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Critique du film : Scream 4 [2011], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 4 octobre 2011 à 19h41

Le retour raté de Ghostface

Dix années après qu’elles aient échappé aux lames des tueurs de Woodsboro, on retrouve dans Scream 4 une Gale Weathers botoxée jusqu’à la limite de l’explosion et une Sidney Prescott qui a pris quelques rondeurs sur les hanches (hé oui, même le gratin d’Hollywood doit subir les affres du temps qui passe !). Pour ce qui est de leurs situations réciproques, la première, mariée au flic le plus beauf des USA, se morfond en pensant à sa gloire passée, alors que la deuxième, qui vient de sortir un bouquin exploitant son expérience de chat noir, retourne à Woodsboro pour une série de dédicaces. Des retrouvailles un peu inattendues, aptes à ravir le public, les officiels de la ville et les médias,  et que Ghostface, toujours autant attachés à ses dames, même un peu décrépies, n’aurait raté pour rien au monde...

Scream 4 est en premier lieu un film nostalgique. Kevin Williamson et Wes Craven y ramènent à l’écran des personnages et des comédiens qui ont fait la gloire de l’un et la renaissance de l’autre. On retrouve donc comme principaux acteurs de ce nouvel opus Courteney Cox-Arquette, David Arquette et Neve Campbell, qui interprètent des protagonistes vieillissants (has been ?) en cultivant un certain cynisme. Cet aspect, totalement calculé, va sûrement amuser toute une génération de cinéphiles avertis, qui ne vont pas manquer d’établir un parallèle avec les carrières de certains de ces comédiens. Parmi les moments les plus réjouissants, on peut citer la rencontre entre Gale Weathers et une journaliste, qui, à demi-mot, la traite de vieille peau démodée.

Mais Scream 4 ne pouvait raisonnablement travailler que ce concept sous peine de mettre en péril son efficacité commerciale. Bien conscient de ce fait, Craven et Williamson ont donc décidé de relancer la franchise en réutilisant le canevas du premier volet mais en actualisant le style de traitement, en introduisant des comédiens à la mode (Aimee Teegarden est assez craquante en projection contemporaine de Drew Barrymore) et en surfant sur les tendances actuelles. Certaines de ces idées sont bonnes (comme la mise en abyme de la séquence d’ouverture), d’autres nettement moins, souvent parce que putassières (le voyeurisme via l’Internet), mais toutes affichent le même point commun: un manque total d’imagination dans leur mise en place. A aucun moment, Wes Craven, en perte total de génie, usant d’une réalisation solide mais mécanique, ne parvient à nous convaincre de la sincérité de sa démarche. Au final, du point de vue purement factuel, le film n’arrive pas à apparaître comme autre chose qu’une vulgaire opération commerciale.

Heureusement, quelques comédiens ont appréhendé leur travail avec un autre état d’esprit. A commencer par David Arquette, qui est toujours aussi génial dans la peau de Dewey, ce petit shérif de comté qui est resté un crétin au grand coeur. A coté de lui, Mary Shelton, dans le rôle de son adjointe, fait également des miracles dans le registre de la fraicheur (j’ai franchement adoré). Le duo fonctionne du tonnerre et arrive même à rendre efficace l’humour lourdingue de Kevin Williamson.  On peut également constater que les babes qui composent une partie du casting s’amusent également beaucoup (ces jeunes femmes ont été élevées dans l’ombre de la trilogie originelle et cela se sent). Ainsi, Aimee Teegarden, Anna Paquin, Hayden Panettiere, Kristen Bell, Heather Graham et leurs copines, plongées dans ces versions sanglantes de séquences empruntés à Scoubidou, s’en donnent à coeur joie et trépassent avec un grand enthousiasme au cours d’une intrigue cultivant le thème du «tout le monde est suspect». Enfin, Scream 4, respectant à la lettre la tradition du slasher moderne, nous offre une révélation sous forme de twist, délivré à l’occasion d’une séquence faisant office de climax. Comme l’on a compris depuis longtemps que ni Williamson, ni Craven, n’arrivent à la cheville d’Alfred Hitchcock, l’on n’est pas surpris de constater que ce système construit à base de red harrings et de « surprises » ne fonctionne pas des masses.

Comme il est déjà cité plus haut, Scream 4 surfe sur la mode de l’internet (avec ses bloggers) et de la téléphonie mobile. Jusqu’à l’excès. Tant et si bien que l’élément perd toute efficacité dés le milieu du métrage (le jeune étudiant et sa webcam finissent même par carrément agacer). On constate aussi un renforcement dans la démonstration graphique. En effet, ne voulant probablement pas être en reste avec des franchises plus récentes, Wes Craven a conçu un spectacle qui gagne en gore ce qu’il - hélas - perd en originalité dans la mise en scène des séquences de meurtre. Le problème est que Scream 4, visuellement parlant, n’arrive jamais au niveau de films comme les Sawet les Destination Finale, pour ne citer que les plus célèbres. Il en résulte un spectacle aussi peu efficace dans ses effets sanglants, ni  horrifiques, ni fun, que dans son ambiance, qui ne génère guère de suspense. Reste une interrogation – l’identité du tueur – qui peut éventuellement éveiller un quelconque intérêt de la part des spectateurs les moins exigeants.

La conclusion de à propos du Film : Scream 4 [2011]

Nicolas L.
40

Scream 4 est un film qui repose à la fois sur le potentiel nostalgique de cet vieille franchise et sur les bienfaits d’un relecture plus moderne, riche en personnalités bien connues des teenagers. Cependant, à trop ménager la chèvre et le choux, Wes Craven et Kevin Williamson en oublient l’essentiel : donner une âme à leur entreprise. Il en ressort une œuvre dégageant de désagréables relents d’opportunisme et de mercantilisme, heureusement un peu atténués par un casting doté d’un enthousiasme souvent communicatif. Regardable, certes, mais loin d’être mémorable.

Que faut-il en retenir ?

  • Techniquement solide
  • Un casting sympathique
  • L’aspect nostalgique
  • David Arquette

Que faut-il oublier ?

  • Une réalisation sans génie
  • Un scénario convenu
  • Manque de suspense

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