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L'Etrange Festival 2012 - Jours 7 et 8

Publié il y a 4 ans par Jonathan C.

Antiviral et Maniac

Cette fois nous attarderons surtout sur le premier film très attendu de Brandon Cronenberg (fils de qui vous savez), projeté à l'Etrange Festival dans un tout nouveau montage depuis sa présentation à Cannes (ou il concourait dans la compétition Un Certain Regard)...

Antiviral

L'avis de Richard B : Après avoir été infecté par un virus qui a tué la superstar Hannah Geist, Syd March se doit d’élucider le mystère entourant cette mort pour sauver sa propre vie.

Parfois le cinéma c'est une histoire de famille, et même de plus en plus, pourraient lâcher certains. Cela dit, quand on voit par exemple Duncan Jones, fils de David Bowie, nous concocter un film comme Moon ou encore Alexandre Aja (fils d'Alexandre Arcady) nous pondre un remake aussi bon que La Colline a des yeux, on peut se dire que la fibre artistique est bel et bien dans le sang. Tout cela pour dire que c'est avec une grande curiosité que j'attendais de découvrir le film Antiviral réalisé par la progéniture de David Cronenberg. À l'issue de la projection, le constat est sans appel et c'est avec regret d'annoncer que c'est salement mauvais ! Brandon Cronenberg réalise un film froid, prétentieux, tentant régulièrement de calquer le cinéma de son père, mais sans la rage, la minutie du détail et surtout sans l'inspiration. Il y a bien parfois quelques moments qui interpellent (assez rares), mais même là, ils paraissent comme des incidents, le réalisateur n'y donnant jamais suite. L'idée du trafic de virus ou d'idolation des stars pouvait aboutir à une réflexion à débat, mais le scénario part dans tous les sens que pour mieux se mordre la queue et, pire, n'intéresse jamais. Mais pour être honnête, je ne suis même pas sûr de savoir vraiment ce que voulait nous raconter Brandon Cronenberg, la conclusion me laissant perplexe et à mille lieues des sujets qui m'ont paru initiaux.

Antiviral

L'avis de Jonathan C : Si on découvrait le film sans connaître le nom du réalisateur, on pourrait se faire la réflexion que ça ressemble à du Cronenberg. Et c’est bel et bien du Cronenberg, non pas David mais son fils Brandon, qui réalise là son premier long-métrage après quelques courts métrages d'usage. Autant dire que le fils n’a pas cherché à se démarquer du travail de son père, bien au contraire : tout ici sent le cinéma de David Cronenberg, mais en moins bien (c’est l’effet Canada Dry, d’autant plus que les Cronenberg sont canadiens). L’ombre de David Cronenberg plane en permanence pendant 1h50 et l’on pense à plusieurs de ses films (de ses tout premiers longs à ses films plus récents), ce qui n’est pas en la faveur de Brandon Cronenberg. Ce dernier reprend le style clinique, froid et épuré de son père (avec toute l’imagerie médico-scientifique qui va avec), pour un résultat abscons et poseur qui, malgré un univers intéressant (dans un futur indéterminé, un étrange commerce de virus contractés par des stars ; si votre idole a eu la grippe, l’agent pathogène est récupéré et stocké, et vous pouvez acheter cette grippe pour vous l’injecter) et une thématique complexe (composée par de nombreux motifs du cinéma du vieux Cronenberg), n’a finalement pas grand-chose à dire et multiplie les idées sans vraiment les relier, les justifier ou les exploiter. Il y a beaucoup de bonnes idées dans Antiviral (y compris dans la prod design), mais elles sont isolées, presque comme des anecdotes. Le cinéaste est ambitieux mais en oublie aussi bien son public que son propos, se perdant lui-même dans un récit qui s'épuise malgré ses fulgurances. Les questions intéressantes (l'idée qu'un fan soit prêt à souffrir pour posséder un peu de son idole en lui) sont ainsi tout juste éffleurées.

S’il y a bien quelque chose que réussit Brandon Cronenberg, c’est d’instaurer une atmosphère malsaine, morbide et maladive, même si là aussi très inspirée du cinéma de son papa. Son film est particulièrement hanté par la présence cadavérique et pathologique d’un acteur principal fiévreux et patraque, l’inquiétant Caleb Landry Jones (une sorte de Brad Dourif jeune, remarqué en fiston redneck dans Le Dernier exorcisme et dans le rôle de Banshee dans X-Men - Le commencement), et aussi par la présence de Sarah Gadon (remarquée dans…A Dangerous Method et Cosmopolis, tiens !) dans le rôle fascinant de la star Hannah Geist, tuée par un virus inconnu que s’injecte ensuite le personnage principal (qui, par conséquent, devient une importante valeur marchande : encore une bonne idée zappée). Malcolm McDowell est, lui, trop sous-exploité (comme souvent).

Très peu organique si ce n’est dans la dernière séquence et dans quelques plans qui ressemblent surtout à des clins d’œil, Antiviral est plus proche des films estampillés « auteur » de son père (Spider, Cosmopolis…), sans la pertinence du propos. Ca ressemble plus à du copié-collé qu’à de la transmission ou de l’héritage. La plus grande déception d’Antiviral, c’est surtout qu’il laisse finalement indifférent, en dépit de la "caution Cronenberg".

Antiviral

 

Pour le reste, ce jeudi à 19h00 vous pourrez découvrir l'exellent Maniac de 2012, qui s'inscrit dans la petite liste des remakes réussis, même si son approche ne fera pas l'unanimité. Le pari semblait difficile, pourtant une fois de plus Alexandre Aja et Grégory Levasseur semblent avoir réussi à nous offrir une perspective toute nouvelle à partir d'un même sujet. En confiant la mise en scène à Franck Khalfoun, ils lui permettent même de signer son film le plus convaincant. Les détracteurs nostalgiques trouveront peut-être que le film perd dans son approche "crade", mais cela n'enlève en rien à la bonne qualité du travail qui est fourni ici et aussi cette bonne idée au final de prendre en tout point le contre-pied de l'original, apportant là encore une nouvelle approche du sujet.Si quelques choix peuvent sembler parfois discutables ou maladroits, le film marque et certaines séquences dégagent une puissance macabre qui n'a rien à envier à l'original. (avis de Richard B)

Vous pouvez lire la critique compléte ici.

Maniac

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