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Critique du roman : Le Trésor du Rhin #3 [2010], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 22 avril 2010 à 18h40

Quelque chose de pourri au royaume des Burgondes

Brunehilde reposait sur son lit, les bras posés sur son ventre qui se soulevait au rythme de sa respiration affaiblie. Ses longs cheveux roux avaient été dénoués et traçaient autour de son visage pale un halo de rayons semblables à des flammes ou des rayons solaires. Sa bouche finement ourlée était close et ses lèvres délicates presque blanches. Elle semblait avoir embrassé un éternel sommeil, comme autrefois lorsqu’elle étreignait les guerrier morts au combat. A sa main droite, l’anneau du Nibelung semblait avoir tiré du cœur de la Walkyrie toute lumière et toute vie. Il luisait dans la pénombre comme un cercle rougeoyant…

Le trésor du Rhin est le troisième tome de La malédiction de l’Anneau, véritable chanson de geste d’Edouard Brasey construite à partir des trésors de la culture germanique et nordique comme le texte La saga des Völsung ou L’anneau du Nibelung (le cycle d’opéras de Richard Wagner). Composé de trois cent trente cinq pages, le roman nous expose la dramatique destinée de Siegfried, dernier représentant de la lignée terrestre d’Odin. Il est en quelque sorte une adaptation assez libre du Crépuscule des Dieux, quatrième volet du Ring de Richard Wagner.

Fidèle à son idée première, l'auteur, improvisé scalde pour l'occasion, utilise à nouveau la première personne pour introduire chaque acte de son histoire (qui en compte quatre). Ici, après la walkyrie Brunehilde dans le premier opus et Fafnir, le Géant devenu Dragon, dans le second, c'est l'Anneau Maudit qui se voit confier la tache de nouer les liens entre le poète, son texte et le lecteur, via l'expression de quelques pensées, emplies de mélancolie et de souffrance, reflets d'une condition non souhaitée. Une fois ceci fait, l’Anneau s’efface devant le récit de ces évènements qui vont amener  le déclin du royaume des Burgondes et le Crépuscule des Dieux.

Le changement de "narrateur" est également accompagné par un changement de style bien sensible, dû principalement à un resserrement de l'intrigue dans le temps (on continue donc une démarche amorcée dés Le Sommeil du dragon). En effet, comme le récit du Trésor du Rhin s'étend sur une période relativement courte - quelques mois -, on abandonne un peu le style narratif de la fresque épique pour épouser un phrasé plus personnel, plus en phase avec les enjeux de cet opus, qui sont essentiellement amoureux et domestiques. En effet - et c'est la deuxième grande nouveauté - on assiste aussi à une modification de la trame dramatique, ici nettement plus intimiste que dans les précédents opus.

On se rend compte, à ce moment, qu'Edouard Brasey est aussi à l'aise avec le traitement des amours d'alcôves et les intrigues de palais que lorsqu'il se consacre à la geste épique. Le romancier en profite d'ailleurs pour affiner et développer le profil de ces personnages de légende, en prenant bien garde, toutefois, de coller le plus possible aux faits composant le drame originel. Il est certain que les puristes n’apprécieront pas tous les prises de liberté et l’introduction d’un érotisme un brin racoleur mais par cette trilogie, Edouard Brasey s’adresse avant tout à un large public, en s’inscrivant dans une démarche pédagogique tout en gardant à l’esprit les notions de vulgarisation, modernisation et divertissement.

Textuellement, au-delà d'une introduction faisant office de piqûre de rappel (l'auteur nous résume la genèse de la malédiction de l'anneau), Le trésor du Rhin parle donc essentiellement d'amours. Les amours croisés de Brunehilde, Kriemhilde, Siegfried et Gunnar. Des amours forcés, des amours cachés et des amours frustrés. Avec un style qui joue avec l'humeur du moment de ses personnages, Edouard Brasey parvient à redonner un peu de sang neuf à une histoire romantique mille fois lue, mille fois vue et mille fois adaptée, et dans le fond un brin trop mélodramatique. Et c’est heureux qu’il est choisi de dépoussiérer et d’encanailler tout cas car le texte est presque totalement dédié à ce carré amoureux ! En effet, dans Le trésor du Rhin, les personnages secondaires agissent la plupart du temps en retrait, dans l’ombre, et quand certains (Hagen, Loki…) parviennent à occuper une place de choix, ils n’y séjournent que durant quelques lignes, avant de disparaître derrière le récit des déboires sentimentaux (des coucheries, serais-je tenté de dire) de Siegfried. Même la chute des Dieux peut être considérée comme sous-traitée, voire carrément expédiée. Dommage, il me semble que le crépuscule des Ases et des Vanes aurait mérité un peu plus de développement. D’un autre coté, Brasey se contente de suivre sa logique en restant assez fidèle à la structure de l’acte III du Crépuscule des Dieux. On ne lui en voudra donc pas (de plus, l'on aura peut-être droit à un grand feu d'artifice dans le prochain Brasier des Dieux). Finalement, seul Attila (seul personnage d’envergure introduit dans l’histoire par l’auteur), incarnation des Grandes Invasions qui ont secoué l’Europe des Ages Sombres, tire vraiment son épingle du jeu.

La conclusion de à propos du Roman : Le Trésor du Rhin #3 [2010]

Nicolas L.
75

Au final, Le trésor du Rhin est une conclusion logique de l’œuvre « wagnérienne » d’Edouard Brasey. Facile à lire, le roman est un bel hommage aux grands classiques dans lesquels il puise ses matériaux. Si l’auteur cède parfois un peu au racolage (si tentant lorsque l’on développe une intrigue construite à base de passion, de séduction et de tromperie), il ne sombre jamais dans la vulgarité pour, au final, offrir au grand public un agréable mélodrame romantique.

Que faut-il en retenir ?

  • L’adaptation intéressante d’un grand classique
  • Une plume aisée à appréhender, un style agréable
  • Une conclusion logique de l'intrigue wagnérienne

Que faut-il oublier ?

  • Un Ragnarök vite expédié
  • Une structure très mélodramatique
  • La mise en place d’un érotisme léger qui peut sembler racoleur

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