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Critique du film : Alien, la créature des abysses [1990], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 21 novembre 2011 à 17h45

Alien spaghetti et volcan en carton

Jane, une militante ecolo, accompagné de Lee, un ami cameraman, débarque discrètement (enfin, du moins, elle s’y essaye mais c’est un peu foireux) sur une île volcanique pour y enquêter sur les activités d’une puissante compagnie industrielle. Grâce à leur habileté et leur perspicacité, les deux curieux parviennent à s’introduire dans le complexe et filmer quelques plans très compromettants ou l’on voit des techniciens se débarrasser, de manière bien peu orthodoxe, de produits radioactifs. Commence alors une course-poursuite dans la jungle entre les écologistes et les hommes du colonel Kovacs (Charles Napier, pris en flagrant délit de paresse dramatique), le responsable de la sécurité, qui est décidé à user de tous les moyens pour récupérer la cassette vidéo. Le récit d’aventure se veut trépidant et dépaysant, pour s’inscrire dans la grande tradition du cinéma américain. Oui, bon, tout cela est bien beau, mais comme vous êtes attentifs, vous n’allez pas manquer de remarquer que ce pitch ne colle pas réellement à l’idée que l’on aurait pu se faire du film à la découverte de son titre, qui fait référence à un alien et un abysse. Et bien, sachez que, dans Alien, la créature des abysses, si alien il y a, il ne montrera pas le bout de son nez (ou plutôt de sa pince) avant une bonne heure de métrage. Pour l’abysse, par contre, on repassera. Tout juste aurons-nous droit à un petit lagon.

Cependant, avant cela, il faudra vous contenter d’un spectacle d’aventure aussi palpitant qu’une course de gastéropodes obèses. Cela commence par l’arrivée sur l’île, en canot gonflable. Saisissant alors une paire de jumelle, Jane observe le volcan fumant, réalisé en papier mâché, menaçant l’île de destruction (un volcan Mousline aurait été aussi réaliste). Puis, s’enfonçant dans la jungle, les courageux explorateurs vont faire la rencontre d’une tribu locale, représentée par quelques figurants philippins peu motivés (le film est tourné dans l’archipel, on a donc droit à de jolis paysages, c’est déjà ça) tournant autour d’un feu de camp en singeant une danse sioux ou zoulou. On voit même un sorcier vaudou psalmodier quelques sombres prédictions en austro-hongrois. « Goula, goula, tagada, pou ! ». Terrifiant. Enfin, c’est l’arrivée de nos amis dans une mission dirigée par un pasteur qui leur fournira les moyens de pénétrer dans l’usine. Ceci fait, de ces indigènes et de ce missionnaire, nous n’en entendrons plus jamais parler. Disparus dans les abysses insondables de ce scénario sénile.

Bref, courageux, les deux écologistes s’introduisent en catimini dans le complexe high tech. En réalité, malgré les efforts de la production, qui a maquillé les lieux en peignant sur les murs le sigle «danger radiations" on ne met pas longtemps à saisir qu’il s’agit en fait d’une vieille raffinerie désaffectée. Dissimulés derrière de vieilles canalisations, Jane et son ami ne tardent pas à découvrir le pot aux roses: ces vils industriels utilisent le volcan pour se débarrasser, à moindre coût, de leurs déchets radioactifs! Le temps d’imprimer ça sur la pellicule, et il est de temps de quitter la place. Malheureusement, les deux indésirables sont repérés par les caméras de surveillance du colonel Kovacs, un chef de la sécurité con comme une valise sans poignée et cruel comme un tortionnaire de l’Inquisition. Fuyant seul dans la jungle (le caméra s’est fait capturé et est soumis à la question par les sbires de Kovacs), Jane trouve alors assistance en un chasseur de serpents à lunettes (le chasseur, pas les serpents), sorte de version minimaliste de Crocodile Dundee et de Jack T. Colton (A la poursuite du diamant vert).

Pendant une heure, Alien, la créature des abysses, c’est un récit d’aventures vaguement exotique qui n’a absolument rien de fantastique. Dans tous les sens du terme.  Force est d’admettre que l’on a connu Antonio Margheritibien mieux inspiré. Ici, ce sympathique artisan transalpin, spécialiste des effets spéciaux, nous propose un spectacle sans rythme, à la mise en scène plus qu’approximative, qui n’est valable que par l’aspect ridicule de certaines séquences. Certaines méritent d’ailleurs d’être citées. Parmi les plus réjouissantes, on retient celle où,  tirant au jugé, à hauteur d’épaule à travers une épaisse végétation, le chasseur de serpent touche un poursuivant zigzagant entre les arbres (le cinéma d’action philippin a apparemment contaminé Margheritti au cours de son séjour). Autre scène marquante, une attaque de serpents sur des agents de sécurité matérialisée par des acteurs hurlant et se roulant au sol pendant que des accessoiristes lancent sur eux ces malheureux reptiles. Enfin, la scène coquine du film. Contaminée, Jane se rue dans une douche pour se nettoyer… sans toutefois oser enlever son haut. Si l’on peut être déçu de cet excès de timidité (on est dans une série B, merde !), l’on se console en constatant que la comédienne Maria Giulia Cavalli conserve ce tee-shirt mouillé jusqu’au dénouement.

Cela ne va d’ailleurs pas s’arranger quand, incommodé par les agissements des pollueurs, l’alien surgit des profondeurs de la terre. En fait, cette créature d’origine inconnue (on nous affirme qu’elle vient de l’espace, sans que de tels propos soient justifiés), probablement un peu timide, ne montre au préalable que l’une de ses gigantesques pinces de homard, jaillissant du sol à différents endroits de l’île. Débute alors une série de scènes improbables où, tâtonnant quelque peu, la pince, pourtant peu véloce, parvient à attraper quelques victimes pour les découper ou les contaminer avec une sorte de bave verdâtre, aux propriétés acides. Des attaques qui nous donnent droit aux deux seuls plans horrifiques du métrage (un visage et un bras brûlés). Notons également qu’elle fait également son affaire du méchant de service, qui, jusqu’à la fin, semble plus préoccupé par la présence des deux écologistes que par la présence de cette créature et le regain d’activité du volcan.

Ce n’est que dans le dernier quart d’heure que le monstre va vraiment nous surprendre en se montrant dans toute sa splendeur. Si j’ose dire. Car attribuer un tel qualificatif à cette gigantesque marionnette à peine articulée, vaguement inspirée de l’alien d'Hans Rudi Giger, est lui faire bien trop d’honneur. Personnellement, je m’attendais plus à voir sortir une version géante de Larry, le homard de Bob l’éponge. Du coup, j’ai été déçu par la vue de ce machin. Une déception d’autant plus grande que les héros, Jane et Bob le chasseur de serpents, ne vont pas avoir trop de difficulté à débarrasser le monde de cet alien handicapé moteur dans un scène d’affrontement qui se pose comme un relecture ultra cheap et paralympique de la séquence finale d’Aliens, le retour.

La conclusion de à propos du Film : Alien, la créature des abysses [1990]

Nicolas L.
20

Avec cet Alien, la créature des abysses, l’on aurait pu s’attendre à un nanar désopilant, puisant dans la même veine bis qu’un MAL, mutant aquatique en liberté ou Apocalypse dans l’océan rouge. Malheureusement, on en est bien loin. Plombé par une premiere heure totalement soporifique, le film d’Antonio Margheriti ne parvient à nous arracher un sourire qu’à de rares occasions. Un plan stupide par ci, une réplique débile par là, pour un final en forme de spectacle de marionnettes, c’est bien peu pour faire de cette série B un spectacle digne d’intérêt.

Que faut-il en retenir ?

  • Parfois involontairement drôle
  • De jolis paysages

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario inepte
  • Réalisation et interprétation approximatives
  • Effets spéciaux moisis
  • Une première heure assommante.

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