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Critique du film (direct to vidéo) : Slashers [2002], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 13 juillet 2008 à 19h13

En direct de Sushi TV

Un jeu de téléréalité japonais fait fureur, il s’appelle Slashers. Le principe du jeu est très simple : mettre une poignée de candidats dans une situation extrême, désarmés, isolés dans un lieu clôt face à trois tueurs masqués. Si le ou les candidats parviennent à échapper à leurs poursuivants, à eux le pactole, pour les autres… c’est une mort atroce qui les attend !


Le thème de jeu télévisé mettant en scène des candidats poursuivis par des tueurs n’est pas nouveau, il suffit de se remémorer le fameux Prix du danger ou son remake officieux Running Man (tiré d’un roman de Stephen King) pour s’en rendre compte. En extrapolant un peu, on peut même dire que ce thème descend directement des jeux d’arène, spectacles sanglants et défouloir misérabiliste durant lesquels le peuple oubliait ses soucis en voyant la projection charnelle de leur problème se faire massacrer dans la plus totale hystérie.
Donc, si l’on ne considère uniquement que cet aspect « voyeurisme macabre », Slashers apparaît comme peu original mais, heureusement, le film du peu prolixe réalisateur canadien Maurice Devereaux nous propose aussi autre chose : un regard cynique et jusqu’au-boutiste sur la trash-TV (la télé-poubelle comme on dit dans la Beauce et le Poitou). Comme l’a un peu fait Kinji Fukasaku dans sa critique de la scolarité nippone (Battle Royal), Devereaux s’attaque de manière excessive (ce qui désamorce un peu la dureté du débat) à la téléréalité (et aux shows TV en général), qu’il considère comme le comble de la décadence intellectuelle et éthique de notre société.

Mais avant toute chose, Slashers reste un film indépendant, potache et fun. Le sérieux du fond s’efface souvent devant le Grand-Guignol du traitement, ce qui me laisse à penser que Maurice Devereaux prend position mais sait très bien que la résistance est vaine et que, tant qu’à faire, autant s’amuser de la situation. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il réussit en grande partie à satisfaire l’amateur de bis. Il nous offre ainsi trois « slashers » très réussis (ma préférence va au redneck Chainsaw Charlie), complètement crétins et archi-méchants, qui s’acharnent sur six personnes suffisamment débiles pour se porter volontaires.
D’ailleurs, les idées sympas ne manquent pas. Ainsi, les apartés entre les candidats et le cadreur qui ne veut pas s’impliquer sont assez croustillants, et la pétasse qui fait office de présentatrice est tellement agaçante (surtout hors caméra) que cela en devient réjouissant. Puis, n’oublions pas de citer l’idée géniale de ce film : une sorte de torque électrique passé autour du cou des candidats et des slashers. Ces torques sont activés quand l’un des participants ne respecte pas les rares règles du jeu mais surtout, ils servent à synchroniser l’émission par rapport au direct. En effet, quand vient une coupure pub, les participants ne doivent plus bouger, et ils doivent rester dans la même position tant que la régie n’a pas donné le feu vert pour la reprise. Tous ceux qui n’obéissent pas à cette consigne subissent des décharges électriques très douloureuses. Franchement, l’idée est géniale et donne l’occasion à Maurice Devereaux de mettre en scène des séquences très drôles du style « arrêt sur image » avec des candidats qui se traitent de tous les noms.

Autre aspect qui va plaire au bissophile : le film est aussi très gore. Le sang gicle à flot et même si les effets ne sont pas très convaincants, l’aspect Grand Guignol fait passer la pilule. Certaines séquences sont même bien crades, comme quand l’une des candidates se fait tronçonner en deux au niveau de la taille par Chainsaw Charlie). Gros plans craspecs et sourires carnassiers sont donc de la partie, comme toute série B horrifique qui se respecte.
Mais bon, tout n’est pas réussi, loin de là. Tout d’abord, le film manque cruellement de rythme et, par moment, il est même assez chiant. Si le réalisateur voulait ainsi opérer une fidèle retranscription de l’insipidité des émissions de téléréalité style Loft ou autres Secret Story, je dois dire que c’est parfaitement réussi, tant l’étalage des états d’âme des candidats sont inintéressants. D’ailleurs, pour en rester avec le cas des candidats, on peut aussi regretter que leurs interprètes soient de si mauvais comédiens. Chez eux, tout n’est que fausses notes et surjeu, une véritable catastrophe. Souvent son humeur, soit on rit d’une telle nullité, soit l’on s’insurge (soit, comme mon épouse, on s’endort). Des aspects qui rabaissent un peu le niveau de ce très sympathique film… et c’est bien dommage.

La conclusion de à propos du Film (Direct to Vidéo) : Slashers [2002]

Nicolas L.
60

Slashers est une série B fun et déjantée construite sur un sujet très grave, qui pourrit la société du début du 21ème siècle. Lobotomisation de masse, exutoire psychologique d’une humanité frustrée, tels sont les étiquettes que pose Maurice Devereaux sur la télé-réalité par le biais de ce petit film bourré d’humour noir et d’effets Grand Guignol. Très intéressant, dommage que de nombreux aspects, comme la qualité de l’interprétation, ne sont pas au niveau des idées développées.

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario bourré d'idées
  • Esprit critique aiguisé
  • Du gore
  • Des tueurs très fun

Que faut-il oublier ?

  • L'interprétation en général
  • Des longueurs

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