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Human centipede - first sequence >

Critique du Film : Human centipede - first sequence

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 14 juin 2010 à 19:21

Avoir la tête dans le cul peut s’avérer mortel…


Certaines personnes, le moment de la retraite arrivé, supportent mal le fait d'être écarté de la vie active. Elles se sentent trahies par une société qui, les jugeant obsolètes, ne veut plus d'elles. Aux portes du cimetière des éléphants, elles sombrent alors dans la dépression. Mais, heureusement, la plupart de ces "bannis" ne réagissent pas comme le docteur Heiter, un ex-chirurgien de renommée mondiale, spécialisé dans les opérations visant à séparer les frères siamois. Car il faut dire que le vieux médecin a sacrément pété les plombs. Aigri, misanthrope, l'homme, qui vit désormais seul dans une propriété isolée au cœur de la Forêt Noire, a même carrément viré au savant fou. Fou, pervers et dangereux. Heiter s'est en effet mis en tête de créer des aberrations en greffant entre eux, tout d'abord des chiens, puis des êtres humains. Et c'est deux vacancières américaines et un jeune japonais qui vont avoir le malheur de constater le degré de démence du docteur Heiter....

The Human Centipede - First Sequence est un torture porn, certes, mais un torture porn bien particulier. En effet, sachez que dans le film de Tom Six vous ne trouverez ni des épanchements grand guignol ni d'écœurantes démonstrations graphiques, deux éléments chocs inévitablement rencontrés dans le domaine. Non, à la manière d'un défi lancé à lui-même et par la même occasion au genre, le réalisateur a opté pour un traitement suggestif, en nous secouant psychologiquement par la vision d'individus sans défense humiliés et déshumanisés, tout en n'omettant pas de glisser dans sa narration une (très) grosse dose d'humour noir (histoire de désamorcer un peu tout ça). Au final, le principe, assez proche de celui utilisé pour les WIP, fonctionne plutôt bien, malgré une base de travail - une intrigue minimaliste - qui aurait pu amener un résultat très banal, voire ennuyant.

On regarde donc avec une alternance d'amusement sadique (et même de rires), de gène et de dégout ces pauvres captifs reliés entre eux via leur système digestif, leur bouche greffée à l'anus d'un autre. Toute l'efficacité horrifique du métrage repose en fait sur l'imaginaire du spectateur et il suffit que le cinéaste mette en scène une seule séquence dans laquelle la "tête" déclare qu'elle a envie de chier pour que notre psyché fasse le reste durant toute la durée du film. Malicieux, conscient d'avoir atteint son but sans tirer vers la démonstration scato, Tom Six n'insiste pas (n'en remet pas une couche, oserais-je dire), évite ainsi que son film sombre dans le craspec pur et par conséquent maintient la pression.

Comédie dramatique très glauque, se déroulant dans une ambiance morbide et clinique (mise en place par une photographie très froide et des décors sans aucune fantaisie), The Human Centipede, First Sequence joue également avec notre inclination à la compassion. Voir mourir "la queue" de septicémie est bien sûr très triste, mais moins horrible que d'assister à la détresse du "milieu"; une jolie fille gémissante (elle ne peut crier car sa bouche embrasse un orifice anal!), à genou, désespérée, horrifiée, souillée, coincée entre deux cadavres après que "la tête" ait décidé de se suicider. De plus, comme souvent dans ce type de cinéma voyeuriste, le malaise du spectateur est amplifié par l'omniprésence d'un sentiment sous-jacent de culpabilité et de honte ("mais pourquoi donc est-ce que je prends plaisir à regarder une chose aussi répugnante?).

Cependant, malgré cette efficacité dans la mise en place d'une atmosphère à la fois drôle, horrifique et empathique, The Human Centipede, First Sequence présente un script vraiment plombé par trop d'incohérences (à noter que sur la fin, l'intervention policière est très mal amenée et traitée de manière absurde) et dévoile un objectif trop basique, tendance dungeon-movie (un exercice de style qui n'a aucun autre but que de choquer le spectateur), pour être autre chose qu'un film underground un peu différent... S'il n'y avait eu Dieter Laser. En effet, dans le rôle du docteur Heiter (une sorte de Menguele du 21eme siècle, bottes allemandes et cravache en sus, histoire d’accentuer le coté SS), Dieter Laser sublime l'intérêt du métrage de Tom Six, l'amène sur le terrain de la grande performance dramatique. Car ce comédien aux traits très particuliers est tout simplement extraordinaire dans le rôle d'un homme froid (la séquence où il présente calmement, schémas à l'appui, la future et horrible opération à ses "patients" ligotés sur leur lit est un très grand moment de cinéma horrifique), calculateur et totalement pervers, capable de terribles explosions de violence lorsque la situation lui échappe. Dieter Laser est donc parfait dans le rôle de cet homme au regard noyé de mépris qui, sous le prétexte de l'expérience médicale, ne songe qu'à avilir une jeunesse et une beauté qu'il en est arrivé à haïr. Aussi froid que Jeffrey Combs, aussi inquiétant qu’Udo Kier, aussi dément que Klaus Kinski, Dieter Laser EST l'élément majeur contribuant au succès de The Human Centipede, First Sequence.

Pour finir, parlons maintenant de la réputation de The Human Centipede, un film que la presse spécialisée a vite classé comme un monument du cinéma underground, une œuvre hautement traumatisante et immorale. Mmouais, autant l'annoncer tout de suite, s'il se fie à ces avis un peu trop emportés, le fan des Guinea Pig, de Murder-Set-Pieces ou d’August Underground risque d'être sacrément déçu devant le film de Tom Six. The Human Centipede lorgne bien dans la même direction que les films précités mais avec un regard nettement moins trash et surtout très humoristique (ce qui change tout!). Cela ne remet pas en cause, bien sûr, le niveau d'intérêt de The Human Centipede (au contraire, même), c'est juste qu'il ne se situe pas dans la même catégorie.

 

65

Dans le fond, The Human Centipède, avec son scénario minimaliste, ses incohérences et son manque de profondeur n'est certes pas un film mémorable. A coté de cela, le film réussit à dégager une ambiance efficace (en grand partie grâce à l'interprétation géniale de Dieter Laser) dans le domaine de la comédie noire dérangeante, jouant sur la suggestion plus que sur la démonstration. Un choix de traitement qui, au final, fait du film de Tom Six une alternative horrifique originale, méritant au moins un coup d'œil curieux de la part de l'amateur de cinéma bis et underground.

Critique de publiée le 14 juin 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Une alternative originale au torture porn
  • La mise en place efficace d'une ambiance très glauque
  • La performance géniale de Dieter Laser
  • Un humour noir qui fonctionne bien

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario minimaliste
  • Beaucoup d'incohérences
  • Un argument "insoutenable" surévalué

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