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Critique du film : Demonium [2001], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 13 janvier 2014 à 18h12

Testament sanglant

En 2001, Andreas Schnaas, pape de la série Z allemande et du gros bisseux qui tache, décide de s’acheter une notoriété de véritable «artiste» en proposant à sa fanbase Demonium, une œuvre microbudget qu’il présentait comme un hommage au cinéma gothique et au giallo. Une déclaration qui, on va le vérifier, va s’avérer à demi-vraie (ou à demi-fausse, selon son humeur du moment).

Effectivement, quand l’on prend connaissance du pitch, il est difficile de ne pas accorder crédit aux propos de ce sympathique artisan à la subtilité toute teutonne. Cette modeste production italo-germanique est bien construite sur une base commune à nombreux gialli. On y rencontre un groupe de personnages, partageant un trait commun, regroupés dans une demeure isolée. Tous sont alors victimes d’un plan machiavélique et éliminés, un à un, de manière très sanglante, à l’arme blanche (bon, y’a un peu de tronçonneuse, aussi...).  Le début du métrage nous conforte dans cette impression avec une introduction qui est particulièrement fidèle au genre puisqu’elle met en scène une femme aveugle traquée et violentée par un mystérieux sadique masqué (à la panoplie un peu grotesque, force est de le signaler), alors que son amant est en partie témoin de l’agression via le téléphone. Mais, passée cette séquence, Andreas Schnaas se montre nettement moins fidèle à ses intentions premières.

Alors que l’on découvre que la scène décrite plus haut est un flash forward, le cinéaste nous entraine dans le château d’un feu Arnold Berger - homme érudit mais complètement maboul dont le violon d’Ingres était un gout très prononcé pour les sciences - pour la lecture de son testament. On fait à ce moment connaissance avec l’exécuteur testamentaire, Rasmus Bentley, et son amante, aussi diabolique que moche, Maria. On reconnait alors les deux personnages de la première séquence. Ce couple de psychopathes, adeptes de cuir et de latex mais aussi d’éviscérations et de mutilations diverses, est bien décidé à garder pour son profit personnel le fruit des recherches d’Arnold, à savoir un élixir de guérison baptisé... le giallo! Et pour ce faire, les deux sadiques ne vont pas hésiter à user de tous les subterfuges pour éliminer les héritiers tout en satisfaisant leurs pulsions sadiques et meurtrières- en commençant par tester sur leurs victimes les effets du giallo. Car, mal dosé, l’élixir est en fait un terrible poison hémorragique (Ebola, en comparaison, c’est le rhume des foins).

Donc, étant donné l’absence totale de whodunit, il est difficile de considérer Demonium comme un véritable giallo. Dés la deuxième séquence, les meurtriers sont clairement identifiés et longtemps exposés aux yeux des spectateurs. L’entretien d’un quelconque suspense est une possibilité totalement écartée. Les questions qui restent en suspens ne sont dues qu’à des trous béants dans le scénario. Andreas Schnaas, en fait, nous offre avec Demonium un nouveau splatter très démonstratif, juste un peu plus ambitieux que ces précédentes œuvres pour ce qui est de la réalisation et des décors (quoiqu’il n’exploite pas du tout l’aspect gothique du château...), mais trop en retenue par rapport à ce qu’il nous offrira plus tard.

Pour ce qui est de sa structure (définissant un scénario brouillon, maladroit et se situant parfois même à la limite du compréhensible), le métrage se compose, en grande majorité, d’un enchainement de plans gore très violents. Le reste consiste en des séquences dialoguées d’autant plus pénibles (les séances de repas, horriblement chiantes !) qu’elles sont exécutées par des comédiens, à quelques rares exceptions prêts (Joe Zaso), peu performants et ânonnant leurs lignes de dialogues dans un anglais qu’ils maitrisent mal. A noter aussi la présence de quelques passages érotiques qui... Oula ! Calmez votre enthousiasme, amis érotomanes! Je dois vous confier qu’il n’y a pas ici de quoi faire danser le Mia à votre cher popol, car le tout est très pudique et, de plus, passablement laid. Donc, totalement inintéressant.

Techniquement, par contre, Demonium n’est un pas un produit honteux. Andreas Schnaas n’est guère à l’aise avec la mise en scène et la direction d’acteur mais il n’est pas un mauvais technicien, il aime le cinéma et, ici, il emploie au mieux ses maigres moyens. Ainsi, si l’ensemble apparait parfois trop figé à une époque où les usages de la steadycam et la caméra épaule sont devenus des incontournables, la réalisation ne manque toutefois pas de variations de plans et de profondeurs de champ, et laisse transparaitre à la fois professionnalisme et application. Ce qui n’est déjà pas si mal. Enfin, les fans de gore allemands seront heureux de constater qu’Andreas Schnaas, s’il cherchait avec Demonium à construire une œuvre moins primale, ne les a pas pour autant oubliés et, pour ce faire, il s’est trouvé une aide en la personne de Sergio Stivaletti. Décapitations, éviscérations, mutilations, explosions corporelles sont donc au menu d’une kermesse sanglante et craspec confectionnée par un grand spécialiste du genre, et si quelques effets apparaissent comme un peu trop bricolés, la faute n’en revient pas à un manque de métier, mais bien à des moyens techniques très limités.

La conclusion de à propos du Film : Demonium [2001]

Nicolas L.
35

J’aime bien le splatter allemand. J’aime bien Andreas Schnaas. De Violent Shit à Unrated II, en 25 ans de « carrière », ce cinéaste au statut d’amateur a toujours bien représenté le genre et nous a même offert aux fans de gore quelques spectacles tardifs aussi perfectibles que réjouissants (Don't Wake the Dead, Violent Shit 4: Karl the Butcher vs Axe). Autant dire que j’appréhendais Demonium avec une certaine complaisance. Au final, je suis un peu déçu. Alors, certes, on remarque un mieux par rapport à ses travaux précédents, mais cette œuvre qui devait marquer une étape dans la filmographie de l’artiste pèche par trop de failles et une entreprise peut-être trop ambitieuse. Heureusement, Schnaas se rattrapera bien par la suite en revenant à un style qui lui convient mieux.

Que faut-il en retenir ?

  • De nombreux effets gore bien craspec
    Une réalisation appliquée

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario brouillon
    Un Schnaas moins « fou » qu’à l’habitude
    Une interprétation calamiteuse
    Une mise en scène poussive
    Des effets gore parfois trop bricolés

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