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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Ouvert 24/7
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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Ouvert 24/7

Avis critique rédigé par Richard B. le lundi 15 novembre 2010 à 0832

Ce soir je me prendrai bien du saignant !

Parfois, il existe des personnes qui mettent « leurs couilles sur la table » et décident de se lancer des défis complètement fous, que beaucoup abandonneraient rien qu'à l'énoncé de ces derniers. Par exemple, pour en venir à notre sujet, si les Américains ont souvent recours aux petites productions et au Direct-To-DVD, le processus reste quasi inexistant en France - d'autant qu'il faut dire que dans ce domaine les réussites restent rares, et cela, quelque soit le pays.

Il est certain qu'« Ouvert 24/7 » est le fruit d’un projet très ambitieux, encore plus lorsqu'on sait qu'il consistait à construire un long-métrage avec quasiment pas d'argent, complètement en marge du système traditionnel de production française. Heureusement « Ouvert 24/7 » bénéficie de deux éléments non négligeables : la passion et le professionnalisme de certaines des personnes qui se sont investies sur ce projet.

Le film va prendre place dans un relais routier isolé. Un brave camionneur décide de s'y arrêter pour faire une petite pause bien méritée et boire une petite « binouze ». Bien décidé à jouer le loquace de service, il entreprend de raconter une petite histoire bien saignante à la gérante du coin. Amusée, la femme décide à son tour de s'y mettre et raconte une légende urbaine, qui apparait comme encore plus excentrique. Une fois terminée, c'est le bouffeur de choucroute, situé non loin d'eux, qui se met à citer sa petite histoire.

C'est donc trois histoires qui nous sont proposées, un peu dans la tradition de ces quelques films des années 80 que furent « Creepshow », « Histoires Fantastiques (dont les 3 premiers épisodes sortirent au cinéma en 1986) », « Deux yeux maléfiques » ou encore « Darkside, les contes de la nuit noire ». Même si le style plutôt "gore", amènerait « Ouvert 24/7 » à être plus aisément comparé à des séries télévisées comme « Les Contes de la crypte » ou encore « Masters of Horror ».

Le sujet « gore » est d'ailleurs ici primordial, puisqu'il est indéniablement l'un des aspects les plus réussis du film. Certes les séquences hommages (ou pompage diront d'autres) ne manquent pas – comme cette reprise quasi similaire de la séquence de « Poltergeist » où un homme se regarde dans un miroir pour s'arracher la peau - mais il est indéniable que chacune de ces séquences se révèlent aussi réussites que joliment macabres. David Scherer démontre – une fois de plus - son talent indéniable en la matière et nous offre des effets tout aussi aboutis, voire encore plus, que ce que l'on peut voir outre-Atlantique. À ce titre, le premier segment dans lequel l'actrice Maude Galet-Lalande découpe l'acteur Thierry Cersosimo risque de rester longtemps dans les mémoires !

Si l'aspect des effets « made-in David Scherer » sont remarquable, et cela, quelle que soit l'histoire, pour le reste, c’est très inégal en terme de qualité. Ainsi, si au niveau de réussite globale c'est le premier segment qui sort son épingle du jeu, la deuxième et troisième histoire profiteront des meilleures idées de réalisations et de mises en images. Il paraît en effet difficile de ne pas saluer les cinq premières minutes qui introduisent « Règlement de Contes  (histoire N°2)» avec son ambiance parfaitement dosée autant dans le jeu que dans la beauté des images, l'idée de mise en scène de la séquence et sa conclusion morbide. Par la suite, aucun moment ne surpassera ces quelques minutes. Pire, le scénariste Colin Vettier et le réalisateur Thierry Paya ont alors la mauvaise idée de changer complètement de style et d’oublier l'aspect poétique et macabre de ces quelques minutes pour nous offrir une comédie loufoque à la « Tex Avery ». Au final, on obtient des comédiens pas du tout inspirés par ce type d'humour, de nouvelles situations souvent grotesques, et une histoire ne sachant plus vraiment où aller, son seul but étant apparemment de faire référence, si possible, au plus grand nombre de contes. Dommage, car l'idée de base était plutôt appétissante et l'entrée en matière savoureuse.

Le troisième segment, bien plus réussi, propose lui aussi une très belle séquence musicale. La ravissante Maude Galet-Lalande y apporte sa beauté et sa fraîcheur alors que Michelle Young sa très belle voix. Stéphanie Kern Siebering et Morgane Housset effectuent un travail d’autant plus remarquable que leurs rôles n'étaient pas forcément aisés à interpréter. Dommage, finalement, qu'Aude Paris (incarnant une prostituée) et Sylvain Knecht (jouant un prêtre pédophile) conduisent leur personnage de manière caricaturale, transformant ce qui aurait dû être une scène tragique et émotionnellement forte en grande foire cartoonesque. Regrettable, vu que le reste fonctionne très bien.

Comme mentionné plus haut, c'est donc le premier segment qui constitue le gros morceau, puisqu'il n'y a pas grand-chose à lui reprocher. Si quelques seconds rôles offrent des performances perfectibles, globalement, tous les acteurs semblent s'en donner à cœur joie et la mise en scène, de même que le scénario, sont menés avec une certaine fluidité. De plus, il faut dire que la séquence « lesbienne » entre Stéphanie Kern Siebering et Maude Galet-Lalande ne laisse pas de marbre, même si elle se termine sur une note d’humour noir, forcément drôle, mais désarmant notre début de trique. Entre enquête de police, cannibalisme, scènes ultra-gores et sensualité, voilà comme on dit une entrée en matière de bon goût.

Comparativement, « ouvert 24/7 » n'a vraiment rien à envier à ses modèles. Bien entendu, tout n'est pas parfait, mais force est de reconnaître que les erreurs que l'on voit ici se trouvent tout aussi bien dans certains épisodes des films et séries évoqués plus haut, qui bénéficient de moyens financiers et techniques bien supérieurs. Finalement, lorsque l’on réalise la portée de ce comparatif flatteur, on ne peut que tirer notre chapeau à « Singapour 1939 Productions ».

La conclusion de

Si vous êtes du genre à aimer les « Creepshow », les « comptes de la crypte » ou encore les « Masters of horror », sachez qu’« Ouvert 24/7 » n'a rien à leur envier et se montre parfaitement à la hauteur de ces productions américaines. À noter que les effets spéciaux de David Scherer sont d'une incroyable réussite, et la mise en image de Thierry Paya est assez remarquable. Si tout n'est pas parfait – en particulier les seconds rôles - « Ouvert 24/7 » est la preuve par l’image – une fois de plus - que le talent existe en France.

Que faut-il en retenir ?

  • Très belle double prestation de Maud Galet-Lalande,
  • les effets made-in David Scherer,
  • des ambiances souvent réussies,
  • une mise en scène soignée.

Que faut-il oublier ?

  • Un deuxième segment moins réussi,
  • des acteurs moins convaincants que d'autres.

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