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Critique du Film : Suspiria
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Critique du Film : Suspiria

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 26 octobre 2005 à 0858

Un véritable tableau de maître

Une jeune fille américaine, Suzy, arrive dans la cité de Fribourg afin de suivre une scolarité dans une prestigieuse école de danse. Arrivée sur les lieux, elle est assez surprise par l’atmosphère étrange qui y règne, et petit à petit, elle va se douter qu’ils s’y passent d’étranges évènements. C’est alors que d’horribles accidents commencent à se produite, pendant que Suzy se voit soudainement sujette à de nombreux malaises. Elle finit par apprendre que cette académie était autrefois la demeure d’une terrible sorcière, Mater suspiriorum. Et si l’école était encore sous son emprise ?..
L’idée de créer Suspiria est venue à Dario Argento par le biais de sa femme, Daria Nicolodi, qui, lors d’un voyage en train à travers la Transylvanie, lui raconta cette légende qu’elle tenait de sa grand-mère. Ayant à cet instant fréquenté, et avec succès, uniquement le giallo – thriller horrifique italien, à l’origine du slasher movie – avec quelques infidélités à l’occasion des Frissons de l’Angoisse, le cinéaste voit là une occasion de pousser un peu plus loin sa fibre fantastique.
Bien lui en pris, car le tournage de Suspiria fut pour lui une expérience inoubliable qui le fit entrer de plein pied dans le panthéon des grands réalisateurs. Et cela grâce à un choix de traitement artistique risqué et rarement usité. En effet, Dario Argento a en premier lieu traité son œuvre comme une sorte de tableau baroque vivant et musical, une revisite totale d’un film de la Hammer revu à la sauce irréaliste et Dantesque, mâtiné de Herzog.
En véritable esthète, à la manière d’un peintre, il décide pousser à son paroxysme les contrastes de couleurs, avec des dominantes ; le rouge si dérangeant (l’Enfer, le sang) et le bleu (l’onirisme, le rêve) pour éclairer des décors d’un baroque nous rappelant également le gothique si cher à l’expressionnisme allemand. Les plans de nuit en sortent terriblement efficaces, plongeant le spectateur dans un véritable cauchemar, un monde onirique terriblement dangereux. Un monde de noir et blanc en couleur, si j’ose dire.
Cette impression de rêve est appuyée par le rythme lancinant instauré par la musique de Goblin, créée durant le tournage – et certaines pièces même avant - en étroite collaboration avec le cinéaste, afin de permettre une parfaite homogénéisation entre les deux médias ; le son et l’image. Le cinéaste changea même parfois ses prises de vues et adapta son montage en fonction de la composition musicale. Un travail terriblement minutieux mais d’une efficacité sidérante qui donne au résultat une précision digne d’un balai, la danseuse étoile pouvant être Suzy.
Révélé par le Phantom of the Paradise de Brian de Palma, la jolie Jessica Harper qui interprète Suzy contribue elle aussi à cette sensation onirique avec son physique angélique et un peu infantile et, en la regardant, on a un peu l’impression d’assister à une aventure d’Alice au Pays des Horreurs. Autour d’elle, les autres personnages, très mystérieux, émanent un grand nombre de sous-entendus qui laissent la porte grande ouverte à notre imagination.
Mais Suspiria est bien plus qu’un film à l’atmosphère angoissante et mystérieuse, c’est également un film d’horreur, et au final, c’est cette alchimie qui rend le produit si efficace. Lorsque arrivent les scènes de meurtres, Dario Argento laisse tomber le sous-entendu et le ‘’suspiria’’ (soupir) pour nous imposer en force le démonstratif et le cri. Et on s’aperçoit avec surprise que alors que ces séquences horribles - le sang coule à flot et les gros plans sont légions – auraient du nous effrayer terriblement, leurs apparitions sont en fait presque un soulagement, comme une poussée libératrice de notre angoisse accumulée lors des séquences précédentes. On se surprend à respirer, abandonnant notre apnée involontaire. Ces plans horrifiques n’en sont pas moins choquants, voire gênants. En partie en raison de leur qualité esthétique, plus proche du tableau de maître que de l’exhibitionnisme cradingue propre au gore. Tous ces éléments mettent un peu le spectateur, ce voyeur passif, dans une position d’inconfort et de culpabilité. On pourrait presque dire que c’est beau, d’une beauté macabre bien sur, mais d’une beauté tout de même.
Dario Argento va soigner ces qualités graphiques durant tout le métrage, et le summum sera atteint lorsque Suzy pénétrera dans le couloir qui mène à la sorcière. Sa lente progression vers l’horreur se fait sous la forme d’un véritable tableau expressionniste et même les mouvements de l’actrice sont calculés et amplifiés de manière théâtrale, comme aux premiers instants du cinéma muet.

La conclusion de

Suspiria est assurément le meilleur film du maestro et un véritable chef d’œuvre du cinéma. Filmé de manière très personnelle, mélangeant avec souplesse des ingrédients comme l’art pictural, l’opéra, l’expressionnisme allemand et l’horreur pure, cette œuvre d’art est un véritable voyage dans les plus profondes régions du pays des cauchemars. Une œuvre mythique et un succès mondial amplement mérité.

Que faut-il en retenir ?

  • La photographie, troublante et majestueuse
  • Les scènes chocs très efficaces
  • Un scénario simple mais bien retranscrit
  • Des comédiens charismatiques
  • Une musique en phase avec le métrage.

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