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Critique du Roman : Le goût de l'immortalité
Le goût de l'immortalité >

Critique du Roman : Le goût de l'immortalité

Avis critique rédigé par Manu B. le jeudi 27 septembre 2007 à 1315

Le goût de l'immoralité

"Mon cher Marc, le voilà donc acheva, ce travail qui avait osé croire qu'il pourrait me résister! Et depuis hier, je n'ai plus rien à ajouter. Il ne reste qu'à le livrer à mon client, et à lui souhaiter bonne lecture: les "Arrêts du Tribunal de Grande Instance du Paris/France/Europe/1985-1995" sont d'un ennui sans fond..."
Journal intime d'une vieille dame. Vieille n'est peut-être pas le mot adéquat pour sa situation. Surtout quand on sait ce par quoi elle est passée pour être toujours là aujourd'hui. Et surtout quand on sait dans quel monde de merde elle vit. La pollution a ravagé la planète. Plus question de mettre le nez dehors. La question est de savoir ce qui de la peau du visage ou des poumons va fondre en premier. Damnées pluies acides ! L'humanité est obligée de se terrer comme des rats dans d'immenses monades urbaines où l'étage correspond à son niveau social et au niveau de ses finances. Quel heureux hasard... Cette vieille se souvient qu'elle était au 42ème étage d'un immeuble de Ha Rabin. Elle se souvient qu'avant ses 7 ans elle a vu les couleurs, qu'elle a rencontré Cheng, cmatic, iasmatine. Elle se souvient qu'elle a été vivante...
Catherine Dufour était considérée comme notre "Pratchette" à nous, comme quoi l'humour burlesque en fantasy n'est pas réservé qu'aux Britanniques -en l'occurence, Terry Pratchett, puisqu'on en parle-. Du moins elle l'était, jusqu'a ce roman: le goût de l'immortalité. On se demande bien ce qui s'est passé entre 2003 et 2005, après Blanche-Neige et les lance-missiles, après l'ivresse des providers et de Merlin l'ange chanteur, avec son univers décalé, les petites fleurs et les fées clochettes. Parce que le goût de l'immortalité n'a rien, mais alors rien à voir avec du Pratchett. Catherine Dufour nous a décrit, à la place, un monde infernal.
On pensait que ce genre de monde sans espoir ne pouvait être écrit que par des auteurs de talent comme Thierry Di Rollo ou M. J. Harrison, mais on se trompait. Ce roman est une vraie claque et frise le chef-d'oeuvre. Ce n'est pas à proprement un roman contre les ravages de la pollution -quoique la situation de la narratrice y soit pour beaucoup dans les conséquences des changements de climat, de pureté de l'air-, mais ce n'est pas un nouveau troupeau aveugle de Brunner. Cet air malsain qu'on respire à l'extérieur contribue à planter un décor des plus sombres, un background irrespirable –à l’intérieur comme à l’extérieur- , qui ne laisse aucun échappatoire à la population qui aurait des idées de liberté. Les masses miséreuses sont donc confinées dans les bas étages des immenses blockhaus et ne peuvent donc avoir aucun espoir, sinon celui de s'organiser. Et l'apparition de la maladie appelée rota va encore plus déséquilibrer les choses, creuser les fossés sociaux entre le haut et le bas. Catherine Dufour ne s'intéresse, au contraire de Brunner, qu'à quelques personnages: cmatic, shi, cheng, iasmatine, la narratrice et sa mère qui fait la putain. Et c'est autour de ces gens que la ramification va s'étendre de manière parfois anarchique. Anarchique car avouons-le, ce roman manque de structure, multipliant les digressions et passant d'un personnage à un autre par d'étranges transitions narratives. On remarquera d'ailleurs que cette enquête ne repose sur aucune grosse surprise, propre à retourner une intrigue. C'est de toute façon l'apanage de ce genre de roman noir et glauque.
Mais c'est au niveau de la forme que Catherine Dufour nous prend aux tripes et qui donne toute sa force au roman. On pourrait parfois le qualifier de brut. Sans filet, la narratrice ne fait aucun effort pour ménager le lecteur, elle semble exposer les faits sans enrober la vérité, donnant une puissance énorme à son récit, et une certaine légitimité dans son propos.

La conclusion de

Le goût de l'immortalité est la claque littéraire qu'on souhaite prendre de temps en temps. Souhaitons que cet auteur ou d'autres nous secouent de la même manière un peu plus souvent.
Prix Rosny Ainé 2005. Prix Bob Morane 2006. Grand prix de l'imaginaire 2007.

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