonne, mais cachetonne bien, James Franco et Edward Furlong ont le droit à deux caméos juste énormes, Tom Wilkinson et Edward James Olmos jouent de manière assez sympathiques avec leurs images de vieux grincheux. Dans le lot, on retiendra surtout l'excellente prestation de Christoph Waltz, dans un rôle de méchant en pleine crise identitaire absolument mémorable (l'un des meilleurs méchants créé pour le genre depuis longtemps) ; le personnage est d'ailleurs tellement réussi qu'on en regrette d'ailleurs qu'il ne soit pas plus présent à l'écran.

Derrière la caméra, et pour sa première expérience hollywoodienne, Michel Gondry ne démérite pas, et offre au script de Seth Rogen une réalisation inventive. D'aucun pourront être déçu de ne pas retrouver dans ce long-métrage le style "bricolo" qui caractérise bien le cinéma de ce réalisateur, mais soyons honnête, armé d'un budget comportant neuf chiffres avant le symbole du dollars, il était évident que Gondry ne pourrait pas jouer la carte du kitch et du bricolage. Ceci dit, dans le cadre d'un blockbuster, et avec toutes les contraintes que cela impose, il réussit à rester inventif, et s'amuse à donner au film un style visuel bien particulier. Entre certains combats filmés comme des vignettes de bande-dessinées, l'aspect retro donné à l'ensemble du long-métrage, et quelques fulgurances éparses vraiment remarquables (la séquence en split-screen notamment), on se retrouve avec une mise en scène d'un niveau plus que correct, que n'atteignent pas nombre de réalisateurs bien pauvres.


Techniquement, The Green Hornet est également une belle réussite. Ainsi, la photographie de John Schwartzman, évidemment toute teintée de verte, renforce le style imposé par Michel Gondry en donnant au tout un aspect irréel, très ancré dans une optique bande-dessinée. Les effets spéciaux, assez discrets, sont parfaitement intégrés à l'image (et ce sans être particulièrement spectaculaires) et sont renforcés par les décors utilisés (à mi-chemin entre un design moderne et un vieux look retro) et les divers accessoires utilisés par les personnages (tous les gadgets des héros, mais aussi le pistolet du méchant par exemple). Quant à la musique de James Newton Howard, qui sort de son style habituel pour s'aventurer sur d'autres sentiers, elle participe pleinement à l'atmosphère serial, presque pulp, dans laquelle baigne le film.

Toutefois, on mettra une grosse réserve vis à vis du film, qui joue contre lui et tend à faire baisser le niveau qualitatif : sa longueur. En effet, faire tenir une histoire aussi convenue sur près de deux heures de temps induit des chutes de rythmes assez conséquentes. Ainsi, toutes la dernière demi-heure - une grosse scène d'action - semble interminable tant elle a du mal à conserver l'intérêt des spectateurs. L'impression est d'autant plus renforcée que ce long passage n'a très visiblement pas beaucoup intéressé Michel Gondry, lequel livre dans ce dernier quart une mise en scène bien peu inspirée, qui aurait pu être faite par n'importe quel tâcheron hollywoodien. En retirant une bonne demi-heure à son film, Michel Gondry lui aurait insufflé plus de panache, et aurait réussi à rendre intéressante une séquence finale plus courte.

Enfin, bien que je ne m'aventure jamais sur ce point de détail (qui reste hors sujet par rapport à la qualité intrinsèque du film), je me sens malgré tout obligé de parler de la catastrophique version française dont souffre The Green Hornet. Il ne s'agit pas vraiment ici d'un problème de voix, mais plus d'un gros soucis de traduction (ou d'absence de traduction). Pourquoi ne pas avoir traduit Green Hornet ? Parce que ça fait plus cool de l'appeler par son nom anglais ? Pourquoi, dans ce cas, avoir traduit le nom du méchant, qui plus est de manière si catastrophique (Bloodofsky traduit par Hémoglobinofsky). Et puis pourquoi avoir donné un accent à couper au couteau à Christoph Waltz (même s'il est normal que son personnage ait un accent, on ne comprend pas toujours ce qu'il dit). Le débat VO/VF ne m'intéresse en général pas du tout, mais là, force est de constater l'échec de la partie doublage/traduction.

La conclusion de à propos du Film : The Green Hornet [2011]

Vincent L.
70

Armés d'une sincère honnêteté ainsi que de leurs savoir-faire respectifs, Michel Gondry (à la réalisation) et Seth Rogen (au scénario et à la production) transforment une histoire de super-héros hyper convenue en un long-métrage vraiment fun. Un script plutôt bien écrit, une mise en scène inventive, un casting qui s'amuse, voici les principaux ingrédients de ce long-métrage plus que sympathique, qui sait très intelligemment ne jamais se prendre au sérieux. Restent malgré tout quelques soucis de rythme, notamment liés à la longueur du film par rapport à la légèreté de l'histoire, qui tendent à faire baisser le niveau qualitatif. Dommage, parce qu'au final, The Green Hornet n'a vraiment pas grand chose à envier aux productions plus sérieuses relevant de ce genre ultra-balisé qu'est le film de super-héros.

Que faut-il en retenir ?

  • Un film fun, qui ne se prend pas au sérieux,
  • Un casting qui s'amuse,
  • De très bons dialogues,
  • Des personnages bien conçus,
  • Une mise en scène inventive,
  • Techniquement sans faute.

Que faut-il oublier ?

  • Une histoire de super-héros très classique,
  • Trop long par rapport à la matière scénaristique,
  • Du coup, quelques problèmes de rythme,
  • Un méchant génial, mais trop peu présent.

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