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Critique du film : Dark World - Franklyn [2010], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 22 juin 2010 à 11h45

Dark City ?... ah non, Dark World...

Immédiatement, dès les premières images, Dark World ramène à d'autres long-métrages cultes : Dark City, V pour vendetta, Watchmen ou les délires visuels de Terry Gilliam façon l'Armée des 12 singes. Les sources d'inspirations visuelles fusent, et, de prime abord, le long-métrage sait se faire intrigant. Armé d'un budget que l'on devine assez faible, Gerald McMorrow instaure dans son film nombre des éléments inspirés d'oeuvres populaires bien connues des amateurs de sf, mais en prenant le parti de les mélanger avec des ingrédients issus de fables sociales bien ancrées dans notre réalité. En faisant se cotoyer deux univers parallèles visuellement bien distincts, Dark World sait donc, en quelques minutes, susciter l'intérêt du spectateur en le faisant plonger dans une histoire mystérieuse. Pourtant, une heure et demi plus tard, ce même spectateur se trouve bien involontairement plongé dans une espèce de léthargie, suivant sans grande passion un dénouement dont il se fiche royalement.

Dark World n'avait de toute façon pas la carrure d'une oeuvre cinématographique ; en effet, si le film jouit d'une direction artistique impeccable, il apparaît très rapidement que son metteur en scène s'y est avéré incapable de se détacher de ses nombreuses influences cinématographiques. Visuellement plus proche du plagiat que de l'oeuvre référencielle, Dark World ne fait preuve d'absolument aucune originalité, amenant le spectateur à suivre les (més)aventures d'une sorte de Rorschach du pauvre, vivant et explorant une ville graphiquement très proche de celle de Dark City, pour dénouer les fils d'une intrigue politico-religieuse rappelant fortement l'oeuvre de Moore et Llyod. Mais sans être un chef d'oeuvre cinématographique, le film aurait malgré tout pu s'apparenter à un DTV de qualité, l'incapacité à se détacher d'oeuvres référencielles démontrant paradoxalement un véritable amour du genre de la part d'un cinéphile capable de dupliquer très convenablement les techniques formelles d'autrui.

Sur cette palette visuelle à double tranchant se greffe une histoire jouant très clairement la carte de la déconstruction - physique et temporelle - et du mystère. Loin d'avoir une trame scénaristique claire et limpide, Dark World - titre d'exploitation français remplaçant le bien plus énigmatique Franklyn - cherche ce faisant à accaparer l'attention du spectateur via la recherche d'une certaine complexité. Ainsi, en parallèle des aventures de notre héros masqué dans la ville fictive de Meanwhile City, le film fait se cotoyer trois autres histoires intégrées dans un autre monde bien distinct : le notre. Avec ses allers-retours entre les deux univers, et ses quatre histoire mettant en scènes des personnages sans aucun rapport les uns avec les autres, le film intrigue, et accroche assez effacement le spectateur. Néanmoins, comme très souvent lorsque ce genre de procédé est appliqué, l'absence de ligne directrice claire et l'opacité de la construction scénaristique ne font finalement que masquer une certaine vacuité.

Et de vide, il en est sévèrement question dans le scénario de Dark World, à tel point qu'une fois l'épilogue révélé au spectateur, celui ci est tenté de se dire "tout ça pour ça !" ; l'histoire s'avère ainsi être d'une simplicité déconcertante, éventée en quelques minutes de film par quiconque réfléchissant un minimum sur ce qui est montré à l'écran. Cela est d'autant plus dommage qu'en complexifiant son film, Gerald McMorrow en a détruit tout le potentiel dramatique, rendant quasiment impossible toute tentative de s'intéresser et d'éprouver une quelconque empathie face à ces personnages à peine esquissés. Très rapidement, Dark World perd donc tout son intérêt et ne provoque plus que l'ennui en lieu et place d'une quelconque excitation intellectuelle ou émotionnelle. Manquant cruellement de rythme dans ses passages hors Meanwhile City - qui, assez visiblement, n'intéressent pas le réalisateur - le film ne s'appuie sur plus rien de solide passée sa première demi-heure.

Cela est d'autant plus dommageable que la direction d'acteur laisse également sérieusement à désirer. Si l'on excepte la très bonne performance du vétéran Bernard Hill, les autres comédiens peine à faire exister leurs personnages. Eva Green est (une nouvelle fois) bien fade, et Ryan Phillippe n'arrive jamais à réellement exister, totalement prisonnier de son masque (on est très loin de la performance qu'avait offert Jackie Earle Haley dans un rôle similaire) ; même si ceux-ci ne pouvaient véritablement construire un jeu correct sur des personnages presque transparents, leur absence de charisme - et l'impression constante qu'il donnent de se faire vraiment chier - ne palient jamais au traitement expéditif qui leur est offert par un réalisateur ne s'intéressant visiblement pas à ce qu'il racontre. De fait, le film ne dégage jamais la puissance dramatique nécessaire pour transcender le scénario.

A la fois scénariste et réalisateur de son film, Gerald McMorrow porte donc sur ses épaules tout le poid de cet échec, mais également toute cette réussite formelle qui fait qu'au final, Dark World n'est pas si mauvais que ça. Ainsi, si les passages situés dans notre monde - plus de la moitié du film quand même - manquent cruellement d'envergure, tout ce qui tourne autour de Meanwhile city a malgré tout de la gueule. Avec son budget que l'on devine aisément être très réduit, le réalisateur a réussi à construire un univers sf visuellement consistant, jamais cheap, où les références foisonnent - au plus grand bonheur du cinéphile - et où les images sont agréables à regarder. Cette construction formelle impeccable, qui s'appuie sur un aspect technique irréprochable, offre à Gerald McMorrow une belle carte de visite, et le place malgré tout comme un réalisateur potentiellement prometteur.

La conclusion de à propos du Film : Dark World - Franklyn [2010]

Vincent L.
35

En dépit d'une direction artistique impeccable et d'un aspect technique réussi, Dark World peine à susciter l'intérêt tant son scénario terriblement mystérieux est éventé en quelques minutes de film. Ne reste donc à se mettre sous la dent qu'un long-métrage poussif mettant en avant des personnages mal dessinés et généralement assez mal interprétés. Globalement pas terriblement passionnant, Dark World suscite donc l'ennui plus qu'autre chose, mais permet d'offrir à Gerald McMorrow une belle première carte de visite grâce à ses qualités formelles, en attendant de voir ce qu'il donne au commande d'une oeuvre scénaristiquement plus construite.

Que faut-il en retenir ?

  • Excellente direction artistique,
  • Techniquement réussi,
  • De nombreuses références qui feront plaisir aux cinéphiles.

Que faut-il oublier ?

  • Manque cruellement de rythme,
  • Scénario simpliste et prévisible,
  • Histoire inutilement complexe,
  • S'appuie sur des personnages fades,
  • Casting peu inspiré,
  • Peine à susciter l'intérêt.

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