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Critique du Film : Déjà vu
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Critique du Film : Déjà vu

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 13 avril 2007 à 1524

Voyeurisme temporel peu excitant

Des gars de la Marine filmés au ralenti, heureux, tenant dans les bras leurs enfants et par la hanche leurs charmantes et radieuses épouses. De longues files d’écoliers hilares qui circulant au milieu de cette foule joyeuse, quelques officiers souriants, regardant d’un air paternaliste et fier toute cette jeunesse américaine pleine de vie. Quel bonheur ! On se croirait visionner une pub pour Crédit Bancaire. Puis, soudain ; la catastrophe, l’innommable, l’acte d’un dément, probablement, ou d’un terroriste psychotique : l’attentat à la bombe ! Une gigantesque (et moche) gerbe de flammes numérique qui envoie ad patres l’innocente fine fleur de l’Amérique, et au fond du Mississipi les filles d’acier de la General Motors.. On en pleurerait tellement c’est émouvant… Oui, si tout cela n’était pas traité avec autant de superficialité et de guimauve. Là, pour le coup, j’en ai rigolé.
Remarquez, j’aurais du m’en douter. Que pouvait donner comme autre résultat que cette mielleuse introduction cette alliance diabolique entre ce faiseur frimeur qu’est Tony Scott et le spécialiste du blockbuster républicain Jerry Bruckheimer ? Certainement pas du Steven Soderbergh ou du Michael Mann, c’est sûr. C’était prévisible, carrément programmé… Mais bon, faisant mauvaise fortune, bon cœur (enfin, c’est surtout que ce soir là, je n’avais que ça à me mettre sous la dent, ou plutôt les mirettes), j’ai décidé de persévérer pour voir ce qu’allait m’offrir ensuite le responsable de l’existence de Top Gun et de Spy Game. Je dois dire qu’avec un surprenant Domino réalisé en 2005, Tony Scott était quelque peu remonté dans mon estime, en essayant de produire un cinéma un peu plus personnel et réfléchi (bon, c’est vrai dans Domino, il y a aussi Richard Kelly au scénario, ce qui n’est pas sans influence)..


« Déjà vou », comme le dise les américains, n’est pas un film fantastique s’appuyant sur un développement métaphysique du phénomène, ni une dissertation théologique sur le sujet. Non, c’est un véritable film de science-fiction, un polard SF utilisant des thèmes en vogue comme les paradoxes temporels, les trous de ver, les effets papillons et autres joyeusetés physiques et mathématiques qui, en temps normal, mettent en joie le geek que je suis. Donc, vous l’avez bien compris, le film parle de voyage dans le temps. Ou plutôt de voyeurisme spatio-temporel, du moins durant toute sa plus grande partie.
En effet, le script part sur le principe que le gouvernement a mis au point un système permettant de visualiser sur un écran, en temps réel, une action s’étant déroulé 4 jours auparavant (Oui, 4 jours pile poil, cela évite de s’enliser dans une multiplication des questionnements dérangeants sur son utilisation). Pratique, n’est-ce pas ? Notamment pour revoir une scène de meurtre ou les auteurs d’un attentat mettre en place le criminel dispositif et, occasionnellement, pour mater les filles sous la douche - car, j’ai oublié de vous dire, ce système de surveillance traverse le béton et le métal.
Oui, très efficace… Pour autant que l’on sache où il est utile de pointer la caméra temporelle à l’instant t, celui qui nous importe. Et c’est ce qu’est chargé de déterminer un agent fédéral goguenard nommé Doug Carlin (Denzel Washington), afin de résoudre l’affaire de ce Mississipi Burning aquatique et identifier le coupable. Ainsi, sans se soucier le moins du monde - comme tous les autres d’ailleurs - de l’aspect éthique et politique de la chose (« guère démocratique mais bien pratique » sera son seul commentaire sur le sujet, car apparemment, pour les auteurs, le cinéma n’est pas compatible avec l’exercice de réflexion), l’agent Carlin s’attelle donc à la tâche et nous offre une enquête plus que policée et un récit très mou du genou.
Car bien que superbement mis en image (comme d’habitude avec les frangins Scott), Déjà vu ne délivre aucune tension dramatique, aucun climax. Restant très superficiel, n’osant s’aventurer dans aucune argumentation critique, ni aucune intelligence de fond, le film de Tony Scott est un défilement de plans chiadés au service d’une histoire tout d’abord complètement édulcorée, morne (rarement vu course poursuite sur l’autoroute, de plus menée à l’envers du sens normal de la circulation, aussi peu trépidante ; même Taxi c’est plus jouissif… c’est dire), puis ensuite complètement crétine lorsque le courageux flic décide de voyager lui-même dans le temps, à l’insu de sa hiérarchie (parce que, bien entendu, la machine était prévue assez grande pour ce faire).
A partir de ce moment (et même un peu avant), ce profiler clairvoyant, qui est capable d’identifier l’odeur d’une molécule d’explosif à cinquante mètres, noyée au milieu des crottes de pigeon, va carrément devenir un imbécile mettant une plombe à comprendre ce que le spectateur déduit en cinq minutes. A sa décharge, on dira qu’il met en évidence le dicton « l’amour rend idiot » puisqu’il tombe amoureux de la fille qu’il est chargé de tirer des mains du tueur, un psychopathe apolitique (aucune prise de risque) et complètement taré. Mais bon, cela est quand même dur à avaler bien que cette invraisemblance, vous allez rire, ne soit qu’un détail devant l’ineptie de ce stupide dénouement, un happy end hollywoodien que l’on croirait sorti tout droit de la corbeille à papiers du bureau de Michael Bay.
Et les comédiens là dedans ? Et bien, pour en finir avec ce Déjà Vu, je dirais que, comme souvent, Denzel Washington est excellent. Il a vraiment beaucoup de charisme ce gars là, un véritable Sidney Poitier des années 2000. C’est en grande partie son jeu décontracté et son air éminemment sympathique qui m’ont encouragé à poursuivre le cours du récit. A coté de lui cachetonne un Val Kilmer qui a apparemment adopté un régime CheeseBurger à la Banane-chocolat (ou alors c’est mon écran 16/9 qui me joue des tours, mais je ne pense pas, à la vue de son double menton) et quelques autres rôles secondaires dont Paula Patton, une nouvelle Halle Berry, dans le physique et l’attitude. Autant dire pas grand-chose, sans vouloir être insultant.
Bref, ce film, c’est un peu : « circulez, y’a rien que du Déjà Vu, en moins bien. »

La conclusion de

Déjà Vu est une œuvre qui reprend pêle-mêle bon nombre d’éléments « déjà vus » par ailleurs, et qui les regroupe au sein d’un script monotone et souvent peu crédible. La réalisation, d’une superficialité assommante, n’arrange guère les affaires du spectateur somnolent, même si la photographie est d’excellente qualité et que les prises de vue sont très chiadées. Bref, on s’ennuie ferme à suivre cette histoire fadasse dont le seul véritable point fort est un très bon Denzel Washington. C’est quand même bien peu…

Que faut-il en retenir ?

  • Photographie et prises de vue parfaitement maîtrisées
  • Un excellent Denzel Washington

Que faut-il oublier ?

  • Scénario sans relief et aseptisé
  • Réalisation fade, sans aucune prise de risque
  • Récit peu crédible

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