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La Créature du marais >

Critique du Film : La Créature du marais

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 13 juin 2010 à 21:18

Cosplay dans le bayou

Travaillant pour le compte d’un milliardaire mégalomane, une bande de mercenaires aussi bêtes que méchants prennent d’assaut un laboratoire gouvernemental planqué dans le bayou. Leur but est de s’emparer de la formule d’un philtre extraordinaire, invention d’un savant écologiste et Don Juan. Dans l’affrontement qui accompagne l’invasion des lieux, le gentil savant se retrouve recouvert de l’étrange produit et immolé par le feu. Fou de douleur, il se jette dans les eaux pour y disparaître dans une série d’explosions…

Pour réaliser en 1982 cette adaptation d’un DC comics du début des années 70, le réalisateur Wes Craven a choisi de coller parfaitement au style pulp propre à la bande dessinée de Len Wein et Berni Wrightson (la licence a été ensuite reprise par Alan Moore). On y retrouve donc le ton léger, voire naïf, du comic ainsi que les principaux personnages, comme le méphitique Anton Arcane, un milliardaire obsédé par sa quête de la vie éternelle. Si les non initiés pourront être surpris du spectacle, les amateurs de comics vintage ne s’étonneront donc pas de trouver dans le scénario de La créature du marais bon nombre d’éléments si simplistes que le métrage en finit parfois par en devenir comique. Certains passages sont d’ailleurs devenus cultissimes, comme lorsque dans le laboratoire, un Arcane cabotin dévoile sa véritable identité en enlevant son masque de manière excessivement théâtrale, tel Fantomas devant le commissaire Juve. On pense aussi à ces sbires absolument crétins qui prennent des poses sadiques ou ahuries, suivant les circonstances. En fait, le style pulp est tellement poussé qu’il frôle parfois le serial, voire le cartoon. A coté de cela, en plus de faire dans le manichéisme pur,  le script ne s’embarrasse pas de fioritures pour nous plonger le plus rapidement possible dans l’intrigue, comme lorsque les vilains mercenaires surgissent à l’instant même où Alec Holland fait, par le plus grand des hasards, une extraordinaire découverte.

Pour ce qui est de la construction de l’intrigue, La créature du marais récupère de manière assez peu finaude des éléments du mythe de Frankenstein et de La Belle et la bête (et ses nombreux héritiers, comme L'Etrange Créature du lac noir et King Kong). On assiste donc à la mise en place d’un amour impossible entre une belle Alice et un gentil monstre re-poussant (normal, puisque l’on parle d’une plante). Car évidemment, Alice, même si elle ne reste pas de bois devant la puissance physique de son chevalier servant, ne peut voir s’installer entre eux qu’un amour platonique. La créature est donc très malheureuse (l’on a beau être arbre, l’on en est pas moins homme) et adopte en permanence un air de chien battu. Sa souffrance est accentué par l’attitude de la jeune femme qui, un brin égoïste, se baigne nue devant elle en prenant des poses lascives… en principe dans les eaux saumâtres pleines de serpents et de crapauds (oui, car Wes Craven a oublié que nous sommes dans le bayou, pas aux Seychelles, dans un remake du Lagon bleu). Une séquence ultra-gratuite, donc, qui n’a aucun autre but que nous montrer les arguments mammaires d’Adrienne Barbeau (surnommée à l’époque BigBust !). Bref, le gentil monstre, faute de pouvoir faire crac-crac avec la fille, se contente de la protéger, baffant les crapules tout en affichant un air triste.

La potion, elle (à la couleur verte fluorescente, comme le sérum du docteur Herbert West), est une sorte de philtre aux propriétés philosophiques puisqu’elle restructure la chair pour en faire une représentation symbolique de la valeur de l’âme. Bon, on peut également tiquer sur cet élément narratif, puisque si l’on accepte assez bien que le colosse idiot et peureux se retrouve transformé en nain contrefait et le milliardaire machiavélique en hyène-garou, on ne voit pas pourquoi ce brave docteur Holland se retrouverait sublimé en une sorte de Hulk végétal (hormis le fait qu’il aime la nature) doté de régénération et de puissants pouvoirs curatifs (en effet, dans un halo vert du plus bel effet, la Créature est capable de soigner les blessures les plus graves).

Pourtant, malgré tous ces défauts affichés, l’on passe un bon moment à visionner La créature du marais. Wes Craven, qui pourtant n’est pas un spécialiste de la série B légère, parvient en effet à faire transparaitre, à travers un traitement au second degré, une atmosphère pulp qui évoque les comics des années 50-60. On sourit affectueusement aux situations plus que l’on se moque de leur naïveté, et l’on finit même par trouver divertissante cette exhibition cosplay bien cheap qui marque la dernière demi-heure du film. Oui, car sachez que dans ce bayou ne erre pas qu’un seul monstre à la panoplie trop large qui baille aux articulations. Non, en plus de la Créature dont seul le visage bénéficie d’un maquillage convenable, deux autres aberrations viennent égayer de leur désopilante allure la fin du métrage. Le premier est une espèce de nabot sautillant vraiment ridicule qui ne fait même pas l’effort de se matérialiser devant la caméra (cela se passe hors-cadre, sous une table). Le deuxième est Anton Arcane, le super vilain en personne, qui commence par se transformer en un étron-chrysalide du plus bel effet duquel jaillira une hyène bipède hystérique d’un mètre quatre-vingt. Très énervé, Anton-hyène-garou grogne et vocifère, mais sans que son faciès figé (le plus grossier des masques) ne laisse apparaître le moindre changement d’expression, ce qui est assez désopilant, il faut bien l’admettre.

La créature du marais vaut également le coup d’œil pour son casting. Dans le rôle de la jeune femme, on trouve Adrienne Barbeau. Même si l’on peut sourire à la vue de sa coupe de cheveux ultra-kitch, force est d’admettre que l’actrice dégage une belle énergie (il faut la voir mettre quelques coups bien placés à un mercenaire stupéfait) et elle empêche son personnage de sombrer dans le cliché « princesse en péril ». Ce n’est pas pour rien que la comédienne, à l’époque mariée à John Carpenter, était régulièrement choisie quand il s’agissait d’interpréter des rôles féminins forts. Dans le camp des méchants, c’est le français Louis Jourdan qui incarne Anton Arcane. L’acteur marseillais, qui a entamé sa carrière hollywoodienne au début des années 50, fait ici dans un registre qui lui va très bien : le riche mégalomane (qui a oublié le Kamal Khan d’Octopussy ?). Le réalisateur lui offre quelques séquences terriblement pulp, comme lorsque, à l’occasion d’une réception dans sa maison coloniale où le Wes Craven provocateur se lâche un peu (danseuses nues et invités ivres vautrés à la romaine sur des divans, des plans apparaissant  comme complètement gratuits et hors sujet), il glisse malicieusement le philtre dans le verre de l’un de ses gardes du corps.

Du coté des rôles de soutien, on relève la présence du génial Ray Wise sous les traits du docteur Alec Holland. La créature du marais est l’un de ses tous premiers films et il utilise ici son célèbre sourire plus pour séduire la belle Alice que pour embobiner (ou terrifier !) son entourage. Dans le registre des seconds couteaux, dix ans après La Dernière maison sur la gauche, Wes Craven a rappelé David Hess pour interpréter le rôle du chef des mercenaires et, pour notre plus grand plaisir, l’acteur en fait des tonnes dans le registre « tueur psychopathe » de films d’exploitation. Le voir sortir de sa poche un énorme serpent venimeux pour éliminer un pauvre type à sa merci est un grand moment de gratuité sadique. Enfin, le regretté Nicholas Worth est très drôle dans le rôle de la grosse brute sans cervelle.

50

La créature du marais flirte certes avec le nanar et y plonge même parfois à l’occasion de séquences désopilantes. Cependant, cet aspect n’est pas le seul intérêt de ce film réalisé par Wes Craven. En effet, on peut trouver dans cette adaptation de comic une très efficace atmosphère pulp et un casting de qualité qui font de cette série B un divertissement vraiment agréable, à défaut d'être d'une grande qualité.

Critique de publiée le 13 juin 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Une atmosphère pulp bien rendue
  • Un second degré omniprésent
  • Quelques passages nanar désopilants
  • Le casting

Que faut-il oublier ?

  • Scénario sans originalité
  • Personnages caricaturaux
  • Traitement parfois incohérent
  • Effets spéciaux calamiteux

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