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Critique du Roman : Nos amis les humains
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Critique du Roman : Nos amis les humains

Avis critique rédigé par Maximilien S. le vendredi 6 février 2009 à 0722

Nos Amis les Humains, ou l'épisode raté de Un gars, Une fille

L'époque étant aux coming-out, voici le mien. Oui, je l'avoue, et qu'importe si cela me vaut l'opprobre et la vindicte, oui, j'ai un jour aimé lire Bernard Werber !  J'étais jeune, pétri d'espoirs et fasciné par les fourmis, j' ai adoré les deux premier volumes du cycle de nos amis héxapodes. Un peu plus âgé, je lus le troisième épisode, plutôt raté à mon goût. Suivirent le père de nos pères, sympathique série B, le livre du voyageL'empire des Anges, L'Ultime Secret, bref, ça allait de mal en pis, et bien que je filasse le plus heureux amour avec Charybde et Scylla, la coupe finit par être pleine et je me rabattis alors sur Norman Spinrad, un registre fort différent.

J'ai récemment essayé de replonger dans l'univers Bernard Werber, avec Nos amis les humains, dont il a tiré un film. Avant de porter un jugement sur une oeuvre, je prends toujours le temps de bien l'inscrire dans son contexte et son genre littéraire. Si possible de connaître les intentions de l'auteur. Je ne juge pas Gérard de Villiers sur la profondeur de son propos, pas plus que je n'exige d'Orcs de Stan Nicholls de m'en faire voir plein les mirettes par l'élégance de son style. Tous les genres ont leur code. Nos amis les humains est ainsi une pièce de théâtre, dans un contexte S-F, une pièce de théâtre proposant une réflexion anthropologique et quasi mystique sur l'Homme, la place qu'il entretient dans le cosmos, les relations homme-femme, l'humanisme, etc. Ambitieux.

Raoul, chercheur, et Samantha, dompteuse (histoire de changer de l'actrice porno ou de la journaliste simplette), se retrouvent comme par magie dans une cage de verre géante. Un conflit nucléaire amorcé par des fous de guerre Indo-Pakistanais (on aurait mieux fait de les envahir pour y mettre un peu de démocratie, semble suggérer l'auteur) a désintégré la planète, et machin et machine sont les deux fiers derniers survivants de l'Homo sapiens. Jolie trouvaille, de quoi écrire un papier intéressant. Le livre, très court, s'achève en trente, quarante minutes. Je l'ai lu d'une traite, sans vraiment me faire une idée, et c'est interloqué que j'ai jet.. reposé le bouquin.

Qu'en ai-je pensé ?

Esprit de nuance, Platon et Feuerbach à ma rescousse ! C'est le plus mauvais truc que j'ai lu depuis des années. Ecrit avec la maestria d'un lycéen qui ne connaît de Dante que le personnage de jeu vidéo, le livre est probablement une plaisanterie du Sieur Werber, une farce ou plus exactement une mascarade. L'auteur s'est proposé de rédiger un contre-exemple, un anti-texte, une leçon empirique pour jeunes dramaturges désespérés. Je lisais tout à l'heure Antoine Albalat et son Comment ne pas écrire, publié en 1921, et je donnerais un bras et demi pour qu'il fût encore là pour intégrer à l'essai cette chose a-littéraire nommée bienvenue chez les... nos amis les humains.

Des livres pas terribles, il y en a pléthore, mais des blagues de ce niveau, ça se compte sur les doigts d'une main (et de surcroît pas polydactyle). Tout d'abord, il ne s'agit pas d'une pièce de théâtre. C'est absolument injouable, et ça n'a certainement pas été conçu pour être joué (le principe d'une pièce...). Et alors, me rétorquerez-vous ? Les pièces de Sartre et Camus non plus, et ça ne les empêche pas d'être excellentes. Le problème, c'est que ces messieurs avaient, outre une pensée, du style. Non pas que je sois un ayatollah de la figure de style ou que je voue au bûcher l'écriture blanche en soi, mais diable, tout de même !

L'écriture est incolore, minimaliste, d'une pauvreté linguistique à faire pâlir de jalousie Marc Lévy et Guillaume Musso réunis. "Oui, mais c'est du langage parlé, spontané, personne ne s'exprime à l'oral comme ta grand-m.... le Rastignac de Balzac." Sûrement, vous répondrais-je, mais l'exercice n'en est alors que plus périlleux. Probablement écrite en 1 heure et demie (du moins je l'espère), la pièce est indispensable à toute soirée de déprime. Un anti-dépresseur de luxe, l'anxiolytique idéal,  que dis-je !

Tout cela, je l'aurais volontiers pardonné. J'ai abordé la lecture par la paralittérature, où la forme est souvent reléguée au second plan. Mais le problème, c'est que la pièce est tout aussi vide au niveau du fond. Un homme, une femme, seuls dans une cage, qui se foutent sur la gueule pendant vingt minutes avant de passer aux galipettes (ah l'infâme, je spoile tout !). Et là tout y passe, on a le droit à tous les poncifs sexistes  et à tous les abîmes de la pensée. Monsieur avoue qu'il ronfle, mademoiselle s'en effarouche ; elle est loin d'être une lumière, lui s'en offusque. Ils ne veulent pas d'enfants, il préfère laisser l'humanité crever. Lorsque, ah, montjoie saint-Denis et divine surprise, la nature reprend ses droits, et après avoir échangé pendant deux plombes les pires banalités, on apprend que les ronflements de monsieur berceront mademoiselle, qu'ils sont faits pour s'entendre et qu'ils donneront à l'humanité une seconde chance. Tout ça pour ça.

La conclusion de

En somme, un livre réactionnaire sans se l'avouer, torché en une heure et demie par un ornithorynque sous LSD (je ne peux pas croire que Werber l'ait vraiment écrit, il a engagé Steevy, je ne sais pas). Décousu, illisible, cette pièce est au théâtre ce que Bigard est à l'école Romantique et à la pensée ontologique ce que Casimir est à l'impératif Kantien. Une fumisterie sans nom, un épisode particulèrement raté de Un gars, Une fille.

Que faut-il en retenir ?

  • L'idée de départ, originale.
  • Brillant exemple de ce qu'il ne faut pas faire en (para)littérature.

Que faut-il oublier ?

  • Un texte tout simplement bâclé, qui aurait mérité un peu plus de travail, tant sur la forme que sur le fond.

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