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Critique du Film : La Mère des larmes
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Critique du Film : La Mère des larmes

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 25 juin 2008 à 1614

On en pleurerait presque...

Scientifique attachée au musée d'archéologie de Rome, la jeune Sarah Mandy est témoin de l'horrible meurtre commis sur l'une de ses collègues. Aidée dans sa fuite par une étrange voix intérieure, elle a réussit à échapper aux assassins qui, apparemment, ont des vues sur une vieille relique récemment réceptionnée. Au même moment, une inquiétante vague de violence commence à déferler sur la capitale italienne...
Plus d'un quart de siècle après Inferno, Dario Argento nous propose le troisième et dernier volet de son cycle dit des "3 Mères" - dans lequel un triumvirat de sorcières oeuvre pour répandre le mal et le chaos sur la Terre. Il faut dire que ce troisième opus, l'on ne l'attendait plus vraiment, et nombre de fans furent surpris quand la nouvelle de sa mise en chantier se rependit. Sorti en automne 2007 en Italie et en Espagne, le film fut fraîchement accueilli mais cela ne l'empêchera pas de bénéficier d'une sortie en salles aux USA et au Canada. Pour la France, il faudra probablement attendre la fin de l'année en direct-to-DVD (les droits sont détenus par Metropolitan). La version qui m'a servi pour la construction de cette critique est issue du DVD italien, disponible en zone 2 depuis le mois d'avril 2008.


Mais de quoi parle donc cette Terza Madre (cela sera la Mère des Larmes pour la sortie française)? Il me faut tout d'abord préciser, afin d'éclairer tous ceux qui ne seraient pas initiés à cette mythologie cinématographique, que l'intrigue générale tourne autour des agissements maléfiques de trois sorcières très puissantes. Les précédents volets (Suspiria et Inferno) ont mis en image la destruction de deux de ces créatures, Mater Suspiriorum et Mater Tenebrarum, respectivement dans leurs demeures de Friburg et de New-York. Reste la dernière, et la plus puissante de toutes, Mater Lacrimarum, qui réside à Rome. La découverte, à l'occasion de fouilles, d'une relique pouvant lui amener une incroyable puissance occulte va réveiller les ambitions hégémoniques de la sorcière.
Le scénario suit les atermoiements de Sarah Mandy, interprétée par Asia Argento (la fille du réalisateur). Fille de l'une des héroïnes du premier volet, elle est douée de dons médiumniques et elle se retrouve involontairement embarquée dans ce maelström de magie noire, entraînant avec elle ses proches, amants et amis. Pistée par les sbires de la sorcière, elle va essayer de trouver une personne susceptible de l'aider. Ce qui va l'amener à arpenter les quartiers de la cité romaine qui, sous l'influence maléfique de Mater Lacrimarum, sombre dans la violence et la débauche.

La première chose qui surprend à la vie de cette Terza Madre, c'est le choix du style graphique. En effet, Suspiria et Inferno sont des oeuvres aussi célèbres pour leur niveau de gore que pour leur esthétisme ultra travaillé, à la fois baroque et new age. Nombre de critiques définissent d'ailleurs ces films sous le qualificatif de "peintures baroques vivantes" avec, de plus, un aspect lyrique entretenu par la musique étrange et electro-psychédélique des Goblins. Hors cette fois-ci, dans ce troisième opus, Dario Argento choisit de s'éloigner complètement de ces précédents travaux. Il abandonne cette photographie "arty" qui l'a rendu célèbre pour aborder son sujet de manière plus modérée... plus moderne, serait-on tenté de dire. Même la séquence de sabbat finale, qui emprunte à l'imagerie médiévaliste de Bosch pour sa vision des Enfers, ne bénéficie pas d'un traitement poussé dans le domaine graphique, juste une photographie à la chromatique très chaude, histoire d'appuyer une imagerie donnant dans l'art grotesque, mais pas plus...
Donc, on assiste finalement à un spectacle qui, au niveau purement artistique, ne respire pas trop la "Argento Touch" (s'il y en a vraiment une, tant le cinéaste est un maître dans l'art de l'expérimentation... hélas, plus ou moins réussie). Cependant, l'ambiance ne trompe pas. Dario Argento est toujours aussi sensible à la dissertation sur le thème de la douleur et à l'horreur feutrée qui se dissimule dans les secrets des rayonnages de bibliothèques. Ainsi, aidé par son ami Sergio Stivaletti, le réalisateur laisse respirer son goût pour la corruption des chairs à travers quelques effets gores totalement gratuits mais efficaces. Il s'attele aussi à détruire encore ces miroirs de l'âme - mais également medium de tromperie et de faux-semblants - que sont les yeux à travers des scènes très violentes et percutantes. Enfin, il promène ses caméras dans les bibliothèques et les lieux de connaissance de Rome, qu'il nous présente comme des endroits de dernier refuge et de révélations mystiques (Sarah Mandy, qui en se concentrant, parvient à se fondre dans le décor). Si à cela, on ajoute la mise en oeuvre du savoir-faire de Dario Argento dans la démonstration narrative, avec de beaux plans séquences et des cadrages souvent très pertinents, on est à même de penser que la Terza Madre est loin d'être aussi mauvais que l'on veuille bien le clamer.

Cependant, je dois admettre que les détracteurs de ce film ne s'inscrivent pas complètement dans le faux. En effet, la Terza Madre n'est pas dénué de défauts. Les plus évidents sont issus de l'étroitesse du budget qui ne colle pas vraiment (c'est le moins que l'on puisse dire) à l'ambition affichée par Dario Argento. Avec ces "massives" manifestations de violence qui se résument aux pitreries de trois figurants dans une rue où, en fond de cadre, circulent des passants pas du tout concernés, et les effets spéciaux numériques hideux, on frole parfois le ridicule (mention spéciale au poupon sensé représenter un nourrisson jeté dans le Tibre). Puis, il y a cette naïveté souvent affichée par les personnages (la mère de Sarah, icône sorti tout droit d'Harry Potter), les approximations dans la direction des figurants (les possédés de l'asile, à la maladresse pathétique) et dans les raccords (l'écrasement de la tête de la sorcière eurasienne), et les raccourcis faciles (A l'appel de la Mère des Larmes, les sorcières maléfiques déboulent toutes à Rome, d'accord, mais alors, pendant ce temps, que font les sorcières blanches?). Tous ces éléments tirent vers le bas le niveau qualitatif de ce film qui se montre parfois assez brillant.
Pour finir, et enfoncer le clou, j'en viens à vous parler des personnages et de leur interprétation. Pas grand chose à reprocher à Asia Argento, qui ne s'en sort pas trop mal avec un personnage précalculé de manière éhontée (la tunique est livrée dans un musée où, comme par hasard, travaille la fille qui a contribué à détruire Mater Suspiriorum, waouh...), c'est plutôt dans les rôles de soutien que se situe le malaise. Par exemple, Udo Kier joue un exorciste. Il pénètre dans son bureau en titubant (on me croirait à l'article de la mort), il prend un cachet et les plans suivants saute comme un jeune cabri. Même égorgé, il parvient à échapper à la tueuse possédée, c'est dire la santé! Et que dire aussi de cette "horde" de sorcières, en fait cinq poufs sapées en gothique qui ricanent et tendent leurs majeurs aux citoyens romains - qui s'en foutent royalement. En enfin, il a la grosse déception; la vision de la Mère des Larmes, et là, pour le coup, ça marche, l'on a bien envie de pleurer. Incarnée par le model israélien Moran Atias (l'une des plus belles filles du monde), cette relecture de la Barbara Steele de Danse Macabre n'est non seulement ni impressionnante, ni magnétique pour un sou, mais en plus Dario Argento a réussi à la rendre moche (ce qui est une sacrée performance, je dois dire). Et ne parlons pas de sa destruction qui ne laisse qu'une seule phrase en bouche: beuh... c'est ça la plus puissante des sorcières du monde?

La conclusion de

Antithèse esthétique des précédents volets, La Terza Madre est, à mon avis, beaucoup moins mauvais que certains le prétendent. Cependant, c'est vrai qu'il est indigne du talent de Dario Argento et de la réputation de ce cycle. Le métrage recèle son lot de bonnes surprises et il bénéficie parfois du génie de son concepteur (dans les prises de vue, certaine éléments thématiques récurrents), mais il est aussi plombé par un scénario médiocre, un manque de budget évident et, j'ai bien du mal à l'admettre, le comportement fumiste du maestro, qui apparemment a perdu le feu sacré. Une déception...

Que faut-il en retenir ?

  • Quelques plans de caméra géniaux
  • Des effets gore percutants
  • Des éléments narratifs intéressants
  • L'expression d'une volonté de renouvellement

Que faut-il oublier ?

  • Le scénario médiocre
  • Les personnages mal travaillés, parfois ridicules
  • Les effets numériques, hideux
  • Un aspect cheap très gênant
  • Mater Lacrimarum: nulle à pleurer

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