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Critique du Film : The Thing

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 8 octobre 2005 à 11:38

Le chef d'oeuvre de Carpenter

Dans l’Antarctique, les membres d’une station polaire découvrent un organisme étranger enfoui depuis des milénnaires dans la glace. Ils ramènent alors la créature dans leur base. Celle-ci se réveille, très agressive, et grâce à sa faculté d’imiter l’apparence de ses victimes, elle se confond parmi les occupants de la base et les massacre l’un après l’autre. La résitance s’organise devant la menace mais la paranoïa s’installe et les lois sociales s’écroulent, chacun soupçonnant son prochain d’être la Chose.
Dans les années cinquante, Christian Nyby et Howard Hawks nous offraient un classique de la série B SF avec la Chose d’un autre monde dans lequel une équipe de scientifiques américains luttait contre un extra-terrestre humanoïde mais végétal, complètement dépourvu de compassion et d’humanité. Bien sur, en pleine période de guerre froide, le script cachait à peine son anticommunisme primaire, l’extraterrestre belliqueux imageant grossièrement la menace d’une invasion de soviets impitoyables.
Trente ans plus tard, John Carpenter retravaille le sujet pour bâtir une œuvre hautement psychologique, une sorte de paroxysme du principal thème de sa filmographie ; l’avance du Mal, masqué et indestructible. Toujours présent dans ses précédents films (le masque de Myers, la brume de The Fog) ou dans ceux qui suivront (l’extraterrestre de Starman, l’apparence humaine des créature de Invasion Los Angeles, ou l’Anti-dieu du prince des Ténèbres par exemple), le concept du déguisement est incarné cette fois par un monstre capable de prendre la forme la plus familière pour tromper ses futures victimes et pour pénétrer dans leur intimité, la station polaire, comme une sorte de cheval de Troie génétique.
L’absence d’une présence féminine parmi les douze habitants met également en évidence des ingrédients Freudiens multiples : le confort et la sécurité de la station (intra-utérin) et le danger du froid glacial à l’extérieur (extra-utérin), les transformations du Monstre (une sorte de mère archaïque typique, comme dans Alien) qui peuvent être vues comme autant de renaissances. McReady et les autres peuvent aisément être assimilés à des enfants en présence de l’inconnu, du sale, du non conventionnel. Dans une des séquences du film, l’équipe se résout à sortir de la station – salie par la présence de la Chose – tout en restant relié par une corde – le cordon ombilical – dont la rupture entraîne les pauvres enfants dans l’égarement.
Reste qu’en dehors de cette considération psychologique qui peut entraîner de multiples et passionnantes relectures du métrage, The Thing est un sacré bon film de terreur. Un huis clos terrifiant qui met en avant les thèmes récurrents chers à Carpenter (punition des lâches, héroïsme exacerbé, notion de sacrifice) en les déformant à plaisir. Pour rajouter au climat oppressif de la situation, Carpenter cadre très serré les acteurs apeurés, use de manière abusive du hors champ et du montage alterné. Par cet artifice, il installe le spectateur dans une position inconfortable de témoin impuissant coincé dans un espace contigu sans refuge possible, d’où le Mal, voire l’Abject (la Chose n’a ni forme définie, ni taille, qui pourrait la référencer) peut surgir de n’importe où, n’importe quand, tel un virus – il ne faut manquer de se rappeler que la découverte du virus du SIDA, en ce début des années 80, a semé le trouble sur l’avenir des rapports humains. Le spectateur en arrive à douter du contenu de chaque plan, ce qui fait de The Thing un des films les plus déroutants et terrifiants des années 80.
Comme d’habitude dans le cinéma de Carpenter, le personnage principal, McReady, incarné par Kurt Russell, acteur fétiche du réalisateur (Jack Burton, New York 1997, LA 2013) est un personnage très ‘’Hawksien’’ qui émane force et entêtement. Carpenter est un réalisateur américain somme toute de formation classique, qui pourrait être traité par ses détracteurs, il est vrai, de réactionnaire. Il faut cependant signaler que le héros ‘’Carpenterien’’, s'il est vrai que la fin justifie les moyens, est toujours au service d’une justice morale, contrairement à l’Inspecteur Harry de Don Siegel, par exemple, qui est lui au service d’une justice ‘’établie’’. D’ailleurs, dans ce film, le héros n’hésitera pas à sacrifier sa vie pour sauver l’humanité de la destruction.
Du coté des effets spéciaux, grâce à un confortable budget de $15 millions, The Thing a également marqué son époque avec les maquillages impressionnants de Rob Bottin. Hélas, lors de sa sortie en 1982, le film fut aux States un énorme bide commercial. Les raisons de cet échec sont assez obscures ; trop violent diront certains, trop noir diront d’autres (en effet, la fin ouverte n’est pas particulièrement optimiste, laissant les deux seuls survivants plongés dans la nuit polaire, voués vraisemblablement à la mort). Toujours est-il que le film a connu plus tard un énorme succès en vidéo, est-ce à dire qu’il était sorti trop tôt ? Peut-être…

100

The Thing est un film énorme, intelligent, traumatisant et doté d’effets spéciaux hors normes pour l’époque. Avec ce remake, John Carpenter pose les bases d’un nouveau cinéma horrifique, qui mêlange les techniques du slasher survival des années 80, la science fiction parano des années 50, et un aspect psychologique très prononcé. A mon humble avis, il peut être considéré comme l’équivalent d’Alien pour les années 80.

Critique de publiée le 8 octobre 2005.

Que faut-il en retenir ?

  • Trame psychologique forte
  • Ambiance traumatisante
  • Interprétation exemplaire
  • Effets spéciaux exceptionnels

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