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Critique du film : Time Out [2011], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 6 décembre 2011 à 22h55

Un mot : déception...

Au fil d'une filmographie aussi courte - seulement quatre longs-métrages en quinze ans - que qualitative, Andrew Niccol s'est petit à petit imposé comme l'un des cinéastes les plus intéressants de sa génération. Jugez plutôt : des oeuvres cultes comme le Truman Show, Bienvenue à Gattaca ou Lord of War sont issue de son esprit génial, et même ses créations les plus moyennes demeurent au dessus de la moyenne des productions actuelles (qu'il s'agisse de Simone, comédie pas très drôle revisitant malgré tout avec une certaine pertinence le mythe de Pygmalion, ou du scénario du Terminal, oeuvre de commande tout au plus sympathique). De fait, chaque nouveau passage de Niccol derrière la caméra s'avère être un petit évènement, notamment chez les fans de SF, à qui il aura offert une oeuvre cinématographique majeure (le génial Bienvenue à Gattaca). Time Out, avec son pitch amibitieux, semblait donc annoncer un retour en fanfare du réalisateur.

De prime abord, Time Out fait largement penser à la démarche qu'avait suivi Andrew Niccol sur Bienvenue à Gattaca : film d'anticipation se deroulant dans un futur "pas si lointain", thriller accessoire servant de décorum à la mise en place de nombreuses thématiques réflexives, parabole politique ramenant aux derives de notre société moderne. Bref, au vu du pitch et des premières images, Time Out sentait bon le retour d'Andrew Niccol à la SF intelligente (et ce même si le postulat de départ ressort finalement plus du fantastique pur et dur), cinq années après le cuisant (et totalement immérité) échec commercial de Lord of War. Peut-être le cinéaste était-il obligé de montrer patte blanche aux producteurs hollywoodiens pour revenir en odeur de sainteté, mais au final, Time Out est une véritable déception ; pas un mauvais film, non, simplement une oeuvre particulièrement faible au regard de ce dont est capable le cinéaste.

Pourtant, Time Out commence bien. Fort d'une idée de base ambitieuse (l'argent n'existe plus, il est remplacé par le temps et des "minutes de vie"), Andrew Niccol met en place un univers relativement crédible (encore une fois, pour peu que l'on accepte le postulat quasi-surnaturel de départ) dans lequel il fait exister une société passionnante. Ici, le temps remplace l'argent, et le système est ainsi fait que pour des riches immortels existent, il faut que de pauvres journaliers se tuent à la tâche en voyant leur espérance de vie limitée à une simple journée. La parabole est facile, certes, mais elle s'avère intéressante dans sa mise en place, ainsi que dans la manière dont la société est structurée, entre le désespoir des gens du ghettos et la dépression des populations aisées, blasée de devoir vivre éternellement. Au travers des rencontres du personnage principal, devenu centenaire suite à un heureux concours de circonstance, ce monde riche en possibilité prend vie.

Et puis, au fur et à mesure du déroulé du film, les choses deviennent de plus en plus bancales. Ainsi, passé le premier tiers, le film s'égare dans des méandres décevants, que ce soit dans la forme (qui souffre d'un nombre conséquent d'incohérences, et d'un happy-end complètement stupide) comme dans le fond (qui devient de plus en plus manichéen au fur et à mesure que le film devient un simple Bonnie and Clide futuriste). Malgré quelques fulgurances remarquables (la scène du poker ou celle du duel) ainsi que de nombreuses bonnes idées éparses, maheureusement laissées à l'état embryonnaire (l'organisation mondiale des "riches", l'importance des gardiens du temps, la manière dont le système est maintenu en dépit des agissements du héros), on souvent a la désagréable impression que Niccol s'est égaré dans ses bonnes idées, ne réussissant pas à construire un long-métrage cohérent et consistant de bout en bout.

De plus, Time Out souffre d'une mise en scène assez insipide. Si Bienvenue à Gattaca était caractérisé par une certaine discrétion dans la réalisation (rendant le résultat final plutôt classieux) et si Lord of War avait su miser sur une mise en scène plus tape à l'oeil (qui allait de paire avec la personalité bling-bling du personnage principal), Andrew Niccol s'est contenté d'un véritable travail de petit tâcheron sur Time Out. Tel quel, il ressemble à s'y méprendre à n'importe quel produit manufacturé par Hollywood, à ceci prêt que Andrew Niccol n'a pas plus d'affinités que cela avec les scènes d'actions, fadasses et mal mises en image. Heureusement, le film bénéficie de quelques idées visuelles intéressantes (notamment le fait que tous les personnages aient une apparence jeune), ainsi que d'un aspect technique soigné, que cela soit la photographie de Roger Deakins ou les costumes/décors, un brin kitch, qui donnent au film un cachet "film futuriste des années 80".

Enfin, comment ne pas évoquer la déception de voir un casting au combien sympathique s'agiter en vain devant la caméra. Ne blamons pas les acteurs, avouons qu'il n'y avait pas grand chose à faire avec des personnages aussi simplistes. Justin Timberlake se contente du minimum syndical, pas désagréable, mais loin d'être mémorable. A ses côtés, Amanda Seyfried s'avère être d'un niveau similaire, pas mauvaise, mais jamais franchement bonne non plus. On passera volontiers sur le caméo d'Olivia Wilde ou sur la performance grotesque d'Alex Pettyfer pour finalement s'intéresser à Cillian Murphy, impeccable comme d'habitude dans le seul rôle complexe du film (malheureusement assez mal exploité, et souffrant d'une sortie de scène particulièrement décevante). On retiendra quand même, vu le casting, que dans cette société futuriste les moches doivent être tués à la naissance ; ne cherchez pas de cageots dans le film, il n'y en a pas !

La conclusion de à propos du Film : Time Out [2011]

Vincent L.
50

Si Time Out n'est pas à proprement parler un mauvais film, il est simplement indigne d'un cinéaste de la trempe d'Andrew Niccol. Ainsi, passé un premier tiers qualitatif exploitant bien une idée de base forte, le film devient de moins en moins intéressant, s'avérant franchement convenu dans son déroulé, alignant les incohérences de toute sorte, et cherchant à tout prix l'happy end pour emporter coûte que coûte l'adhésion générale. Au final, on a donc la désagréable impression d'être passé à côté d'un vrai bon film pour n'avoir qu'un produit qualibré quelconque, pas désagréable, mais vraiment loin d'être mémorable.

Que faut-il en retenir ?

  • Un concept de base ambitieux,
  • Des idées souvent pertinentes,
  • Des séquences d'exposition réussies,
  • Quelques trouvailles visuelles,
  • Techniquement soigné.

Que faut-il oublier ?

  • Perd petit à petit tout intérêt,
  • Des incohérences à la pelle,
  • Un happy-end stupide,
  • Des personnages fades,
  • Une mise en scène atone.

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