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Critique du Film : Cloverfield
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Critique du Film : Cloverfield

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 16 février 2008 à 1657

En direct de Daily Motion...

Après un buzz mémorable, d’ailleurs très bien maitrisé par la production, voilà que Cloverfield avec son kaiju du 21ème siècle pointe le bout de ses tentacules et de ses papattes dans les salles de cinéma. Inutile de dire que le phénomène était attendu au tournant, notamment au regard de la popularité que connaît en ce moment le producteur J.J. Abrams auprès des jeunes amateurs de série TV.
Pour ce film au budget confortable mais pas extraordinaire (30 millions de dollars), le réalisateur Matt Reeves a choisi d’utiliser une technique de narration en vogue basé sur la sensation de cinéma vérité, extension cinématographique de la bien connue télé-réalité. Pour ce faire, il a donc orienté ses prises de vue sur le procédé initié par un certains Blair Witch Project visant à donner l’impression que tout le visuel présenté est généré par le défilement à l’écran d’une bande vidéo amateur (cadre chancelant, time code apparent, image granuleuse, mise au point approximative). Il pousse même le vice jusqu'à faire ressortir l’économique aspect « palimpseste numérique » de la bande vidéo en faisant régulièrement ressurgir à des moments clés les reliquats d’un film écrasé montrant deux des héros dans un décor nettement plus enchanteur (la fête foraine de Coney Island).


Cependant, Cloverfield étant un film d’action, de surcroit un film de science-fiction construit sur un enchainement d’évènements destructeurs, le réalisateur a dû parfois laisser de coté son esprit logique pour se consacrer à l’exploitation d’un arc mettant les protagonistes dans des situations où jamais ils n’auraient pensé – ou même tout simplement pu – continuer à capturer des images. Dans ces moments là, Matt Reeves se contente de basculer en une classique vue subjective, tout en gardant la structure technique basée sur les cadrages erratiques afin que son film ne change pas de couleur d’ambiance.
Comme pour Hostel, par exemple, le film, dans son premier quart d’heure, est totalement inintéressant. Il nous introduit, image Handycam à l’appui, dans un univers où tous les personnages nous sont inconnus et nous indiffèrent totalement. J’ai eu l’impression de revivre certains ennuyeux dimanche après-midi pluvieux chez des lointains parents, à regarder le film Super8 de leur dernière vacances à la Baule et le premier pâté de sable du petit cousin Dudule. Sauf que là, en place et lieu de souvenirs de vacances, ça ne parle que de ces histoires de cul propres aux jeunes adultes (peu réaliste, d’ailleurs, cette assemblée de jeunes gens tous sortis de Dawson ou d’une quelconque autre sitcom pour teenagers, essayez de trouver un moche ou un obèse là-dedans, pour voir…). Bref, c’est horriblement chiant. Heureusement, cela ne dure que 19 minutes, avant que la créature n’arrive…

On ne sait pas ce qui lui prend, à cette grosse bête, ni ce que lui a fait le gouvernement américain, mais on peut affirmer qu’elle est sacrément en colère. Elle commence par décapiter l’un des principaux symboles des valeurs américaines : la statue de la Liberté, avant de poser ses gros pieds sur l’ile de Manhattan et monter une revue dévastatrice sur Broadway. Impressionnant, je dois l’admettre, même la crispante Lisa Minelli n’avait pas fait autant de dégâts dans ses années de gloire. Invité aux festivités, le spectateur, essayant de discerner quelques choses à travers des prises de vue parkinsoniennes, aperçoit durant une heure des bouts de la créature, une multitude d’araignées de mer hyper agressives et délivrant un venin toxique et des escouades de militaires dépassés par les évènements.
Car, en fait, il faut savoir que le spectateur est invité à accompagner un petit groupe d’amis isolé au milieu d’un affrontement entre ces bestioles d’origine inconnue et les forces américaines. Le film prend alors l’allure d’une sorte de témoignage de guerre vu par un œil neutre, mais dont l’attitude parfois étrange des protagonistes et l’environnement donnent au métrage des aspects de luxueux canular. Entre un réseau cellulaire encore en fonctionnement, une caméra d’usage domestique qui subit sans dommage une tonne de chocs et des nuages de poussière, une qualité d’effets sonores exceptionnelle en totale contradiction avec le rendu « amateur » de l’image, et surtout des personnages qui ne pensent ni à rassurer leur famille, ni à leur donner des nouvelles sur leur sort, on a du mal à adhérer à cette pseudo-réalité de pacotille.

Heureusement, malgré ces carences artistiques et structurelles, je ne me suis pas trop ennuyé à la vision de Cloverfield (à part au début). Tout d’abord parce que le film est court : une telle technique de cadrage ne peut trop durer sans finir par agacer le spectateur ou même l’indisposer (n’est-ce pas Lujayne ?), mais aussi parce que Matt Reeves parvient à garder durant une bonne heure le climax assez tendu. Ohh, l’on n’a aucunement peur – on ne sursaute même pas -, mais, un peu comme dans le cas du très moyen Chute du Faucon Noir – qui pousse aussi très loin le subjectif dans un environnement guerrier -, on s’amuse à suivre les malheurs de ces personnages dont on a rien à faire, simplement pour savoir s’ils vont finir en steak haché. Un peu minimaliste comme intérêt, c’est vrai, mais suffisamment pour tenir jusqu’à l’épilogue.

La conclusion de

Cloverfield est au cinéma ce que la Star Ac’ est à la musique, l’expression navrante d’un néant artistique dissimulé sous un camouflage de sensationnel. On peut trouver cette approche de non-cinéma divertissante, c’est vrai, mais je n’arrive pas à y discerner autre chose qu’une rigolote attraction de foire. Pas de scénario, pas de mise en scène, un montage-cut, bref, du travail de fumiste. En fait, seuls les effets sonores, exceptionnels, tendent à prouver qu’il y avait au moins un technicien bossant sur ce film.

Que faut-il en retenir ?

  • Une exceptionnelle qualité sonore
  • Quelques séquences amusantes

Que faut-il oublier ?

  • Une technique de prise de vue qui peut agacer
  • Scénario basique et pourtant non dénué d’incohérences
  • Artistiquement nul et techniquement inintéressant

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