Résumé un manga de 12 volumes en deux films n'est pas une tâche facile. Cependant
Shusuke Kaneko a tenté le pari de faire une bonne adaptation d'un titre désormais culte. Pari réussi ?
The Last Name, conclusion du premier film
Death Note, s'avère bien différent de l'oeuvre originale de
Takeshi Obata et
Tsugumi Ohba. La raison en est simple ; lors de la production de ce second long-métrage, le manga était toujours en cours de parution et le scénariste
Tetsuya Oishi a donc eu recours à son esprit créatif pour conclure le film. De cette façon, le lecteur nippon ne fut pas
"spoiler" sur la fin du manga et lui permit de découvrir une fin alternative, ce qui semble être une bonne solution.
La force de
Death Note résulte dans son originalité scénaristique. Qu'il s'agisse du manga, du dessin animé ou bien des films, l'histoire reste toujours aussi captivante grâce à la force qui se dégage de ses personnages aussi bien principaux que secondaires, mais également grâce au mélange des genres (entre thriller et fantastique).
Dans ce deuxième et dernier film, Light (alias Kira) rejoint l'équipe du célèbre détective L sur l'affaire "Kira". C'est ainsi que les deux protagonistes principaux vont pouvoir s'observer mutuellement et s'affronter indirectement au travers d'un duel psychologique dans lequel aucune erreur n'est permise sous peine d'être découvert par l'autre. Pendant que Light cherche à connaître le véritable nom de L et que ce dernier cherche à prouver que Kira se cache bien derrière l'identité de Light, un nouveau
Death Note fait son apparition sur Terre et c'est une pop-star qui se fera passer pour un Kira 2. Voilà donc un nouveau duel que se livreront nos deux héros : découvrir l'identité de ce nouveau Kira avant l'autre afin de pouvoir l'utiliser !
Voilà donc un scripte qui se renouvelle constamment et évite de cette manière tout effets de lassitude. Du début jusqu'à la fin, le spectateur est captivé et le final ne le laissera pas indifférent tant celui-ci s'avère être des plus réussit.
Si l'histoire est particulièrement convaincante, qu'en est-il du jeu d'acteur ?
Si le personnage de Light Yagami ne nécessite pas d'un jeu d'acteur très compliqué tant il apparaît froid et méprisable par moment,
Tatsuya Fujiwara (vu dans
Battle Royale) s'avère assez convainquant dans ce rôle.
En revanche le rôle de L s'avérait beaucoup plus atypique et une mauvaise interprétation de ce personnage aurait donné lieu à un mauvais film tant il est un personnage clé de l'oeuvre, pour ne pas dire le plus important - ce n'est pas pour rien qu'un film lui serra entièrement consacré (un film réalisé par
Hideo Nakata qui sortira au Japon en février 2008). Pour interpréter ce personnage hors norme, c'est
Kenichi Matsuyama qui a été choisi. Choix judicieux tant son interprétation a su parfaitement retranscrire l'envergure de L.
Toutefois, dans ces deux rôles principaux, il existe quelques expressions peut-être un peu trop exagérées mais qui n'affectent pas grandement leurs qualités d'interprétation.
A noter également la très bonne performance de
Erika Toda qui s'avère être une excellente actrice tant elle parvient parfaitement à rentrer dans son rôle.
En revanche, peut-être subsiste t-il quelques défauts au niveau des effets spéciaux. En effet, si les
shinigamis (Dieux de la Mort) ont un design très proche du manga original et qu'il s'avère assez bien fait, il n'en est pas de même de l'animation de ceux-ci qui paraît parfois saccadé et peu crédible.
Pour ce qui est de la réalisation de
Shusuke Kaneko, celle-ci s'avère assez académique mais parvient quand même à convaincre. A l'heure où les États-Unis optent souvent pour une réalisation agressive dans laquelle la caméra bouge sans cesse, le réalisateur nippon, lui, a choisi un style plus conventionnel et posé. Un choix judicieux.
Pour servir le film, les producteurs ont su mettre les moyens concernant la musique puisqu'ils se sont assurés la participation de
Kenji Kawai, l'un des plus célèbres compositeur nippon de musique de film (il est entre autre le compositeur de la superbe musique de
Ghost in the Shell), mais également la présence des
Red Hot Chilli Peppers pour les génériques de début et de fin.