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Critique du Film : Le Masque du démon
Le Masque du démon >

Critique du Film : Le Masque du démon

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 30 juillet 2008 à 1546

Quand Mario Bava marque l'horreur de son empreinte

Dans les années 60, alors que les compagnies britannique et américaines, suivant l'élan initié par la Hammer Films, se lancent dans les productions en couleur et dans la vénération de l'écarlate, le cinéma latin continue à oeuvrer dans le style classique, avec un noir et blanc de plus en plus travaillé et nuancé.
Ce processus de raffinement extrême dans la recherche graphique fait que cette période est celle des directeurs de la photographie. Des hommes d'ailleurs souvent passés par la suite à la réalisation. Hors, parmi tous ces hommes complets, à la fois esthètes et techniciens, Mario Bava, à l'aise autant dans l'Eastmancolor des peplums que dans le noir et blanc des films fantastiques, est reconnu comme étant l'un des plus doués. Et cet homme, célèbre pour être l'un des principaux initiateurs du genre giallo (polars violents mettant la plupart du temps en scène des meurtres à l'arme blanche et devant son nom à une collection de romans populaires), est aussi l'auteur d'excellents films d'horreur classique, dont ce fameux Masque du Démon.


Ecrit par le réputé scénariste Ennio de Concini d'après une nouvelle de Gogol, le Masque du Démon raconte l'histoire de la sorcière Katya, qui, deux siècles après son exécution, revient d'entre les morts pour trouver à la fois une vengeance et une nouvelle incarnation. La trame, qui respecte à la lettre les codes du romantisme gothique, est donc très classique (peut-être un peu trop, et c'est la seule faille du film). Aussi, plus que l'histoire elle-même, ce qui transcende cette oeuvre magnifique sont le traitement et l'interprétation.
Installé aux commandes de ce film, Mario Bava effectue un colossal travail esthétique. S'inspirant de l'expressionnisme allemand et du romantisme gothique de l'Universal, il parvient à donner à son oeuvre sa propre atmosphère, à la fois poétique et angoissante, la période et le lieu choisi (la Russie tsariste du 19ème siècle, à la fois sauvage et mystérieuse) s'ajoutant à une ambiance cotonneuse entretenue par l'omniprésence de brumes et de jeux d'éclairage feutrés. Chaque cadre se voit donc travaillé, chaque lumière de chandelle étudiée, chaque pose de comédien longuement calculée. On atteint la quasi perfection dans la mise en place de harmonieuse entre mise en scène et réalisation, sans que cela ne paraisse trop artificiel ou ampoulé.

Mélangeant les thèmes de morts-vivants, de goules et de vampires à partir d'une légende folklorique russe, Le Masque du Démon est une oeuvre à l'enchevêtrement d'une complexité au-dessus de la moyenne, d'autant plus que l'on peut y trouver quelques éléments externes comme l'hérédité et la transposition d'âme par la lignée. Cependant, sur ce dernier point, il ne faut pas se méprendre, Mario Bava ne l'introduit que pour mettre en avant le jeu fascinant de Barbara Steele.
Barbara Steele... Un femme à la beauté troublante, pouvant passer sans atours ni artifices de l'ange au démon. Le Masque du démon marque ses débuts dans le cinéma horrifique italien. Un essai réussi puisqu'elle en deviendra sa plus grande star (Ricardo Freda, Antonio Margheriti, pour ne citer que les plus connus, compteront parmi ses plus grands admirateurs). Elle joue dans ce film deux rôles, celle de la sorcière, une femme vile, au visage marqué par les stigmates du masque de torture, et celle de la douce princesse Asa, proie des goules et de la concupiscence des créatures d'outre-tombe. Mais elle n'est pas la seule à exceller, le reste du casting est également parfait - notamment le jeune John Richardson qui incarne la figure très classique du preux chevalier à travers un personnage de médecin sympathique et volontaire.

Enfin, il serait injuste de ne pas citer l'excellente qualité des décors gothiques composant la quasi totalité du plateau de ce film. Cryptes lugubres, salles de château plongées dans une demie obscurité, tavernes bruyantes et enfumées, paysages déchirés ou forêts inextricables, tous les ingrédients du film gothique réussi sont ici réunis, pour notre plus grand plaisir. Et en plus de cela, n'oublions pas de signaler l'efficacité de la musique de Roberto Nicolosi (remplacée par celle de Les Baxter pour la version destinée aux salles US), tour à tour mélancolique, poétique ou macabre.
Pour la petite histoire, sachez que Lamberto Bava, fils de Mario, réalisa en 1989 un remake télévisuel (avec une histoire se déroulant de nos jours) de moins bonne facture .

La conclusion de

Grand classique du cinéma horrifique transalpin, Le Masque du Démon démontre tout le savoir-faire de ce grand réalisateur que fut Mario Bava, un cinéaste à l'aise dans tous les styles. D'une grande beauté graphique et riche d'une ambiance envoûtante, ce film marque de manière éclatante les véritables débuts de Barbara Steele, la plus italienne des comédiennes britanniques. Un film à voir et à revoir...

Que faut-il en retenir ?

  • Sublime photographie
  • Décors très réussis
  • Atmosphère envoutante
  • Barbara Steele et le reste du casting

Que faut-il oublier ?

  • Un schéma de départ très classique

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