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Critique du film (direct to vidéo) : World of Saga - Les Seigneurs de l'Ombre [2013], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 20 septembre 2013 à 23h12

Le bon, la belle et le truand

Bon, je vous livre tout de go le pitch. Dans un univers d’heroic fantasy qui en évoque bien d’autres, un palouf obstiné par sa quête, un orc banni de son clan et une elfe victime d’une malédiction s’allient pour empêcher le monde de tomber sous la coupe des forces du Mal…

Qu’en pensez-vous ? Vous vous dites peut-être, à la lecture de ce synopsis éclair, que le fan doit être partagé entre l’envie de satisfaire son amour pour les univers fantastique et la crainte de tomber sur un nouvel ersatz du Seigneur des Anneaux. Parce que le fan, hein, il s’est déjà fait avoir plus d’une fois par ces producteurs sans scrupules qui jouent sur l’affectif. Bref, la prudence voudrait que l’on éloigne ce DVD douteux de la platine pour se consacrer à quelque chose de bien plus sérieux, comme, pour moi, mettre à jour la base de donnée de SFU ou commencer le montage d’une interview qui dort depuis six mois dans un tiroir. Mais, nous, à Scifi Universe, la prudence, ce n’est pas notre crédo. Nous sommes des fous. Carrément. Pour vous informer, on est prêt à prendre tous les risques, quitte à succomber brusquement sous l’action d’un virus lobotomisateur généré par overdose de nanars. De toute manière, ce qui ne tue pas rend plus fort, c’est bien connu. On peut se dire que le jeu en vaut donc la chandelle. D’ailleurs, avec ce World of Saga, Les Seigneurs de l’Ombre, je crois que j’ai même gagné un point de Force. Oui, car je viens de casser ma souris.

Par des premières images plutôt chiadées, le réalisateur John Lyde (monteur pour The Asylum et créateur de l’improbable Osombie, film où Osama Ben Laden et ses complices reviennent d’entre les morts pour se venger des Américains) nous expose l’univers de cet ambitieux récit épique : un paysage désertique numérisé qui évoque un peu l’Athas de Dark Sun (un monde dark fantasy de la gamme Dungeons & Dragons). Installé sur une hauteur, un mystérieux personnage, drapé dans un ample manteau à capuche, armé d’un scorpion (une arbalète version XXL), prend en joue un orc monté sur un dragon qui apparait à l’horizon. L’on se dit alors : « mince, le rendu fait un peu jeu vidéo, mais force est d’admettre que c’est pas vilain ! » Là, j’interromps quelque peu cette présentation pour vous signaler que cette impression de visionner un spectacle réalisé avec application et finalement assez de talent va perdurer durant tout le métrage et contribuer à atténuer l’impact des quelques désagréments que l’on ne manquera pas de rencontrer par la suite. Bon, fermons cette parenthèse, pour en revenir au sujet.

On découvre alors que ce héros camouflé est en fait une héroïne, une elfe dont l’occupation première est chasseuse de primes pour le compte d’employeurs humains. Cependant, à force de mauvaises rencontres, elle finit par être contaminée par le Mal (de magnifiques effets numériques, au charme vintage, posés sur l’épiderme de la dame aux longues oreilles, font offices de stigmates, histoire que le spectateur pige bien la gravité de la situation). Après avoir terrassé le dragon – d’un seul carreau, sacré tireuse ! – et envoyé ad patres l’orc suite à un combat au corps à corps acharné (et pas trop mal chorégraphié), Nemyt Akaia (oui, c’est bizarre mais en même temps c’est une elfe, elle n’allait pas s’appeler Brigitte ou Paulette), peu consciente de son état d’être maudit, file en ville encaisser la récompense. C’est là qu’elle va rencontrer Keltus, un paladin de l’Ordre en quête du repaire de la Kabale, le cercle des seigneurs de l’Ombre. Nous Keltus, on le connait déjà. On a fait sa connaissance quelques minutes plus tôt, au cours d’une séquence où il rencontrait, de manière musclée, un méchant nain pistolero et dynamiteur ressemblant à un démoniaque gnome steampunk. Ensuite, une fois créé ce binome elfe / humain, John Lyde nous amène au camp orc, une vulgaire fosse, théâtre d’un coup d’état. Le vil Mulgrut, au service de l’Ombre, renverse le noble Kullimon et prend la tête de la tribu. Kullimon, trahi par les siens, va se retrouver ligoté à un arbre, dans une immense forêt. Heureusement, Nemyt et Keltus vont passer par là et, le libérant, lui donner l’occasion de se venger de Mulgrut et sauver sa tribu de la damnation…

Bon, voilà, vous avez tous les éléments. Les trois héros, pour des raisons diverses, cherchent à détruire la source du Mal qui s’étend sur le monde. Une quête de jeu de rôle pour personnages de haut niveau. Et finalement, le scénario se résume à ça, dans sa plus rudimentaire expression. Un jeu de l’oie épique, semé d’épreuves, d’actes de bravoure, de sacrifices. La belle aventureuuux ! Pour ce qui est des personnages clés, les sources d’inspiration sont diverses. Si Keltus évoque un paladin d’Heaume (un dieu des Royaumes Oubliés), Akaia marie des éléments elfiques et persans du style Mille et une nuits et l’orc Kullimon (ainsi que tous ses congénères) présente des étonnants aspects léonins et un équipement qui semble emprunté à la réserve d’accessoires de Peter Jackson. L’influence Dungeons & Dragons se fait plus forte vers le final, quand les héros se retrouvent confrontés à une gigantesque créature démoniaque dont le concept design rappelle les démons de Deities and Demigods, célèbre supplément du plus célèbre des jeux de rôle. Evoluant dans un script qui ne leur permet pas vraiment d’exprimer leur talent (nom d’un chien, comment accoucher de dialogues aussi insipides ?!), les comédiens se voient réduits à s’exprimer dans des prouesses martiales. Et, sachez-le, on se bat beaucoup dans World of Saga ! Trop. Ça finit même par devenir lassant et nous fait presque oublier la bonne tenue de la réalisation qui n’est pas avare en plans chocs et en mouvements de caméra dynamiques. Parce que, force est de le dire, avec des moyens extrêmement limités, John Lyde fait bien mieux que la plupart de ses confrères de The Asylum ou CinéTel. La séquence finale, d’ailleurs, est, visuellement, un spectacle plus que regardable, le démon surgissant des Enfers (son look va ravir les fans de la série de jeux PC Ultima) étant assez convaincant.

A l’origine, cette adaptation du jeu vidéo Saga devait être conçu comme le pilote d’une série télévisée. Ayant échoué à trouver acquéreur, les producteurs se sont rabattus sur un format long, pour le marché direct-to-dvd. Cette genèse bien particulière explique en partie le mauvais équilibre narratif du métrage et n’a pas manqué de générer quelques anomalies comme une séquence d’ouverture présentant une Nemyt (la jolie Danielle Cuchran) à la morphologie différente de celle qui occupe le reste du film – cette première séquence a été tournée plusieurs mois avant les autres. Cela n’excuse cependant pas la médiocrité du travail proposé par Jason Faller (Orcs , Dragon Hunter) et Kynan Griffin (Paladin) qui ne font ici pas mieux que d’habitude et accouchent d’un scénario qui plombe tous les efforts du réalisateur et des techniciens. Dommage, avec un peu plus de contenu original, et une meilleure écriture, ce petit film d’heroic fantasy aurait composer un  spectacle bien plus agréable.

La conclusion de à propos du Film (Direct to Vidéo) : World of Saga - Les Seigneurs de l'Ombre [2013]

Nicolas L.
40

Dommage que le script de World of Saga, Les Seigneurs de l’Ombre, ne soit pas au niveau de la réalisation, qui s’avère fortement honorable. Sans grands moyens, John Lyde nous invite dans un univers numérisé agréable à visiter, aux chorégraphies martiales nombreuses et bien calibrées, et à l’apparence pas trop cheap. Le manque d’originalité du récit, la platitude des dialogues et l’intrigue prévisible gâchent hélas la fête. Dommage.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation appliquée
  • Des scènes de combat convenables
  • Des effets spéciaux corrects

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario mal écrit
  • Un univers sans originalité
  • Des dialogues insipides

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