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Critique du Film : Piranha 3D
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Critique du Film : Piranha 3D

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 2 septembre 2010 à 1702

Chair de pétasse pour poissons goulus

Pour Alexandre Aja et Gregory Levasseur, ces jeunes frenchies exilés à Hollywood alors tout fraichement auréolés d'un succès public et critique (le remake de La colline a des yeux, confirmé par un honnete Mirrors), accepter le projet Piranha 3D apparut à la fois comme une suite naturelle - on en change pas une équipe qui gagne et les frères Weinstein ne lâchent pas facilement un produit « bankable » - et un sacré défi. Oui, un sacré défi, tant au niveau de l'écriture que de la réalisation, le duo se devant de relancer une vieille franchise essoufflée et rognée jusqu'à l'os par le cinéma d'exploitation. Parmi tous les écueils se dressant sur la route d'Alexandre Aja et du duo de scénaristes Pete Goldfinger / Josh Stolberg, le plus délicat à franchir fut la construction d'une histoire qui puisse à la fois contenter un public de niche - les fans absolus du film de genre - mais aussi, au regard du budget conséquent alloué pour la production (24 millions de dollars), une audience plus large - et plus particulièrement celle, très jeune, ciblée habituellement par les productions Dimension Films.

Ils ont donc décidé de se poser non pas en héritiers de Joe Dante, mais en simples fans de films d'horreur. Pas simple. Il faut savoir que Piranhas, humble film d'exploitation surfant à l'origine sur les succès des Dents de la Mer, possède ses inconditionnels, ses intégristes. Et faire un remake d'une série B culte - pour différentes raisons - peut s'avérer aussi casse-gueule que de faire renaitre un grand classique du cinéma Hollywoodien. La solution choisie a donc été de prendre le métrage de 1978 à contre-pied, en abordant le thème de manière graphiquement excessive et potache, mais humble de par ses prétentions artistiques. Ainsi, le nouveau public évite la vision d'un film trop marqué par l'aspect vintage d'un modèle originel qu'il ne connait pas, et les irréductibles fans de Joe Dante ne seront pas tentés d'établir trop de déplaisants comparatifs. Cette décision a d'ailleurs entrainé Alexandre Aja sur des voies expérimentales, lui qui n'avait jusqu'alors traité l'horreur que de manière "sérieuse".

C'est une évidence, Piranha 3D, avec son intrigue simpliste et son ambiance immature, est un film totalement vide, « cérébralement » parlant. Et, finalement, c'est cette structure dégénérée, qui apparaitrait comme une tare dans bon nombre de métrages, qui se trouve être le principal atout du film! Personnellement, j'appelle cela un coup de génie! Maquiller leur ambition (car ce film est très ambitieux!) sous des couches de crétinerie a pour avantage de rendre Piranha sympathique et inoffensif. On oublie, dés les premières minutes, que derrière ces images de fantasmes ados se cache la grosse machinerie des Weinstein et l'on se retrouve placé dans le même état d'esprit, fait d'un mélange d'indulgence et d'amusement, que si l'on assistait aux polissonneries d'un garnement au sourire d'ange. Avec le recul, il me semble que ce choix de traitement était le seul qui pouvait amener Piranha sur le chemin du succès populaire. Et quand l'on voit que ce film s'est vu infligé d'un très sobre "interdit au moins de 12 ans" pour sa sortie dans les salles françaises, on se rend compte que la manœuvre a même abusé la censure.

Cependant, dernière ces apparences décontractées et ludiques, se cache un grand professionnalisme. "Sea, Sex and Blood", nous avait promis le buzz et la promo. Fallait-il encore le faire... et surtout nous convaincre à une époque où les même les séries TV grand public montrent des dissections de cadavres et où les publicités jouent la carte de la nudité et de l'outrecuidance. Et là, force est de dire qu'Alexandre Aja a mis le paquet! Le réalisateur a toutefois fait preuve de discernement et de méthode, construisant sa narration de manière précise - sans oublier qu'il s'agit avant tout d'un film jouant la carte de l'action et du suspense - comme un puzzle construit à base de références cinéphiles, de cameo, de gags potaches, de plans salaces et de démonstrations gore (décortiquer le film pour y dénicher tous ces éléments peut, lors d'une deuxième vision, se poser comme un jeu très divertissant). Au final, l'on obtient un métrage alerte qui, à aucun moment, ne baisse de rythme.

L'on prend aussi conscience de l'habileté d'Alexandre Aja à mener sa barque par sa manière d'introduire et traiter les passages les plus crus. S'il joue la carte de la pure vulgarité lors des séquences de Spring Break où, dans une esthétique video-clip putassière,  il noie le récit de gros plans en contre-plongée sur les croupes de hot chicks se trémoussant sur un fond de danse music pourrie , (le but est de récréer une ambiance à demi-hystérique et festive, à la manière d'une bacchanale potache), il en est tout autrement lors des véritables scènes érotiques et les passages très gore. Là, pour faire passer la pilule, il abat ses atouts principaux: l'humour et une grande technicité dans la réalisation. Ainsi, le ballet sous-marin, très explicite, voit son aspect voyeuriste (qui est évidemment omniprésent, d'autant plus que Kelly Brook et Riley Steele sont de magnifiques sirènes) estompé par un humour de situation jouant du décalage entre le contexte et le choix de traitement (esthétique et musical). Au final, la scène est drôle, impudique, très sexy, mais certainement pas scabreuse, et encore moins licencieuse. Quand aux plans trashs et aux scènes gore, Aja joue de la steadycam et des plans grues pour générer le plus de dynamique possible et, dans la grande tradition des films gore (BrainDead, Réanimator), dédramatise le tout par l'omniprésence de gags craspec et Grand Guignol (la fille qui se déchire en deux, la pouf aux gros seins en parachute ascensionnel, la nana sectionnée en deux, la bite flottant entre deux eaux, etc.) et une représentation cartoonesque des piranhas.

Techniquement, l'on se rend compte (pour peu que l'on regarde autre chose que le cul des filles et les tronches surréalistes des piranhas) qu'Aja a particulièrement soigné ses prises de vue. Il est aussi intéressant de remarquer qu'il a préféré s'imposer un traitement traditionnel plutôt que céder à la mode de la caméra épaule et du shaky-cam. Evidemment, le but principal était de donner à son œuvre une cosmétique typée "année 80" (et c'est tout à fait réussi), mais le fait est que quand l'on voit, lors de la séquence de l'attaque massive des piranhas, le nombre de figurants dirigés dans cet immense décor aux éléments mobiles, l'on se rend compte que l'équipe de tournage n'a pas dû rigoler tout les jours. Multiplication des plans, des valeurs de cadre, des points de vue, le tout devant prendre en compte les contraintes chorégraphiques gérant mouvements de figurants et effets spéciaux traditionnels, voilà ce que fut le travail quotidien de l'équipe d'Alexandre Aja et des techniciens de K.N.B. EFX Group (je serais d'ailleurs très curieux de jeter un œil sur le story-board). A ce moment là, l'on se situe techniquement bien au-delà des frontières de la série B. Visuellement, c'est très saisissant, d'autant plus que la photographie du vétéran John R. Leonetti est somptueuse. Les plus réticents à ce type de films seront à même de s'offusquer "tout ça pour une connerie pareille", il n'empêche que la performance technique est admirable.

On ne peut parler de Piranha 3D (ou pas) sans parler de son casting. Là encore, force est de constater qu'Alexandre Aja n'a rien laissé au hasard et qu'il a soigneusement choisi ses comédiens. Le résultat est d'ailleurs a la hauteur de ses attentions, et présente même quelques bonnes surprises. Steven R. McQueen et Jessica Szohr interprètent un jeune couple tout ce qu'il y a de plus sympathique, les deux comédiens ayant bien appréhendé la limite entre jeunesse et niaiserie. Encore mieux: dans le rôle d'un sheriff Forester assez proche du chef Brody des Dents de la Mer, Elisabeth Shue est étonnante de par son dynamisme, son charme et sa sincérité, alors que Jerry O'Connell, déchainé, surprend par son interprétation rageuse et emportée dans la peau d'un sacré connard. Et les seconds rôles ne sont pas en reste, avec des moments de gloire réservés au colosse Ving Rhames (toujours impressionnant), au model Kelly Brook (qui soit dit en passant, n'est pas trop mauvaise comédienne) et à la pornstar Riley Steele (la belle Crystal). Puis, cerise sur le gâteau, il y a ce défilé de cameo et de guest-stars, tous introduits de manière très drôle dans le récit. Certains crèvent l'écran, comme Christopher Lloyd, absolument désopilant dans la peau d'un doc Brown des plages, ou Richard Dreyfuss, qui ouvre le massacre. D'autres nécessitent un peu d'attention (encore une encore occasion de jouer avec Aja) pour être repérés dans la bouillie humaine de Piranha: Dina Meyer, Eli Roth, Gregory Nicotero, les cascadeuses Kym Stys et Nicole Randall ou les hardeuses Gianna Michaels et Ashlynn Brooke.

Enfin, reste à parler d'un sujet délicat: la 3D. Et sa justification. Le débat fait rage chez les fans, certains la juge totalement inutile, voire néfaste (d'autant qu'un collaborateur m'a affirmé qu'elle était de qualité variable suivant les salles), d'autres la trouvent amusantes. Mon avis est mitigé. J'ai assisté à un spectacle aux effets 3D convenables mais franchement peu légitimes. Certes, certains effets de profondeur sont intéressants, certes, certains gags sont plus efficaces qu'en version "plate", mais je trouve vraiment que, dans Piranha, la 3D reste un luxueux gadget et n'apporte pas grand chose de plus que les vieux "Relief" de la L'Etrange Créature du lac noir ou de Parasite.

La conclusion de

Si vous êtes amateur de spectacles Grand Guignol et de séries B aguicheuses et bourrines, ruez-vous dans les salles pour visionner Piranha (en 3 D ou pas, aucune importance). Le spectacle est d'autant plus assuré que, techniquement, le film d'Alexandre Aja est en tout point remarquable et que le casting est très (mais alors très) séduisant. Maintenant, pour les autres, ils faut vraiment qu'ils prennent conscience que Piranha n'est rien d'autre qu'un divertissement potache destiné à déclencher les rires gras et les hurlements de dégout de spectateurs ayant déposés leur cerveau à l'entrée de la salle, certains les ayant échangés temporairement contre une paire de lunettes 3D. Ceux qui y chercheraient autre chose seraient grandement déçus.

Que faut-il en retenir ?

  • Très spectaculaire
  • Des effets gore saisissants
  • Une excellente réalisation
  • Un casting de qualité
  • Riche en clin d'oeil et en cameo
  • De très jolies filles
  • La tronche des piranhas

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario alibi
  • Du divertissement basique

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