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Critique du roman : Faërie [2003], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le lundi 10 mai 2010 à 13h28

Un autre Tolkien

Sorte de recueil de nouvelles, Faërie est un ensemble de textes surprenants de J.R.R. Tolkien qui révèle une facette originale de cet auteur si populaire.

En effet, aucun des textes présents de ce petit livre (215 pages) ne parlent de la Terre du Milieu et autres lieux liés au monde de le Seigneur des Anneaux. Le recueil comprend quatre textes dont trois sont un genre de contes merveilleux; le dernier est un traité universitaire sur les Contes de Fées.

Le premier, Le Fermier Gilles de Ham, est restituée par ailleurs avec les dessins d’origine de Pauline Baynes chez Folio Junior. Son principe reprend un peu celui du Vaillant Petit Tailleur des frères Jacob et Wilhelm Grimm à savoir l’aventure d’un héros malgré lui. Héros ordinaire que ce paisible fermier qui, par un heureux hasard, réussit à faire fuir un géant, acte valeureux qui lui apporte la gloire. Tout va bien jusqu’à que la population le charge d’aller éliminer un vorace dragon qui terrorise la région. Ce conte de 70 pages se lit d’une traite grâce à un style léger renforcé par les qualités narratives de l’auteur qui s’autorise ici un humour rappelant celui de Bilbo Le Hobbit. Tous les personnages sont attachants, à commencer par Gilles de Ham, héros à la Tolkien par excellence: un homme simple aspirant à une vie normale mais submergé par des évènements incontrôlables. Les personnages secondaires se révèlent plus comiques sous la plume habile Tolkienne, entre le chien aussi couard que bavard, le forgeron jouant les oiseaux de mauvais augure et le vénal dragon… Un petite pépite de l’auteur assez mal connue assurément.

Le second texte, Smith de Grand Wootton, écrit en 1967 raconte l’aventure dudit Smith forgeron. Il posséde le pouvoir de l’étoile des fées lui permettant de se balader sans difficulté dans leur royaume. On suit aussi les aventures d'Alf, apprenti grand cuisinier devant veiller sur Smith et son étrange bénédiction. Ce conte hésite entre le féerique, avec les pérégrinations de Smith, et le comique avec par exemple le détestable grand cuisinier Nokes. Si les deux fonctionnent assez bien, on peut reprocher à ce court texte d'une trentaine de pages un manque de finition et des motivations trop obscures des personnages. Néanmoins, on peut y voir un autre thème cher à Tolkien: la possession d’un étrange objet magique qui asservit la personne qui le porte et qui devra, un jour, s’en défaire…

Le troisième texte, Feuille, de Niggle, datant de 1937, est le plus surprenant de tous. Surprenant d’abord par son écriture plutôt contemporaine mais aussi car ce texte de 60 pages effleure les thèmes de la science-fiction. Il raconte la vie du pauvre Niggle, peintre amateur tellement serviable qu’il consacre plus de temps à aider son prochain plutôt que de finir son chef d’œuvre. L’histoire prend aussi place dans une curieuse société où des inspecteurs sont chargés de vérifier si les habitants s’occupent bien de leurs maisons et de leurs jardins. Il doivent aussi effectuer un grand voyage. On peut penser à des métaphores sur la mort, le purgatoire et le paradis dans la dernière partie du livre. Il se conclut dans un tourbillon féerique et poétique accentué par une innocente camaraderie - l'autre leitmotiv du conteur universitaire. On s’attache tout de suite au brave Niggle et à son encombrant voisin dans cette nouvelle si différente de tout ce que l'on connaissait de l’auteur, quand bien même elle a été écrite au début de sa fantastique carrière… fantastique.

Le dernier texte date de 1939 est un traité sur les contes de fées où Tolkien s’interroge sur la définition, les origines, le public visé et ce qu’est censé procurer ce genre. Exposé sérieux tranchant un peu avec les histoires précédentes, l’ensemble se revèle assez instructif, notamment le passage visant à savoir pourquoi ces contes sont forcément destinés aux enfants… L’ensemble devient finalement une sorte de plaidoirie pour la démocratisation des contes de fées et des récits de fantaisie. Néanmoins il faut quand même s’accrocher pour suivre la présentation pointue du professeur Tolkien.

La conclusion de à propos du Roman : Faërie [2003]

Bastien L.
72

Ce recueil est une vrai perle pour les fans de Tolkien curieux de le voir prendre du recul par rapport à son chef d'oeuvre. Les amateurs de contes seront aussi comblés par trois histoires de bonne qualité et une étude intéressante de ces textes féeriques.

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