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Critique du film : Cronos [1993], par Lucie M.

Avis critique rédigé par Lucie M. le dimanche 25 septembre 2005 à 08h02

Un film envoutant né sous le signe de Del Toro

[ATTENTION SPOILER]
Au 16 siècle, un alchimiste obnubilé par la vie éternelle, invente une petite pendule en forme de scarabée qu’il nomme Le Cronos. Cette magnifique pendule dorée renferme un mystérieux mécanisme qui détient le pouvoir de rendre la vie éternelle. Dans les années trente un immeuble s’effondre et un homme, des plus énigmatiques, est retrouvé dans les décombres. Il a un air des plus âgés et il s’avère être ce même alchimiste, l’inventeur du Cronos. Son identité découverte ; les autorités s’aventurent dans sa maison où ils découvrent bien des objets fabuleux qui sont vendus aux enchères, et d’autres secrets bien plus terrifiants qui sont vite oubliés. De même que Le Cronos qui se trouve être caché dans une statue angélique. Bien des années plus tard, Jésus Gris (Federico Luppi), un antiquaire accompagné de sa petite fille Aurora (Tamara Shanath), vont être confronté à l’étrange pendule et à un milliardaire, Dieter De la Guardia (Claudio Brook), qui désire absolument obtenir Le Cronos. Ce riche industriel, qui se trouve être mourant, envoie son neveu Angel (Ron Perlman) pour récupérer cette pendule des plus extraordinaires.
Guillermo Del Toro signe avec Cronos son premier long métrage remarqué au festival de Cannes, de Gérardmer et qui gagna de nombreux prix dans son pays d’origine, le Mexique. C’est sa vision du mythe vampirique qu’il nous livre avec savoir faire et beaucoup d’idées. Nous sommes loin des clichés vampiriques et le don ténébreux est donné à Frederico Luppi par le biais de la petite pendule. D’ailleurs à l’intérieur de cette pendule, il y a une sorte d’insecte qu’on ne voit pas réellement au fil du film et c’est Claude Brook, qui interprète Dieter De La Guardia qui nous l’apprend en même temps qu’il le dit à Jésus Gris. Ce qui est très captivant d’ailleurs puisque le rouage de la pendule est semi organique et Guillermo Del Toro le filme souvent. Cronos est un film délicat, je pourrais dire, il comporte énormément de scènes où les sentiments des personnages nous transportent et tout les acteurs dégagent une sorte d’aura authentique. Au niveau des effets spéciaux, il n’y en a pas beaucoup, et quand il y en a, ils ne sont pas, évidemment, terribles mais juste là où il faut quand il faut. Un judicieux dosage vue les moyens monétaires du film.
Donc tout commence en fait quand Jésus Gris trouve Le Cronos et quand la pendule dorée lui agrippe la main devant les yeux horrifiés de sa petite fille Aurora. Après cette attaque des plus inattendues, Jésus Gris s’avère complètement changé et sous le charme du Cronos. Il rajeunit de façon extraordinaire et même sa femme, Mercedes (Margarita Isabel), n’en revient pas. Mais Jésus Gris commence à avoir des faiblesses pour l’hémoglobine et on le remarque quand il participe à une grande fête, donnée pour le jour de l’an, et qu’il suit aux toilettes un homme saignant du nez. Cette scène nous prend aux trippes puisque Frederico Luppi se baisse et récupère peu à peu le sang de l’homme qu’il a perdu sur les lavabos des toilettes. La marre de sang est petite mais elle est noire/rouge et épaisse. Cependant son effort pour ne pas en perdre une goutte est contrarié par un second homme qui sort des toilettes et qui nettoie tout ça. Pauvre Jésus Gris, il a besoin de sang et il est envouté à tel point qu’il en découvre une autre par terre. Il se couche à terre et la lèche avec délectation. Ce passage du film est terrible et l’acteur Frederico Luppi est des plus crédibles dans sa quête et sa soif de sang.
La soif de sang du personnage de Frederico Luppi est graduelle. Le Cronos agit sur lui comme une sorte de drogue dure et en première partie du film il est comme envouté par le réconfort que lui procure la pendule. Il ne sait pas ce qui lui arrive mais il ne fuit pas. Car même si il souffre de son état de dépendance, il ne désire qu’une seule chose c’est de continué ! Il essaye en vain de protéger sa petite fille qui assiste à sa mutation sans rien dire. L'hésitation malsaine du personnage est des plus troublantes et cette dualité entre le mal qui fait du bien et le bien qu'on doit respecter met en évidence ce qui va suivre plus loin.
Toutefois tout se complique quand apparaît Angel De La Guardia, le neveu d’un riche industriel, qui est chargé de récupérer Le Cronos et qui est obnubilé par son nez (ce qui est très drôle puisque le personnage de Ron Perlman se le fait casser au moins deux fois dans le film). Cet industriel recherche la pendule depuis moult temps et il est prêt à faire n’importe quoi pour la retrouver. Il possède même le manuel de l’Alchimiste et sait comment se servir de la pendule. Dieter De La Guardia est un être sec et avide d’éternité. Atteint d’un cancer, il persécute son neveu qui est son homme à tout faire et ce dernier ne désire qu’une seule chose voir son oncle mourir pour hériter de sa fortune. Le lieu où habite le riche industriel est des plus froids. Il vit dans une usine (il me semble) et il est enfermé dans une grande pièce où sont accrochées au plafond un nombre incalculable de petites statuettes angéliques. La preuve qu’il recherche celle où se trouve Le Cronos depuis un grand nombre d’année.
Le rapport familial entre l’industriel et son neveu est très intéressant et le lieu ou vivent les deux hommes caractérise très bien le profond de leur âme. Ce sont des hommes calculateurs et qui veulent à tout prix obtenir quelque chose. Ron Perlman désire l’argent de son oncle et Claude Brooks Le Cronos. Ils sont froids et violents. Et ils s'immiscent dans la vie de la famille Gris de manière insidieuse au départ et rudement en cours de film. Pourtant ils possèdent tous les deux une différence. L’un, qui est proche de la mort, croit au pouvoir de la pendule, tandis que l’autre est sceptique et il ne croit quand une seule chose : son héritage. Cette dualité, de leurs personnages, renforce le film de manière réelle et cela inclus, dans ce film fantastique, un côté très terre à terre.
Donc, Dieter De la Guardia, envoie son neveu acheté la statuette angélique où normalement se trouve Le Cronos. Mais Jésus Gris l’a déjà trouvé et utilisé. De part ce fait une bataille s’entame entre les deux hommes, Jésus Gris et l’industriel. Mais Angel, qui possède un caractère des plus brutaux, tue Jésus Gris. Toutefois il le tue pour rien puisque ce dernier est devenu immortel grâce au pouvoir de la pendule. Ensuite on assiste à une scène très drôle dans la morgue, où git Jésus Gris, car on participe à la préparation du cadavre qui est fortement comique. Surtout quand on annonce au préparateur du corps que ce dernier sera brûlé.
La mort de Fredirico Luppi surprend le spectateur, il faut le dire. On se demande pourquoi Guillermo Del Toro désire que son personnage principal décède. Ce questionnement est presque normal car sa nature vampirique n’est pas réellement mise en avant au cours de la première partie du film. Tout est montré insidieusement, au fur et à mesure et de manière très fictive. Comme si on assistait au déroulement d’un fabuleux conte fantastique ancré dans notre monde moderne. Le début y fait beaucoup aussi quand on apprend comment Le Cronos a été construit par cet alchimiste, cette sorte de savant fou, obsédé par la vie éternelle.
Après le réveil du pauvre Jésus Gris, le film est parsemé d’émotions fortes et poétiques. Très proche de sa petite fille, Aurora, qui ne parle plus depuis la disparition de son père, il retrouve le chemin de sa maison et Aurora le cache dans son repère. Bizarrement la petite Aurora sait que son grand-père est une sorte de vampire puisqu’elle le place dans son coffre à jouet pour lui éviter les rayons du soleil. Ces scènes sont très émouvantes, Aurora ouvre la porte d’entrée et tend une serviette à son grand-père qui est trempé. Puis elle lui prépare son coffre à jouet avec minutie et il s’endort pourvu d’un nounours dans les bras. Mais la petite Aurora fait bien plus pour son grand-père, elle le sauve de Dieter De La Guardia et de manière violente. Et cela est normal puisqu'elle a déjà perdue son père et elle n'a pas envie de perdre ce dernier. C’est très touchant jusqu’à la fin où Jésus Gris se retrouve dans sa maison et même si son existence à changer, sa femme et sa petite fille l’aiment et le chérissent.
Le personnage d’Aurora est, je pense, le plus complexe. Au départ elle désire protéger son grand-père du Cronos. Car elle assiste à la montée de dépendance de ce dernier à cause du pouvoir de la pendule. Aurora pousse même cette protection à l’extrême car en première partie du film elle cache Le Cronos dans le dos de son nounours pour que son grand-père ne le retrouve plus. Guillermo Del Toro filme cet acte de manière touchante et renforce encore plus le lien familial d’Aurora et de Jésus Gris. Cette complicité apporte beaucoup au film, il le rend poignant. En seconde partie, celle où l’on découvre que Jésus Gris n’est pas mort et qu’il est apparemment une sorte de créature fantastique, le personnage d’Aurora change complètement d’attitude. Aurora décide de protéger son grand-père d’une autre manière et elle lui donne même Le Cronos pour qu’il se régénère après avoir combattu l’abominable Ron Perlman. Grâce à elle, Jésus Gris est sauvé des griffes de Claude Brooks et de son neveu. Aurora a su protéger son grand-père pour ne pas le perdre.

La conclusion de à propos du Film : Cronos [1993]

Lucie M.
90

Plus je parle de ce film et plus je vois que j’en dis beaucoup trop (je spoilie beaucoup trop ^^). Ce film est empreint de poésie, d’amour familial, d’humour, d'acteurs authentiques et il s'approprie le mythe vampirique de manière innovante. Guillermo Del Toro commence très fort avec son premier film et sa carrière, qui continue avec rythme, confirme qu’il est un réalisateur à plusieurs facettes. Il sait réaliser des films intimistes comme Cronos ou l'Echine du Diable ou des films plus grands publics comme Blade II, Hellboy et Mimic. Cronos est un film à voir et à revoir. Je le conseille fortement à tous les fans de fantastique car réalisé avec presque rien c’est un film créatif et qui possède son propre caractère.

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