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Critique du roman : Elantris #1 [2009], par Nicolas W.

Avis critique rédigé par Nicolas W. le lundi 8 novembre 2010 à 19h50

Voilà dix ans que l'éternité a pris fin...

"Ses yeux bleus restaient les mêmes, quoique écarquillés de terreur, mais sa chevelure châtain avait viré au gris sale - et le pire c'était sa peau. Le visage du reflet arborait des taches d'un noir maladif, telles des meurtrissures. Nul ne pouvait se méprendre sur la signification de ces tavelures. Le Shaod s'était emparé de lui."

C'est un beau matin que le prince Raoden, héritier de l'Arélon, se réveille maudit. Le Shaod, qui faisait jadis des Elantriens des quasi-dieux, l'a réduit à l'état de déchu. Immédiatement confiné dans Elantris, la cité maudite, il se retrouve livré à l'anarchie qui règne au sein des ruines composant désormais la ville. Pendant ce temps, Sarène, la promise de Raoden, débarque à Kaë. Dans la capitale, elle devra supporter à la fois son statut de veuve et celui, plus ingrat, de "fille" du roi Iadon, père de son défunt époux. Mais bien vite, ces contrariétés passent au second plan par l'irruption d'un nouvel acteur dans l'échiquier politique de l'Arélon : Hrathen, un des puissant gyorns - une sorte de grand prête - et fidèle du Wyrm, empereur du Fjordell. Celui-ci a décidé de faire plier l'Arélon, et si Hrathen ne peut y arriver seul, des moyens plus brutaux deviendront nécessaires. Sous l'ombre d'Elantris, le sort du monde va se jouer.

Premier roman  de l'américain Brandon Sanderson, Elantris est également une des premières publications du label Orbit en France. Peu connu par chez nous, le jeune écrivain a récemment été désigné pour conclure l'énorme sage du défunt Robert Jordan, La Roue du Temps. Outre cet honneur, il traîne une excellente réputation dans le milieu de la fantasy, que n'a fait qu'accroître son dernier cycle, Fils-des-brumes (également publiée par Orbit). Si l'on regrette d'emblée la séparation en deux tomes d'Elantris (depuis l'éditeur a, semble-t-il, revu sa politique éditoriale), avouons que ce premier volume dispose de sérieux atouts.

Le lecteur suit trois fils narratifs dans Elantris. Le premier se concentre sur la cité déchue elle-même et le personnage de Raoden. Confronté à l'hostilité des autres occupants des lieux, il rassemble rapidement une forte troupe autour de lui. C'est l'occasion pour Sanderson de brosser le portrait d'une civilisation en ruines. Peu courant dans les romans fantasy, nous arrivons après la gloire de l'Arélon, après la "bataille" pour ainsi dire. On découvre que cette ville était la demeure d'êtres quasi-divins, rendus ainsi par une mystérieuse bénédiction, le Shaod. Mais celui-ci a fait long feu puisque depuis dix ans, la bénédiction est devenue malédiction et ceux affligés par le Shaod deviennent des sortes de morts-vivants à la peau ridée et blanchâtre parsemée de tâches noires. Constituant certainement la meilleure idée de l'auteur, il revisite le concept du zombie pour l'adapter à son monde fantasy. Les Elantriens ne peuvent plus mourir que par décapitation ou immolation. En contrepartie, non seulement leur physique se dégrade mais chaque coup et blessure persiste dans le temps, la souffrance rendant petit à petit fous les individus pris au piège dans la cité. Sanderson en profite pour introduire un système de magie originale : les aons. Ces symboles utilisant une puissance immatérielle permettaientt de subvenir à tous les besoin des Elantriens. Ils sont également à l'origine des séons, de petites machines volantes lumineuses habitées par un esprit tout ce qu'il y a de plus intelligent. On peut facilement les assimiler à des familiers mais en beaucoup plus humain. La décrépitude d'Elantris et son passé fascinent mais, à l'instar des deux autres arcs narratifs, les personnages et les situations s'avèrent moins réussis. On pressent bien vite les rebondissements et les changements profonds qu'entraîne l'arrivée de Raoden. Cela reste dommage quand bien même la narration et les péripéties s'affirment des plus maîtrisées.

Concernant les personnages, autant dans la partie qui concerne Raoden que celles avec Sarène et Hrathen, ils s'avèrent beaucoup trop caricaturaux. Le prince héritier est aussi altruiste que progressiste, la princesse bien plus futée qu'elle n'en a l'air, le roi un idiot des plus cupides, les nobles se divisent en bons et méchants, tout en n'oubliant pas le fanatique belliciste ... L'énorme problème de Brandon Sanderson réside dans cet aspect : il donne dans le manichéisme. Seul Hrathen échappe à cette inclinaison, ce qui en fait (et de loin) le personnage le plus intéressant à suivre. Ne soyons pourtant pas totalement négatifs puisque les protagonistes restent attachants pour la plupart, notamment l'oncle Kiin, Sarène ou encore Shuden. L'américain possède un réel talent pour camper ses personnages, il lui manque juste la subtilité pour ne pas tomber dans le stéréotype comme il a trop tendance à le faire. Dans le second arc, nous suivons la princesse Sarène qui découvre la vie politique dans l'Arélon et nous offre de belles pages de conspirations et de jeu de dupes. Elle permet également à Sanderson de glisser un message un tantinet féministe en comparant le rôle des femmes dans le royaume d'Iadon et dans celui du Téod, pays d'origine de Sarène. On apprécie également la réflexion autour du travail et de l'esclavage, si le propos reste simple, il a l'avantage de rappeler des points essentiels par rapport au mérite et à l'attribution du pouvoir. Il s'avère que Brandon Sanderson glisse en définitive bien des choses intéressantes dans son récit.

Dernier fil rouge du roman, la mission de Hrathen. Avec le gyorn, Sanderson explore le Fjordell, le principal danger pour la liberté de culte en Arélon. Dans cette partie, l'américain rejoint un tantinet Richard Scott Bakker en laissant une large place à la religion. Même s'il n'a pas la complexité ni l'aboutissement d'Autrefois les Ténèbres (critiqué ici), Elantris s'attarde sur diverses religions dont le Shu-Déreth. Celle-ci est la religion d'état du Fjordell qui consacre Jaddeth comme l'unique Dieu à vénérer. Tout le système théologique que sert Hrathen se base sur l'obéissance aveugle à son supérieur par opposition au plus permissif courant que représente le Shu-Korath. Pourtant, le gyorn apparait bien moins préoccupé par la foi elle-même que par son but affiché : faire plier l'Arélon. C'est ce paradoxe qui permet au personnage de rester si ambigu et donc si intéressant. Il est extrêmement dommage que le reste des dévots ne soient pas aussi finement décrit, notamment Dilaf. On espère énormément que cette voie sera plus amplement exploitée dans le second tome.

"Si tous les hommes ne recherchaient pas une épouse idiote, rares sont ceux qui se sentaient à l'aise en présence d'une femme qu'ils savaient leur supérieure sur le plan intellectuel. Le temps que Sarène s'en rende compte, les quelques-uns qui auraient pu la tolérer étaient déjà mariés. Au désespoir, elle avait cherché à découvrir quelle opinion d'elle prévalait chez les courtisans de sexe masculin, et apprendre combien ils la tenaient en ridicule l'avait mortifiée."

Remerciements à Amandine V. pour la relecture.

La conclusion de à propos du Roman : Elantris #1 [2009]

Nicolas W.
80

Malgré quelques défauts, ce premier tome d'Elantris nous fait passer un bon moment. Brandon Sanderson introduit un système de magie original et des acteurs attachants pour une aventure entraînante. Nul doute que si le second volume tient toutes les promesses de cette première partie, Elantris ne peut que figurer dans les bons romans de fantasy à découvrir.

Que faut-il en retenir ?

  • La cité d'Elantris
  • Le Shaod
  • Quelques idées intéressantes
  • Un style fluide
  • Une histoire prenante
  • Hrathen
  • Des personnages attachants...

Que faut-il oublier ?

  • ... mais manichéens
  • Souvent prévisible

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