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Critique du film : Child's Play - La poupée du mal [2019], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 23 mai 2020 à 14h00

Comme Black Mirror, mais en concon...

La saga Chucky est un gros bordel juridique. En effet, si le personnage de Chucky appartient toujours à ses deux créateurs (Don Mancini, qui a écrit tous les opus et David Kirschner, qui a produit tous les opus), les droits du premier film (Jeu d'enfant) appartiennent encore à la MGM. Il en résulte une multiplication des projets autour de cette franchise qui rend les choses difficiles à suivre pour la plupart des gens. Ainsi, après un vrai-faux remake en 2013 (le sympathique La malédiction de Chucky) qui a donné lieu à une suite en 2017 (le un peu moins sympathique Le retour de Chucky) et qui se décline à présent sous forme de série télé (actuellement en production et à paraître prochainement sur SyFy), voici qu'arrive dans les salles un nouveau remake portant le titre du premier film (Child's Play), mettant en vedette une poupée tueuse ressemblant à Chucky, habillée comme Chucky, mais qui, cette fois, s'appelle Buddy.

Tout cela pour dire que ce Child's Play (sous titré en français La poupée du mal au cas où vous penseriez naïvement être devant un remake de Toy Story) a été fait sans la participation de ses deux créateurs, et avec pour seule base le premier opus (toutes les créations suivantes, comme Tiffany ou Glen, n'appartenant pas à la MGM). Vous allez me dire que l'on s'en fiche, mais sans avoir tort, vous n'auriez pas tout à fait raison non plus. En effet, Child's Play a constamment  son petit cul de plastique entre deux chaises, cherchant à la fois à plaire aux fans de l'original, mais sans pouvoir vraiment le faire pour des questions juridiques. Il en ressort une nécessité de réinventer l'histoire (ce qui n'est pas plus mal) tout en tentant de faire la même chose. Le prototype même de l'idée pourrie qui va accoucher d'un film cherchant à faire plaisir à tout le monde, mais qui ne va finalement réussir à contenter personne...

Fini le délire du tueur en série porté par le vaudou (et fini, par la même occasion, la voix géniale de Brad Dourif), nous sommes ici dans une histoire d'intelligence articificielle qui dérape (enfin, pour être plus précis, nous ne sommes pas tant en face d'une d'une "intelligence artificielle" que d'une "bétise artificielle", cette poupée robotique s'avérant particulièrement stupide...). Un parti-pris qui permet à ce remake de surfer sur la mode des Black Mirror et autres séries alertant sur les dérives de la technologie. En théorie, voici une idée plutôt intéressante. En pratique, comme le scénario s'empare de cette thématique avec la lourdeur des Chevaliers du Fiel, n'espérez pas trop y voir le moindre embryon de pertinence. On est ici dans un film d'horreur bien concon ou l'argument technologique n'est qu'un vague prétexte au fait de trucider nombre de gens (comme l'était le vaudou dans le film original en somme).

Buddy, notre nouvelle poupée tueuse (qui demande tout de même à ce qu'on l'appelle Chucky parce que... parce que...) va donc faire ce que l'on attend d'elle : dézinguer tout le monde. Et si le scénario nous vendait au départ un robot qui déraille, la volonté de reprendre la tonalité de la saga (pour ne pas froisser les fans) va finalement lui conférer une personnalité assez proche du Chucky original : il jure, dit des gros mots et manie très bien l'humour noir (avec la voix de Mark Hamill, qui semble s'être bien amusé à l'exercice). Le problème, c'est que doter cette poupée d'une telle personnalité n'a aucun sens au regard de l'histoire racontée. On fait pareil mais pas pareil, on veut que ce soit sérieux et drôle, on veut plaire aux anciens et aux nouveaux, bref, Child's Play semble constamment écartelé entre des volontés antinomiques. Il en résulte un film qui (déjà) n'a aucun sens et (surtout) aucune personnalité.

On va retrouver cette schizophrénie dans toute la dimension horreur du film. Child's Play se veut méchant, féroce et graphique... mais pas trop quand même. Ainsi, si certains personnages balourdement présentés comme méchants connaissent une fin sanguinolente assez réjouissante, le film devient tout de suite extrêmement sage dès lors que la poupée s'attaque aux vieilles dames ou aux enfants (vive le hors-champ !). On est donc devant un film d'horreur tantôt sérieux, tantôt potache, tantôt gore, tantôt sage, tantôt pour les vieux, tantôt pour les jeunes. Et à ne jamais choisir, le film peine à susciter le moindre intérêt. Si Chucky version 1988 est rapidement devenu culte pour toute une génération, Buddy version 2019 risque bien de tomber dans les limbes de l'oubli. On voit déjà poindre l'idée d'un nouveau remake dans les années à venir.

Ceci étant dit, pour peu que l'on soit plutôt bon public devant un film d'horreur, ce Child's Play n'est pas non plus un spectacle horrible à regarder. Déjà il ne dure qu'1h20 (une durée parfaite pour ce genre de produits), et en plus il est réalisé avec une certaine efficacité. Lars Klevberg, dont c'est le deuxième long-métrage, livre une copie appliquée. C'est drôle quand on lui a dit d'être drôle, sanguinolent quand on a lui dit d'être sanguinolent, et c'est globalement bien rythmé. Un job de parfait petit soldat, en somme, qui rend le visionnage anecdotique, mais pas foncièrement désagréable. Quand à Chucky Buddy, il est réalisé avec un mélange d'animatronics et de CGI très discrets qui le rendent plutôt crédible (même si, niveau look, ils auraient pu soigner un peu plus le truc parce que là, impossible de comprendre comment une poupée avec une telle gueule peut connaître un succès commercial). Bref, c'est propre mais sans génie.

La conclusion de à propos du Film : Child's Play - La poupée du mal [2019]

Auteur Vincent L.
45

Child's Play est le prototype même du film qui, en voulant faire plaisir à tout le monde, parvient à ne plaire à personne. Il en résulte un produit certes propre et soigné, mais qui manque sérieusement de personnalité et qui ne présente qu'un intérêt très limité, tant pour les anciens fans de la franchise que pour ceux qui la découvriraient maintenant. Un film très anecdotique, donc, mais qui n'est somme toute pas désagréable à regarder pour peu qu'on apprécie le genre.

On a aimé

  • Un film soigné, avec de bons effets spéciaux,
  • Quelques meurtres assez sympa,
  • Une volonté de réinventer l'histoire (même si c'est raté).

On a moins bien aimé

  • Un remake sans personnalité,
  • Un scénario tiraillé entre des volontés incompatibles,
  • Des comédiens assez minables,
  • C'est quand même vraiment très très con...

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