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Critique de la Bande Dessinée : Les crèvemines
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Critique de la Bande Dessinée : Les crèvemines

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 14 août 2010 à 1450

Mé ki sé se boulé?

Badorin, guerrier de niveau 57, se voit confier la plus étonnante, et la plus galère, des quêtes : accompagner les premiers pas d'un newb. Et pas n'importe quel newb, Darkill, un gamin impétueux, naïf et parlant un langage inintelligible. La mission de Badorin ? Expliquer à Darkill les particularismes de Razemoth tout en assurant sa protection. Pas simple. Et surtout très chiant...

WaoW suit le même processus de création que Les Chroniques de la Lune Noire et surtout, pour son aspect parodique, Le donjon de Naheulbeuk. En effet, nous tenons là une bande dessinée créée par des gamers pour des gamers.  Un produit de niche donc, celle du hardore gamer et du geek, dont l'efficacité s'appuie sur la force de ses références et, dans le cas de Naheulbeuk et WaoW,  de ses détournements comiques.  C'est aussi une œuvre réalisée par des artistes respectueux de la source originelle qui, à travers un traitement parodique mais affectueux, exprime leur respect et leur attachement à  loisir qui continue à les amuser.

WaoW est un donc une bande dessinée parodique basée sur le MMORPG World of Warcraft, lui-même étant, à la base une déclinaison non avouée des univers fantasy du Vieux Monde (Warhammer)  et des Jeunes Royaumes (Donjons & Dragons) dans laquelle ont été introduit de nombreux éléments féériques. World of Warcraft ne brille pas par un fluff ultradéveloppé ni par une grande cohérence structurelle mais il présente tout de même un monde avec de nombreuses particularités que les auteurs de la bande dessinée ont dû bien assimiler avant de passer à l'acte. Ce monde où la mort n'est qu'un léger contretemps, où un montre tué réapparait comme par magie quelques minutes plus tard et où l'on doit porter la plus grande attention à son buff et son stuff, c'est Azeroth - rebaptisé Razemoth pour des questions de droits, bien entendu.

LE FAB connaît bien le jeu vidéo. Cela saute aux yeux. Il est également un amoureux de l'héroic fantasy et de l'humour potache (la preuve : ses travaux avec ZAZ sur La Tour de Kyla et la série Paladin). Le scénario de Crèvemines (clin d'œil aux Mortemines, instance de l'Alliance pour les personnages de bas niveau) est donc à la fois ultra-référentiel, sonne comme du vécu et fourmille de situations humoristiques. Dans ce tome, un guerrier (que l'on devine joué par un adulte) doit faire équipe avec un gamin de 14 ans  qui débute dans le jeu vidéo. La construction des gags utilise donc comme arme la fracture générationnelle entre un gosse irréfléchi, parlant en SMS, et un tuteur nettement plus posé et au faîte des règles.  A coté de ça, LE FAB récupère toutes les irréalistes caractéristiques des MMORPG pour les transformer en situations comiques (le gamin qui meurt en boucle et qui passe plus de temps à se trimbaler en fantôme qu'à jouer, le roleplay défaillant de bon nombre de joueurs, les embouteillages de volontaires devant les PNJ confiant les quêtes, etc.). C'est assez drôle, c'est vrai. Cependant, contrairement à John Lang- avec Le donjon de Naheulbeuk, il parvient à divertir tous les amateurs d'heroic fantasy et pas seulement les joueurs de D&D - LE FAB n'arrive pas ici à donner de l'universalité à Badorin et Darkill. Les deux compères sont sympathiques, certes, beaucoup de gamers vont se reconnaître un peu en eux, mais le lecteur ne connaissant pas le jeu vidéo va nettement moins apprécier, car intrinsèquement, l'efficacité humoristique du scénario reste perfectible. Quelques pistes originales laissent toutefois espérer un futur intéressant, notamme quand LE FAB quitte le coté purement parodique pour introduire des éléments hors norme comme l'orc Grotang, qui se apparemment se goure de jeu.

Au niveau des dessins, le travail de Kitex (assisté de Mick pour les couleurs) se positionne dans la moyenne basse de ce que l'on trouve actuellement sur le marché de la BD francophone. A sa décharge, le dessinateur a dû se plier à deux contraintes : une mise en forme aérée et très classique pour amener une facilité de lecture apte à satisfaire un large éventail de lecteurs (beaucoup de joueurs de WoW sont très jeunes) et un style graphique devant évoquer celui du MMORPG (avec son petit coté manga qui n'est hélas pas très beau).  Le résultat final n'est pas laid, et encore moins désagréable à parcourir, mais il manque à la fois de personnalité et émane une impression de travail peu réfléchi (dans la finition des dessins que dans le choix des angles de vue).

La conclusion de

La lecture de ce premier tome de WaoW n’aura aucun mal à amuser les joueurs de World of Warcraft. Le Fab connaît bien le jeu et parodie de manière efficace les particularités ludiques (déjà fondamentalement drôles par leur absurdité) du monde d’Azeroth. Pour cela, l’album mérite bien une note de 75%. Par contre, le profane risque de nettement moins apprécier, car l’efficacité comique du scénario ne se base que sur le référentiel alors que les dessins de Kilex obéissent à la très médiocre charte graphique du jeu vidéo. Sans compter la mise en cadre, assez quelconque. Pour eux, la note est de 55%. Ce qui fait une moyenne de 65%.

Que faut-il en retenir ?

  • Une BD pour gamers fait par des gamers
  • Scénario bourré de références
  • Pour les gamers de WoW: 75%
  • Une BD facile d’accès

Que faut-il oublier ?

  • Un niveau graphique très moyen
  • Pour les profanes de WoW: 50%
  • Une mise en forme sans personnalité
  • Un humour de niche

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