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Critique du Film : Cloverfield
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Critique du Film : Cloverfield

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 17 février 2008 à 1816

Amusant...

Précédé d'un buzz médiatique comme on n'en avait pas vu depuis longtemps (depuis le Projet Blair Witch d'ailleurs...), Cloverfield était bien entendu attendu au tournant par tous les geeks du monde entier qui avaient suivit la campagne promotionnelle sur Internet. Faux journaux télévisés, fausses coupures de journaux, vraies informations mineures et grosses intox en tout genre, autant dire que le film a su astucieusement faire parler de lui. L'artisan de cette communication : J.J.Abrams, créateur de séries à succès récemment promu réalisateur, véritable cador de la "manipulation" médiatique, qui a su, presque chaque fois, faire passer des vessies pour des lanternes et vendre des produits infiniment médiocres en arrivant à faire croire que c'était très bon. Il suffit ainsi de voir le résultat avec le catastrophique Mission : Impossible III pour se rendre compte que le bonhomme est meilleur VRP que réalisateur.

Dernière arnaque en date, donc, ce Cloverfield, "petit" film de trente millions de dollars, qui serait peut-être passé totalement inaperçu si ce dernier n'avait su le vendre. Un nom mystérieux (The untitled J.J.Abrams project devenu le non moins mystérieux Cloverfield), une affiche, un pitch de départ, une énorme fausse information (le film est présenté comme un film DE J.J.Abrams et non pas comme un film juste produit par J.J.Abrams) et énormément de fausses informations diffusées sur la toile, voici la formule magique pour un succès garanti. Mais au final, la question n'était pas tant de savoir si le film serait à la hauteur des attentes, mais plus simplement s'il serait à la hauteur de sa campagne promotionnelle...

Donner une réponse n'est pas si simple. En effet, sur énormément de point, Cloverfield est complètement débilitant tant il a tendance à prendre le spectateur pour un parfait demeuré. À commencer par ce rendu "caméra amateur", vendu comme LE coup de génie du film. Sérieusement, Matt Reeves a t-il déjà vu un vrai film amateur, une vraie vidéo de famille ? Tout ceux qui, comme moi, en ont déjà regardé au moins une lors d'un dimanche pluvieux en famille se sont dors et déjà rendu compte qu'un film amateur, ça ne ressemble pas à ça. Non, un film amateur, c'est purement et simplement chiant : les plans sont larges, longs (voire très longs) sur la durée et les travelings "d'école" sont légions. Non, un film amateur, ça ne bouge pas autant et ce n'est pas aussi rythmé. D'autant que l'imposture va très loin en ce que la caméra utilisée est plus proche de la caméra de cinéma que du vulgaire camescope : si le réalisateur a bien fait attention de reproduire ce grain dégueu typique des caméra numériques, autant dire qu'au niveau son et éclairage, en revanche, on est devant de la très bonne qualité : pas un souffle de vent, pas une saturation du micro, la vision de la caméra s'étend sur plusieurs mètres alors même que l'action se passe de nuit... non, rien à faire, le rendu "caméra amateur" ne passe pas.

D'autant qu'au niveau histoire, si l'on peut comprendre l'obstination d'un personnage à vouloir tout filmer, on se rend vite compte qu'il est souvent impossible à ce dernier d'arriver à cadrer comme il le fait, alors même qu'il est en train de fuir ou de se cacher. A ce moment, comme si de rien n'était, Matt Reeves passe alors en caméra "subjective", comme si le personnage avait un dispositif de caméra sur ses lunettes. Malgré tout, au bout du compte, force est d'admettre que c'est tout de même ce procédé qui sauve le film du bide total tant sa capacité immersive est indéniable. Pendant soixante-dix minutes, le spectateur est au coeur de l'action, au côté des personnages, tentant de comprendre ce qui se passe, d'apercevoir ici et là le design du monstre tant attendu, d'attendre avec frémissement de savoir qui sera le prochain personnage à se faire avoir et, surtout, de quelle manière mourra t-il ?

Parce qu'en effet, au part ça, il n'y a pas grand chose qui réussi à capter notre attention, et surtout pas un scénario qui confine au néant : pas l'ombre d'un personnage travaillé auquel on pourrait s'attacher, aucun rebondissement, que du prévisible et, surtout, des dizaines et des dizaines d'incohérences. Passons sur la principale (le héros est sauvé, mais il y retourné pour sauver sa copine), il fallait bien une histoire, mais toutes les autres sont trop souvent énormes : caméra hyper-solide, personnages blessés qui courent comme des lapins, péripéties à deux balles, tout y est pour constamment nous sortir du film et nous faire pousser des soupirs exaspérés.

Heureusement, Cloverfield est tellement court que l'on a pas le temps de s'ennuyer... Le film ne dure les quatre-vingt dix minutes annoncées par le dossier de presse que parce que le générique de fin en fait une vingtaine à lui tout seul. Ajoutez à cela le fait que le début (totalement inintéressant) dure un bon quart d'heure également et vous avez, au final, une action qui ne dure qu'un tout petit peu moins d'une heure. Tout juste ce qu'il fallait pour ne pas perdre le spectateur en route et lui faire passer, somme toute, un moment pas trop ennuyeux.

La conclusion de

Bien que véritablement immersif pendant quelques soixante-dix minutes, Cloverfield est l'archétype même du film-poubelle, vite vu, vite oublié. Il est en effet quelque part fâcheux de se dire que la campagne promotionnelle était nettement plus passionnante et réussie que le long-métrage qu'elle vendait, non ?

Que faut-il en retenir ?

  • Une capacité immersive indéniable,
  • Plutôt divertissant.

Que faut-il oublier ?

  • Un rendu caméra amateur pourri,
  • Un scénario prétexte,
  • Des dizaines d'incohérences.

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