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Critique du roman : Les Scarifiés [2005], par Manu B.

Avis critique rédigé par Manu B. le mardi 23 novembre 2010 à 13h23

En pleine mer

"A un kilomètre en dessous du plus bas des nuages, le roc fend les flots. Et l'océan commence.
On lui a attribué quantité de noms. Sa moindre baie, sa moindre crique, comme autant d'unités discrètes. Pourtant il est chose indivisible, où les frontières sont absurdes. Il emplit l'espace entre les pierres et sable, s'enroulant le long des côtes..."


Bellis est traductrice de langues rares et c'est sans trop de difficultés qu'elle se familiarise avec le cray pour servir d'intermédiaire entre le capitaine et les Crays de Salkrikaltor, pour le commerce. C'est la raison officielle. Officieusement, elle a besoin d'embarquer pour fuir Nouvelle Crobuzon car, après les évènements qui ont entraîné les troubles liés à la décérébration d'un certain nombres d'habitants, l'étau s'est resserré autour de Bellis. Il faut fuir par la mer pour attendre un peu le temps que les tensions s'apaisent. Or, durant le trajet conduisant à Nova Esperium, son vaisseau est arraisonné, les capitaines tués. Tous les passagers sont faits prisonniers et emmenés sur Armada. C'est une ville flottante, assemblée de bric et de broc, essentiellement constituée des vaisseaux piratés. Là, les anciens passagers n'ont que le choix de recommencer une nouvelle vie où tous sont égaux, en apparence. Ils n'ont en revanche plus le droit de quitter Armada. Bellis doit faire contre mauvaise fortune bon coeur et se résigner à rester là, guettant l'opportunité d'une échappatoire. A moins qu'elle ne provoque la chance elle-même grâce à ses talents linguistiques: les dirigeants de l'un des quartiers de la ville, les Amants, sont à la recherche de livres rares et Bellis pourrait bien avoir mis la main sur l'un d'eux...

Après le succès planétaire de Perdido Street Station, récompensé par le Prix Arthur C. Clarke et le British Fantasy Award, China Miéville écrit un deuxième roman dans le même univers. Il se déroule après les évènements qui se sont produits du côté de la gare de Perdido. Publié initialement dans la collection Rendez-Vous Ailleurs Fleuve Noir, il est réédité aux éditions Pocket.
Les Scarifiés est une oeuvre aussi ambitieuse et maîtrisée que Perdido Street Station; seul le milieu change.

C'est avec un personnage en relation directe avec les héros de Perdido Street Station que l'auteur anglais commence son roman. Le précédent volet nous avait permis de parcourir les rues de Nouvelle-Crobuzon, s'enfoncer dans ses bas-fonds, côtoyer à la fois les grosses légumes de la ville et les habitants des plus pauvres quartiers. On le verra aussi dans Le Concile de fer, China Miéville nous fait parcourir les environs de Nouvelle-Crobuzon, aux limites de la zone où la physique n'a plus les mêmes lois, près de la tâche cacotopique.
Dans les scarifiés, c'est une autre géographie qui est explorée: celle de la mer. Or, ce milieu parfois insondable et dangereux est parfois lisse, calme et monotone. C'est au milieu de cette étendue déserte que tente de survivre une communauté - dans une ville flottante aux proportions assez impressionnantes.
Bellis a été forcée de s'y intégrer et l'on constate qu'à son sentiment d'emprisonnement succède un autre, partagé entre espoir et fascination. Son érudition lui fera accéder au cercle de pouvoir qui dirige Armada. Elle comprendra quels seront les motivations réelles de ceux qui les gouvernent.

Plus peut-être que dans le précédent roman, China Miéville articule son histoire autour des personnages à l'humanité exacerbée. Leurs qualités comme leurs défauts, leurs traits de caractères sont parfois grossis, ce qui leur donne une aura et une personnalité marquantes. Ce sont des personnages forts. En particulier Uther Dol, ce soi-disant mercenaire arbore un visage dépourvu d'émotion, sauf en plein combat où il revêt le masque de la bestialité. Son alter ego, côté prisonnier, est lui aussi un expert, mais spécialisé dans la combine et la manipulation. D'une certaine manière, ces deux personnages vont décider seuls du destin d'Armada. L'ombre et la lumière. Deux très beaux personnages.
On l'aura compris, les scarifiés est aussi l'occasion pour l'auteur Londonien d'écrire sur la ville (voir son recueil de nouvelles Looking for Jake). Armada succède à Nouvelle-Crobuzon mais le principe est le même, bien que tous soient égaux - Armada n'a d'utopique que l'adjectif. L'idée ici n'est pas de parler d'utopie mais de pouvoir. Celui de connaître les gens bien placés mais aussi celui de détenir les bons renseignements. Dans un monde où tout le monde est égal, il n'y a que la connaissance pour vous donner le pouvoir.

Au final, on vient à bout rapidement de ce pavé. Avec Les Scarifiés, China Miéville passe un cap, il rejoint le cercle fermé des grands conteurs.

La conclusion de à propos du Roman : Les Scarifiés [2005]

Manu B.
85

Oeuvre magistrale à nouveau dans l'univers de Nouvelle-Crobuzon, Les Scarifiés est une histoire d'utopie, une entreprise dirigée par des fous et des idéalistes. Une autre parabole de notre monde, source intarissable pour des auteurs de cette envergure. China Miéville s'impose comme l'un des auteurs majeurs de ce troisième millénaire.

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